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Le Parlement européen rejette l’objection verte visant les antibiotiques pour animaux

Le Parlement européen rejette l’objection verte visant les antibiotiques pour animaux

Image d’illustration annebel146 - stock.adobe.com

Le Parlement européen a rejeté une proposition des écologistes européens visant à interdire l’usage de certains antibiotiques sur des animaux, au terme d’un vote dont les résultats ont été annoncés jeudi en plénière à Strasbourg.

Les Verts/ALE avaient déposé une objection contre une proposition de la Commission européenne fixant certains critères pour l’usage d’antimicrobiens. Ils demandaient une interdiction plus large des antibiotiques à usage animal, mais leur demande a été rejetée par 450 voix contre 204 (32 abstentions).

L’eurodéputée belge Hilde Vautmans (Open Vld, RE) s’en est réjouie. Selon elle, des animaux domestiques auraient pu pâtir d’un durcissement de la proposition initiale. Les vétérinaires n’auraient plus pu recourir qu’à 20% de leur gamme d’antibiotiques, selon Tom Vandekendelaere (CD&V, PPE).

Mais pour Sara Matthieu (Groen, Verts/ALE), le débat a été contaminé par les «fake news», car la demande des Verts «ne concernait pas du tout les chiens et les chats». Il s’agissait de mettre le holà à l’usage massif des antibiotiques dans l’industrie de la viande, mais l’usage par animal isolé restait autorisé même dans l’industrie. Sans cette restriction, le risque est de voir les effets des antibiotiques s’estomper chez les hommes comme chez les animaux, a-t-elle fait valoir.

Le rejet de l’objection permet à la proposition de la Commission d’entrer en vigueur. L’exécutif européen a pour objectif de réduire de moitié la vente d’antibiotiques destinés aux animaux d’élevage d’ici 2030. Pour Tom Vandekendelaere, c’est déjà une avancée importante.

En Belgique comme en Allemagne et en France, des syndicats agricoles proches de l’industrie agro-alimentaire et des groupements de vétérinaires ont mené un important lobbying dans ce dossier durant l’été. Ils ont notamment fait valoir le bien-être animal, une réduction des ventes d’antibiotiques déjà observée et la nécessité d’une approche harmonisée pour réduire efficacement la résistance des bactéries aux antibiotiques, chez l’homme comme chez les animaux d’élevage.

«L’attitude de ces lobbyistes risque de nuire à la santé humaine. Aujourd’hui déjà, 33.000 personnes meurent chaque année dans l’UE à cause de la résistance aux antibiotiques», a déploré Saskia Bricmont (Ecolo, Vert/ALE).

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