Sélection Télé - DOCUMENTAIRE

INTERVIEW | Jonathan Kubben: «Je ne suis pas Mère Teresa»

L’influenceur belgo-mexicain décline sa marque «Mom i’m fine» en série documentaire sur son vécu. Premier épisode ce mardi soir à 22h10 sur Plug RTL.

C’est l’un des influenceurs (même s’il n’aime pas le mot) les plus connus de la planète. Le belgo-mexicain Jonathan Kubben, 32 ans, a transformé ce qui était juste au départ un clin d’œil à sa maman en une véritable marque, qu’il décline sur de nombreux supports. Mom i’m fine arrive aussi ce soir en télé, sur Plug RTL.

Vous dont l’activité est centrée sur le voyage, la pandémie a dû être difficile à vivre…

J’ai perdu 65 à 70% de mon chiffre d’affaires. Cela a été très difficile. Je n’ai plus donné de conférences à travers le monde non plus… Mais là, les affaires reprennent. Sur le plan plus personnel, c’est à ce moment que cela s’est fini avec ma copine.

Comment cette aventure a-t-elle commencé?

Je travaillais comme consultant pour les ambassades et lobbyistes à Bruxelles, mais je n’étais pas du tout heureux. En 2015, à 26 ans, j’ai décidé de tout quitter. Le 15 mars 2016, je fais une fête d’adieu. Mon vol est postposé au 21 mars et lorsque j’atterris à Cuba, ce sont les attentats à l’aéroport de Bruxelles…

Quel était votre objectif?

À la base, je voulais juste faire le tour de l’Amérique latine pendant 5 mois.

 

«Je me suis souvenu de ma mère qui s’était inquiétée quand j’étais allé à Tomorrowland…»

 

Et comment est venue l’idée de cette pancarte «Mom i’m fine»?

Le tout début, c’est la découverte du concept de Matt Harding, Where the hell is Matt. Il dansait devant les monuments qu’il visitait à travers le monde et c’était devenu viral, avec 50 millions de vues sur Youtube. Et il gagnait de l’argent avec ça, car il était sponsorisé. C’était novateur à l’époque. Moi, je me suis souvenu de ma mère qui s’était inquiétée quand j’étais allé à Tomorrowland et que j’avais rassurée avec un panneau «Mom, I’m fine, I don’t take drugs.» J’ai raccourci le slogan, mais je n’ai trouvé aucun sponsor. J’ai lancé mon compte instagram le 1er avril 2016 et au mois de juin, c’est devenu viral. En juillet, j’ai déposé la marque et je l’ai transformée en société.

Et depuis, les sponsors se bousculent…

Oui, mais je reste fidèle et sélectif. Je travaille toujours avec les mêmes marques et cela doit correspondre à mon ADN. Je ne fais pas de politique, pas de cigarettes, pas de gambling (NDLR: jeux de hasard), pas de banques…

 

Il y a donc d’un côté une société pour gagner de l’argent et d’un autre, une ASBL pour le volet humanitaire.

 

L’argent récolté finance vos équipes, les tournages, les voyages et les projets humanitaires.

Voilà. Et tout l’argent du merchandising (t-shirt et casquettes) a servi pour financer le projet d’une école construite uniquement à partir de bouteilles de plastique au Mexique, pays d’où est originaire ma maman. Il y a donc d’un côté une société pour gagner de l’argent et d’un autre, une ASBL pour le volet humanitaire. Je ne suis pas Mère Teresa…

Vous vous considérez comme quoi? Un influenceur, un businessman?

C’est compliqué… Je déteste le mot «influenceur», même si je comprends que l’on me présente comme ça. Moi, j’essaye de mettre en avant des valeurs. Mon objectif est de créer une société où l’on ose et où l’on fait attention à… Ces valeurs, j’essaye de les faire passer à la communauté à travers le film en projet, la série d’émissions…

Le biopic, c’est pour 2022?

Une grosse boîte de production américaine était intéressée. Seulement, j’exigeais trois choses: être dans la coécriture, pour éviter tout sensationnalisme; avoir un rôle clin d’œil et être dans la production. Ils ont tout accepté sauf l’écriture. Donc, on s’est lancé dans l’écriture nous-mêmes et on va proposer cela à plusieurs producteurs. Avec comme idée de le diffuser via Netflix.

 

Je suis en train de négocier avec la Commision européenne pour mettre une pancarte «Mom i’m fine» sur un satellite.

 

Que va-t-on voir dans l’émission diffusée sur Plug?

En fait, j’ai en ma possession énormément de matière qui n’a pas été utilisée. J’ai donc voulu créer une série documentaire. Dans le 1er numéro diffusé ce mardi soir, on va parler de mon histoire en général. Ensuite, on va aborder des moments précis: la fois où j’ai gagné l’award de l’influenceur de l’année en 2019, ma rencontre avec Ronaldo…

Comment s’est passée cette rencontre?

J’ai été invité par une marque pour aller voir le Classico Barcelone-Real de Madrid. J’ai montré à ma mère que j’étais tout près du terrain et de Ronaldo, et elle me répond: ‘Tu aurais pu prendre une photo avec lui’. Elle ne réalisait pas que ce n’était pas possible. J’ai rencontré beaucoup de monde dans ma vie, mais je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi entouré que Ronaldo. Sa vie est calculée à la seconde. Quand on le rencontre, on ne peut pas avoir de téléphone, par exemple. C’est de la folie. Ma mère m’a challengé. J’ai relevé le défi. J’ai regardé toutes les marques qui travaillaient avec lui. J’ai contacté les agences et j’ai réussi à en convaincre une. Tout a été minuté, mais il y a quand même eu un échange qui était cool. Le truc qui m’a marqué, c’est quand j’ai touché son corps: franchement, il s’entraîne beaucoup! (rires) Ce n’est pas du marketing.

Quel est le «Mom i’m fine» le plus fou que vous ayez réalisé?

C’est celui que je suis en train de créer! J’aimerais être le 1er qui envoie un message à sa mère dans l’espace. Je suis en train de négocier avec la Commision européenne pour mettre une pancarte «Mom i’m fine» sur un satellite. Le problème, c’est juste le poids… Et il faut concilier les intérêts de chacun. J’espère pouvoir y arriver. Mais en même temps j’ai peur d’y arriver car après ça, je ne sais plus quoi faire…

Plug RTL, 22.10

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