TOURNAI

Images pornographiques: «Il a sali la réputation de sa défunte femme»

Images pornographiques: «Il a sali la réputation de sa défunte femme»

Le prévenu a fait preuve d’amour en accompagnant sa compagne jusqu’à son dernier souffle… mais il en a sali la réputation après son décès. Fotolia

Un homme est poursuivi pour avoir diffusé des photos à caractère pornographique… de sa défunte compagne!

Maurice (prénom d’emprunt) n’oubliera jamais Carine (prénom d’emprunt), celle qu’il a aimée et qui est décédée il y a déjà près de 20 ans. Le deuil, chacun le vit comme il le peut… mais lui, l’a exprimé d’une manière assez particulière et qui l’amène à comparaître devant un tribunal correctionnel. L’homme est poursuivi pour détention et diffusion d’images pornographiques… à savoir des montages photos de sa défunte compagne dans des situations et positions sexuelles! C’est le fils de la dame qui a porté plainte. «Par ce comportement, le prévenu a sali la réputation et la mémoire de sa défunte femme, déplore la substitut du procureur du roi. Il est d’autant plus regrettable que Monsieur avait déjà été condamné pour des faits similaires en 2010 et qu’il a poursuivi ce comportement!»

En dépression après la disparition de sa compagne, l’homme a sombré dans l’alcool. «Cela m’a fait faire des conneries, reconnait-il, les larmes aux yeux. Après 14 ans auprès d’elle, dont plus d’un mois à ses côtés en soins intensifs, elle me manquait énormément… je l’ai tellement aimée, je lui ai tout donné.» Et de manière assez paradoxale, la diffusion de ces photos intimes était pour lui une sorte d’automutilation. «Je me suis dit qu’en agissant de la sorte, je parviendrais à la détester afin de pouvoir avancer, car je me refusais à toute chose positive dans ma vie…»

La présidente du tribunal lui fait remarquer qu’il existe d’autres méthodes pour exprimer sa tristesse et colère. «Vous pouvez crier, écrire, casser de la vaisselle… Mais la diffusion de telles photos, c’est désormais fini! Si pas, vous risquez de dormir un long moment en prison…»

Une autre prévention est reprochée au prévenu: la détention et diffusion d’une image pédopornographique. «Comme avatar sur Internet, il a utilisé une photo d’un jeune garçon nu, en érection», précise la substitut du procureur du roi, qui a requis une peine de 18 mois, sans s’opposer à l’octroi d’un sursis probatoire afin d’assurer un suivi et un accompagnement thérapeutique par rapport à la dépression et l’alcoolisme du prévenu. Le jugement sera prononcé le 12 octobre.


Nos dernières videos