BEAUVECHAIN

Avec la disparition de Julos, «la Wallonie perd l’un de ses plus grands artistes»

Julos Beaucarne s’en est allé samedi soir à l’âge de 85 ans. «La Wallonie a perdu l’un de ses plus grands artistes», a réagi la commune de Beauvechain.

Le poète et chanteur Julos Beaucarne est décédé samedi soir à l’âge de 85 ans, a confirmé dimanche la bourgmestre de Beauvechain, Carole Ghiot.

Il vivait à Tourinnes-la-Grosse depuis de longues années.

L’auteur-compositeur-interprète était devenu un ambassadeur de la culture wallonne et avait derrière lui une riche carrière de plus 50 ans.

«Avec le décès du plus célèbre de ses chantres, la Wallonie perd également l’un de ses plus grands artistes!, a réagi dimanche la commune de Beauvechain. De la ferme de Wahenge aux scènes namuroises, Julos Beaucarne chantait et déclamait tour à tour sa passion pour notre Région, en français comme en wallon. Parlant tendre, cet immense artiste signa pour tous les Wallons le chant de «La petite gayole» qui restera, parmi tant d’autres chansons mémorables, à jamais associé à la fierté de notre territoire. Véritable humaniste du quotidien, amoureux de la nature, Julos Beaucarne colportait ses valeurs de la plus simple des manières: par des mots justes et sages emballés dans de la soie musicale».

Julos ne ratait aucun spectacle des Fêtes de la Saint-Martin

 

 

Didier Cloos, président de l’ASBL Les Amis de Tourinnes organisatrice des Fêtes de la Saint-Martin, rappelle que «Julos était le poète de Tourinnes, le chantre. On a tous en tête le concert exceptionnel du 9 septembre 1999 à 9 h (21 h) 09… dans une prairie en face de la Ferme de Wahenge. On entrait dans un grand cercle entouré de pagodes «post-industrielles» (NDLR: des bobines de câbles, en bois, vides, posées les unes sur les autres en une sorte de pagode). Des ados étaient assis en tailleur au-dessus de ces pagodes et passaient leur doigt sur des bols tibétains. Dans la nuit tombante, on était entouré de cette sonorité envoûtante. C’était magique comme ambiance avant le concert.»

Les pagodes sont restées. Et puis le temps a fait son travail. 20 ans plus tard elles tombent en miette. Ce qui reste sera bientôt brûlé dans un grand feu.

« Julos n’était pas impliqué dans les Fêtes de la Saint-Martin, mais, jusqu’à ce que sa santé l’en empêche, il ne ratait aucun de nos spectacles. Il nous en a écrit un même, «L’Avenir change de berceau», qu’on a joué deux fois déjà. Je me souviens notamment du Rap d’Herode, un morceau complètement déjanté dans cette pièce. Les gens riaient… Peut-être reprogrammera-t-on ce spectacle en hommage à Julos.»

Une de ses dernières apparitions en public était le jour du vernissage des expos d’art contemporain en 2014, l’année du street art. Un artiste français, Jef Aérosol, était venu peindre à la bombe le portrait de Julos, devant Julos.

«Un grand moment. L’artiste a fait don de l’œuvre aux Amis de Tourinnes. Elle est toujours visible au Beau Vignet, la taverne éphémère ouverte pendant les Fêtes de ma Saint-Martin, face à l’église de Tourinnes.»

Didier Cloos estime que c’est « un monument qui s’en va. Julos était quelqu’un de doux, gentil, simple.»


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