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NAMUR

Procès Van Dam: l’accusé parle enfin… mais seulement de lui

Procès Van Dam: l’accusé parle enfin… mais seulement de lui

Xavier Van Dam a répondu aux questions sur son parcours de vie, ce matin, à la cour d’assises de Namur. ÉdA – Florent Marot

Précis, calme et plutôt éloquent, Xavier Van Dam vient de répondre durant près d’une heure aux questions d’Olivier Warnon, président de la cour d’assises.

Ce premier moment important d’un procès très suivi (de nombreuses personnes n’ont pu entrer dans une salle d’audience à la capacité réduite de moitié par les normes sanitaires) se déroulera en deux temps.

«Nous allons d’abord aborder les éléments qui concernent votre vie avant d’évoquer les faits», précise ainsi le président, dont la bonhomie initiale a aussi servi à réduire la tension ambiante. Durant l’interrogatoire, Van Dam a montré deux visages. Quand on retrace le parcours de sa vie, il n’élude aucune question. Il parle de son père naturel avec qui il avait repris contact mais qui n’a jamais voulu le reconnaître.

«Oui, ça peut laisser de l’amertume mais avec le temps…» L’accusé revient ainsi sur son enfance qu’il décrira comme tout sauf… malheureuse.

«Ma maman et mes grands-parents ont fait tout ce qu’il fallait pour me protéger», souffle-t-il. Et quand il évoque le souvenir de son grand-père, ce sont même des larmes qui se mettent à couler. Une scolarité chaotique, la drogue qui arrive très tôt dans le parcours – «J’avais 13, 14 ans quand j’ai commencé à fumer du cannabis» – une formation à l’ITCA puis à l’Îlon Saint-Jacques mais jamais rien d’abouti.

«Vous n’avez jamais vraiment été au bout des choses», souligne le juge Olivier Warnon. Van Dam fait comprendre que c’est l’armée qui le branchait plus que tout. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Et là, l’accusé commence à montrer une autre facette de sa personnalité. Quand les choses tournent mal, c’est le plus souvent la faute d’autrui. S’il quitte son club de foot, à Belgrade, c’est à cause de son entraîneur qui ne croit plus en lui.

«Et je n’allais pas non plus cirer la banquette en P4», souffle-t-il.

L’émotion et les larmes embuent à nouveau son regard quand on revient sur la disparition d’Adrien Mourialmé.

«Je n’ai rien compris. Peu de temps avant son départ en Suisse, on faisait encore un barbecue ensemble. Et puis, plus de nouvelles pendant deux mois et on le retrouve pendu, près du lac d’Annecy.»

Van Dam fait comprendre que c’est à ce moment qu’il a vraiment basculé dans les drogues dures. C’était peu de temps avant le drame qui s’est noué le 1er novembre 2018. Mais en tout début d’interrogatoire, l’accusé ne tarde pas à annoncer la couleur.

«Sur les faits, je n’ai pas beaucoup d’explications à donner, je ne m’explique pas ce qui s’est passé», glisse celui qui est accusé de l’assassinat et du viol de la Boninnoise Wivinne Marion, cette maman de deux enfants, âgée de 42 ans au moment des faits. Même attitude quand le président de la cour aborde son principal antécédent judiciaire, une inquiétante affaire d’intrusion dans un domicile et des coups portés au visage… d’une maman horrifiéede trouver un inconnu dans la chambre de son petit garçon en fin de nuit.

«La Justice a pris sa décision, je la respecte», coupe court Xavier Van Dam. «Mais je voudrais savoir ce qu’il vous est passé par la tête», persiste Olivier Warnon, moins en rondeur. «La Justice a rendu sa décision», balaie le Namurois de 31 ans. Cette après-midi, l’interrogatoire reprendra à 14 heures, pour aborder plus directement les sinistres faits du 1er novembre 2018. Pas sûr que Van Dam sera aussi bavard qu’il ne l’a été quand il a parlé de sa propre existence.