ENSEIGNEMENT

Pas d’augmentation pour les enseignants, selon Jeholet: «déclaration de guerre» affirme la CGSP

Pas d’augmentation pour les enseignants, selon Jeholet: «déclaration de guerre» affirme la CGSP

Les enseignants devront-ils travailler plus pour gagner plus? Archive BELGA / NICOLAS MAETERLINCK

Le ministre-président Pierre-Yves Jeholet estime qu’une augmentation du salaire des profs ne peut être à l’ordre du jour. La CGSP fulmine.

«L’enseignement a été refinancé depuis 20 ans. Et à la louche, c’est-à-dire avec des moyens considérables, observe Pierre-Yves Jeholet. Je ne dis pas qu’il ne fallait pas le faire. Mais, ce qui est dommage, c’est que l’on constate qu’on a toujours un enseignement de moindre qualité.» Si la compétence doit demeurer «la priorité des priorités» et que «le Pacte d’excellence doit améliorer ça», un «vrai débat» s’avère donc nécessaire afin de dégager des pistes qui la rendraient moins coûteuse. De quoi réactiver la peu populaire idée d’une fusion des réseaux?

Ce qui est dommage, c’est que l’on constate qu’on a toujours un enseignement de moindre qualité.

«Je ne vais pas relancer la guerre scolaire entre le libre et l’officiel, tempère-t-il. Mais ne pourrait-on pas réfléchir à l’idée d’un seul réseau d’enseignement au niveau public» (au lieu des deux actuellement: l’enseignement organisé par la FWB et l’enseignement officiel subventionné)? «Les publics y sont différents: outre les enjeux d’économie, il y aurait là un enjeu de mixité sociale. Ce serait un grand pas en avant.»

Le supérieur aussi

Quant à l’enseignement supérieur, là aussi, l’homme lance un pavé dans la mare: «Est-ce qu’il n’y a pas trop de concurrence entre les universités, entre les écoles supérieures? Est-ce normal que chacun propose toutes les options?»

S’il rappelle enfin que cet enseignement supérieur sera refinancée «a minima de 50 millions sur cette législature», il ne pense toutefois pas qu’un accord financier sur la controversée réforme initiale des enseignants interviendra d’ici 2024: «Je ne m’engagerai pas de façon récurrente à des dépenses de 300, 400 millions, voire un milliard d’euro annuellement. Je pense qu’il faut en outre élargir le débat, sur les normes d’encadrement, sur le nombre d’heures de travail des enseignants. Je suis ouvert au débat: j’aimerais dire qu’on va rémunérer d’avantage les enseignants, mais il faut compenser ça d’une certaine façon. Sinon, on ne peut pas se le permettre à la FWB. Ce serait de l’irresponsabilité…»

Interrogé sur cette sortie du ministre-président, Joseph Thonon, de la CGSP-Enseignement, y a vu «une déclaration de guerre» de Pierre-Yves Jeholet.

«Je ne sais pas si c’est une prise de position personnelle ou la position officielle du gouvernement. Mais former en quatre ans sans revaloriser les salaires, je ne vois pas en quoi cela va apporter quelque chose à la pénurie des profs ou la revalorisation du métier», réagit-il.

Et le syndicaliste de rappeler que rallonger la formation et revaloriser les salaires, «c’était lié!».

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