Tribunal correctionnel de Dinant

Des faits de mœurs sur une quinzaine d’ados

Pendant de nombreuses années, un homme organisait des fêtes avec alcool et cannabis. Il tentait ensuite d’abuser de mineurs d’âge.

Le tribunal correctionnel de Dinant se penche une fois par mois sur des faits de mœurs. Ceux-ci ne sont donc pas si rares. «Mais on voit heureusement peu d’affaires avec une période infractionnelle si longue et avec autant de victimes», indique le parquet de Namur. Entre 2004 et 2020, une quinzaine d’ados ont subi des faits de mœurs. Le prévenu (1964) a reconnu en avoir commis sur une dizaine d’entre eux. Pour les autres, il dit n’avoir aucun souvenir.

Celui-ci appliquait toujours le même modus operandi. «Vous étiez l’adulte sympa qui organisait des fêtes avec alcool et cannabis. Vous leur permettiez de s’enivrer et de dormir chez vous pour ensuite tenter de profiter d’eux», lance le président du tribunal. Un soir, l’un d’eux, complètement ivre (NDLR: jusqu’à se vomir dessus) a été pris en charge par le prévenu qui a ensuite abusé de lui. C’est fin 2020, après un énième fait, que l’homme a été privé de liberté.«Le mineur a été entendu et, au fur et à mesure, les victimes se sont manifestées. On s’est rendu compte que la plupart des jeunes qui gravitaient autour du noyau familial ou amical ont subi ce genre de faits. Il conditionnait ses victimes, allait dans leur chambre par surprise ou baissait leur pantalon par surprise», poursuit le parquet de Namur. Des experts préconisent un suivi thérapeutique intra-muros pour cet Onhaytois.

Mais le ministère public a requis une peine qui ne laisse pas de place au sursis: huit ans ferme,«pour protéger la société». La défense a été plus nuancée. «Le comportement adopté par mon client était devenu la normalité. Pas vu, pas pris. La privation de liberté était nécessaire et il a entamé un suivi en prison. Vu son absence de casier judiciaire, il sera libérable au tiers de la peine si vous prononcez les huit ans. Je vous demande d’anticiper», a plaidé la défense qui demande un sursis probatoire partiel. Jugement le 20 octobre.


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