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MUSSON - Tribunal correctionnel d’Arlon

Avec 4,61 grammes, Mamy emboutit sa voiture dans le mur

Avec 4,61 grammes, Mamy emboutit sa voiture dans le mur

Mamy avait exagéré sur le rosé... Stock Adobe

Une sexagénaire de Musson s’est lâchée en prenant l’apéro avec un copain. Avec 4,61 grammes, elle emboutit sa voiture dans le mur.

Une petite dame de Musson s’est présentée hier devant le tribunal correctionnel d’Arlon. Cheveux blancs coupés à la garçonne, lunettes vissées sur le nez, elle a répondu posément aux questions du président Philippe Nazé. Il lui est reproché un accident qu’elle a provoqué le 18 avril 2019 et dont elle est la seule victime. «Le premier juge vous a accordé le sursis, mais je ne peux être d’accord avec un jugement aussi clément. Je fais donc appel, martèle le substitut Yannick Rosart pour le ministère public. Vous avez embouti un mur avec votre voiture. Les témoins racontent que vous rouliez à contresens, que votre voiture allait dans tous les sens, que vous montiez sur les trottoirs. Vous donniez l’impression de rouler vite, mais c’était surtout dû au hurlement ahurissant de votre moteur puisque vous avez fait tout votre parcours sans changer de vitesse, en restant en première. Blessée par le choc contre la palissade, vous avez été embarquée en ambulance inconsciente, ce qui n’a pas empêché de vous faire une prise de sang. Vous étiez ivre morte avec un taux record de 4,61 grammes par litre de sang. Pratiquement en coma éthylique, vous auriez pu tuer des piétons.»

«Je ne sais pas ce qui m’a pris»

La sexagénaire dit regretter ce qu’elle a fait et s’excuse. «Je n’ai jamais eu le moindre problème, balbutie-t-elle (NDLR: ce qui est confirmé par un casier judiciaire vierge). Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je bois toujours un ou deux apéritifs, mais jamais au point d’être ivre. J’avais bu avec un copain. Je ne me souviens de rien.» La dame, un peu naïvement, reconnaît qu’elle n’a pas renoncé à son apéro quotidien, mais promet qu’elle ne touchera plus au rosé.

Son avocat, Me Marc Kauten, a joué la carte de la clémence: «Ce premier jugement est un jugement d’encouragement. Dans un premier temps, le médecin qui l’a examinée a estimé qu’au vu de ses antécédents, elle était incapable de conduire. Elle a demandé une contre-expertise qui a récompensé ses efforts en cassant le premier avis. Elle a besoin de sa voiture pour aller aider sa maman qui est hospitalisée et pour se rendre à son boulot d’ambulancière. Le taux pose évidemment question, mais je demande à votre tribunal de confirmer le premier jugement assorti d’un sursis.»

Le jugement sera prononcé le 20 octobre.

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