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POLITIQUE

Elio Di Rupo aux Wallos: «Notre ambition reste intacte»

Elio Di Rupo aux Wallos: «Notre ambition reste intacte»

Elio Di Rupo a pris un ton grave, parfois sinistre, pour néanmoins délivrer un message d’espoir sur la relance de la Wallonie. BELGA

Covid et inondations ont fortement teinté les discours politiques de la cérémonie officielle des Fêtes de Wallonie. Mais c’est un message d’espoir, mobilisateur, qu’Elio Di Rupo, comme Jean-Claude Marcourt, a tenté de faire passer.

Reprenant le ton culpabilisant utilisé vendredi par le Premier ministre Alexander De Croo à l’issue de la réunion du Codeco, Elio Di Rupo a consacré une grosse première partie de son discours des Fêtes de Wallonie, ce samedi, à peindre le tableau catastrophe de l’épidémie de Covid, et à pointer un doigt accusateur vers «les personnes non vaccinées», qui «doivent bien mesurer les conséquences de leur inaction et de leur tergiversation», et du «risque, considérable, d’être contaminé et de mourir dans d’atroces conditions. Si pas mourir, du moins souffrir.» Un ton grave, accablant, tout en contraste et décalage avec la légèreté et l’insouciance de la fête battant son plein à l’extérieur du théâtre de Namur.

 

Elio Di Rupo: «rien ne nous fera dévier de la trajectoire»

 

Endossant le costume du prophète de sinistre augure, le ministre-président wallon prévient: «Aujourd’hui encore, malgré tous les efforts accomplis, la menace reste très grande. Nous n’en avons pas fini avec ce satané virus, car la couverture vaccinale reste insuffisante», dit-il. «Chaque nouveau variant sera plus terrible que le précédent.» Et d’appeler «chacun à faire son examen de conscience. Et d’assumer ses responsabilités». Avant d’enchaîner sur… les 80 000 citoyens sinistrés par les inondations. «Le gouvernement s’était engagé à faire l’impossible pour que les sinistrés puissent reconstruire et se reconstruire. Les milliards nécessaires ont été débloqués».

Il voit néanmoins dans ces événements une éclaircie: «La remarquable solidarité des Belges, des Flamands, des Bruxellois et des Wallons, a fait des merveilles.» «Rien n’altérera la volonté du gouvernement. Rien ne le fera dévier de la trajectoire ambitieuse qu’il s’est donnée dès les premiers jours de sa formation. Tous les chantiers du futur restent ouverts, et nous mettons les bouchées doubles.»

Rappelant la volonté de mener à bien l’ambitieux plan de relance de la Wallonie, Elio Di Rupo évoque la jeunesse, la formation professionnelle, la soutenabilité environnementale, la recherche scientifique, une nouvelle politique industrielle, le tourisme comme moteur économique et de culture, l’éradication de la pauvreté. Entre beaucoup d’autres de ses ambitions. «Oui nous voulons que la Wallonie demain, en Europe, fasse partie des meilleurs élèves de la classe. Seule compte à présent la finalité qui nous transcende, à savoir le rétablissement définitif de notre Région. Notre ambition reste intacte. Et les derniers événements n’y changeront rien. Ensemble, par notre travail et notre engagement, nous allons briser les fausses fatalités et libérer nos formidables aptitudes.»

 

Jean-Claude Marcourt: un moment «propice aux grandes avancées»

 

«C’est dans ce contexte sanitaire, meilleur mais toujours pesant, que la Wallonie a connu, au milieu du mois de juillet, censé être le milieu de l’été, des pluies torrentielles qui l’ont meurtrie, entraînant destructions, désolations, misère et mort», avait également rappelé Jean-Claude Marcourt, en introduisant la cérémonie. «Je veux redire aujourd’hui notre solidarité et notre soutien à celles et ceux qui ont subi, subissent encore et subiront longtemps, les conséquences du véritable déluge qui s’est abattu sur la Wallonie», poursuit le président du parlement wallon, moins porté à s’étendre dans la sinistrose. Il voulait, lui aussi, porter avant tout un message d’espoir, coutumier en ces circonstances.

«La sortie de moments difficiles est souvent propice aux grandes avancées», dit-il. «C’est précisément parce que les difficultés s’amoncellent qu’il faut agir avec une détermination redoublée. Le temps est venu, aujourd’hui, enfin, d’oser la Wallonie. Pour reconstruire, bien sûr, pour reloger, d’abord, pour poursuivre et accélérer la modernisation de notre économie, pour développer l’activité économique et, partant l’emploi de qualité.»

 

Redorer le blason du technique et du professionnel

 

«J’en appelle aujourd’hui à la mobilisation générale de toutes celles et tous ceux, privés et publics, travailleurs et patrons, femmes et hommes de bonne volonté à aller de l’avant, à travailler à la Wallonie de demain pour un avenir prospère, respectueux de la dignité de chacun et de l’environnement. Nous avons été trop frileux, trop longtemps.» Régionaliste convaincu, Jean-Claude Marcourt y va d’un petit chapitre sur l’enseignement. «Il nous faut absolument redorer le blason des enseignements technique et professionnel, rappeler toute la noblesse et l’utilité des métiers auxquels ils mènent, et qui sont souvent en pénurie, doper leur attractivité et cela passe évidemment par des conditions salariales satisfaisantes.»

Pour conclure sur un ton optimiste, mobilisateur: «La Wallonie d’aujourd’hui regorge aussi de talents, de savoir-faire, de créativité. Nous avons des ingénieurs – trop peu -, des scientifiques, des artisans et des ouvriers de très haute tenue. C’est avec eux, c’est grâce à eux que la Wallonie doit et va porter un projet qui la conduira à s’assumer pour mieux être, pour mieux vivre.»

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