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INTERVIEW | Refaelov: «J’aurais pu signer un contrat fou à l’Antwerp»

INTERVIEW | Refaelov: «J’aurais pu signer un contrat fou à l’Antwerp»

Refaelov: «Je suis convaincu qu’on va élever notre niveau de jeu». Ennio Cameriere

Voici la première interview de Lior Refaelov dans nos colonnes. «Un regard avec Vinnie suffit pour qu’on se comprenne.»

«On vient de voir un clip de notre match contre Malines. Après notre 7e but, tout le monde chasse le porteur du ballon pour inscrire le 8e. J’adore cette mentalité.» Lior Refaelov (35 ans) est à Anderlecht depuis trois mois, et il est déjà entièrement sous le charme de son nouveau club et de la philosophie de «Vinnie», comme il appelle Vincent Kompany. Voici sa première interview exclusive dans L’Avenir, faite depuis les sièges de la tribune d’honneur du Lotto Park.

Lior, la barre transversale à notre gauche n’est pas votre amie.

(Rires) J’ai frappé deux fois au même endroit, lors de mon penalty contre Vitesse et du pied gauche contre Malines. Il faudra soit que je change de chaussures, soit que je parle avec cette barre…

Deux buts et trois assists en Europa League, zéro but et zéro assist en championnat. Selon Marc Degryse, vous et Aït El Hadj avez trop de consignes tactiques à respecter.

À ce moment de la saison, c’est normal de penser à la tactique et à notre position sur le terrain. On n’est qu’à la mi-septembre. Je suis en Belgique depuis onze ans. Je sais que le championnat ne commence vraiment qu’en janvier. Là, ce sera le moment d’aller à fond la caisse. On travaille aussi un deuxième système de jeu. Bientôt, Vinnie va l’appliquer. On est en pleine construction. On ne doit pas être au meilleur de notre forme maintenant, et même pas le mois prochain.

Vous couriez autant à vos 25 ans que maintenant?

Je crois que je cours plus maintenant. (Rires) Mais pas de problème, dans le système de Vinnie, tout le monde doit faire son travail. Si je dois un peu plus jouer sur le flanc droit au profit de l’équipe, je le fais. Je suis convaincu qu’on va augmenter notre niveau de jeu. Je suis entouré de quelques très bons jeunes. Yari, Anouar, Amuzu: ce seront les prochains gros transferts sortants d’Anderlecht.

Ils vous appellent papy?

Certains d’entre eux sont nés quand j’ai joué mes premiers matchs comme pro, en Israel. Mais je ne me sens pas si vieux que ça. En fait j’essaie d’être un des relais de Vinnie sur le terrain. Un regard suffit pour qu’on se comprenne, il ne faut même pas de paroles. Le mot le plus courant dans le football actuel est: pourquoi. Les footballeurs demandent pourquoi ceci, pourquoi cela. Après la théorie de Vinnie, je poursuis la discussion avec certains joueurs dans le vestiaire.

Vous avez aussi été très touché par le départ de Bellamy.

Il m’avait tout expliqué samedi, pendant une heure. Cela m’a très ému et attristé. Dès qu’il aura retrouvé le bonheur avec sa famille, il pourra à nouveau être efficace pour Anderlecht. La porte reste ouverte pour lui. Je serai content quand il sera de retour.

Vous savez ce qui est le pire cauchemar de Silvio Proto en dix ans de carrière à Anderlecht? Votre but à la 92e avec Bruges en finale de la Coupe de Belgique.

N’en parlons pas trop, maintenant que je joue à Anderlecht. Je dois dire que l’accueuil des supporters d’Anderlecht a été merveilleux. Honnêtement, j’avais quelques doutes. J’ai quand même joué pendant sept ans à Bruges.

Avez-vous déjà regardé quand Anderlecht joue à Bruges et à l’Antwerp?

Non. J’y ai gardé des amis et j’ai de bons contacts avec la direction. Certains supporters de Bruges seront déçus. Et je n’ai rien à me reprocher par rapport à mon départ de l’Antwerp. Pendant deux ou trois mois, ils ne m’ont pas fait de proposition. La communication avec d’Onofrio était mauvaise, je ne ressentais pas de respect. Anderlecht s’est manifesté et j’ai donné ma parole à Peter Verbeke, Wouter Vandenhaute et Vinnie. Puis, le président Gheysens s’en est mêlé. J’aurais pu signer un contrat fou. Mais j’avais un deal avec Anderlecht.

Vous n’avez pas pu jouer les play-off.

Mes discussions avec Anderlecht avaient déjà été rapportées dans la presse. Je devais mentir? Deux jours avant le début des play-off, on m’a dit que j’étais écarté. Ils ont perdu les deux premiers matchs, évidemment. Alors qu’ils auraient pu terminer à une meilleure place que la 3e. Mais Vercauteren a voulu garder le système de Leko en changeant la mentalité de l’équipe, ça n’allait pas. Et puis, il y avait cette histoire de Lamkel Ze qui déstabilisait tout le club…

Pour terminer, parlons du match au Standard, votre adversaire préféré. Votre bilan en 28 matchs: 9 buts et 5 assists.

C’est vrai? Oui, j’ai aussi mis quelques buts à Sclessin. C’est mon premier clasico, mais il y avait aussi un peu de haine envers Bruges et l’Antwerp.

Vous avez failli signer au Standard en 2018!

C’est juste. J’avais un accord avec Michel Preud’homme, c’était presque officiel, mais le Standard n’a pas trouvé de solution avec Bruges. Puis, j’ai parlé avec d’Onofrio, et les ambitions de l’Antwerp me tentaient aussi.

Le Standard a une culture de joueurs israéliens. Rosenthal, Tikva, Ben-Haïm…

Gershon, aussi. Je parle encore régulièrement avec Ronny Rosenthal. Il m’a félicité pour mon transfert à Anderlecht. Ce serait beau de marquer un dixième but à Sclessin, ce dimanche…

Il partage son surnom avec Nadal, mais Rafa doit son excellente condition physique à cette autre icône du tennis actuel, Roger Federer. «J’ai lu un article dans lequel il explique comment il parvient à rester si affûté à son âge (40 ans) et en ayant deux paires de jumeaux, explique Refaelov. La nourriture est un paramètre, le sommeil un autre. Depuis que j’ai lu cela, je me force à aller au lit avant 23 heures. Avant, je n’allais pas dormir avant minuit. J’essaie d’avoir mes 8 heures ou 8 heures et demie par nuit. Après une semaine, on gagne une nuit de sommeil. C’est très important pour la récupération.»

Refaelov est d’ailleurs un bon joueur de tennis. «Quand le programme me le permet, je vais taper la balle au David Lloyd à Anvers. (Il se tourne vers le chef de presse Mathias : “e peux quand même dire ça, hein? ) J’ai surtout une bonne technique. Je joue aussi au ping-pong avec les jeunes au club, mais Verschaeren, Delcroix et Lissens sont trop forts. Le seul qui pouvait les défier, c’était Bellamy.»