Monnaie locale à Mons: La mise en orbite du ropi retardée d’un mois

Monnaie locale à Mons: La mise en orbite du ropi retardée d’un mois

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Le dossier a été reporté lors du conseil communal à la demande de Mons en Mieux.

Le Lupi à La Louvière, le Festù à Binche et Estinnes, le Carol’Or à Charleroi ou le Ropi à Mons… Les monnaies locales circulent un peu partout et surtout, trois fois plus vite que les traditionnels euros. Cet argent-là ne peut pas faire l’objet de spéculation et permet de soutenir tant les commerçants que les producteurs locaux.

Mais pour l’heure, la plupart des monnaies alternatives peinent à prendre leur envol. Dans la Cité du Doudou, le ropi a été mis en place en 2006 par une ASBL du même nom. Une bonne vingtaine de commerces y ont adhéré et à ce jour, 2 250 ropis ont été commandés. Pour mettre le ropi sur orbite, le collège PS-Écolo a prévu un montant de 300 000 euros dans le cadre de son plan de relance.

À quoi cet argent va-t-il servir? « Le principe de base est simple, un ropi égale un euro», explique le bourgmestre Nicolas Martin. «Mais durant une période limitée, les Montois vont pouvoir acheter un billet de 21 ropis au prix de dix euros. La différence sera compensée par le subside de 300 000 euros. Ce sera un one-shot. Un peu plus de 20 000 billets vont être émis. Chaque citoyen qui en fait la demande via une interface web sécurisée pourra obtenir un et un seul billet de 21 ropis. C’est donc une forme d’incitant pour créer une spirale positive et pousser un maximum de Montois à utiliser cette monnaie locale.»

L’échevine Catherine Marneffe espère que ces billets particuliers seront disponibles pour la Semaine du Commerce équitable en octobre. L’objectif est en tout cas qu’un maximum de ropis circulent d’ici les fêtes de fin d’année, période propice pour les commerçants.

L’envol de la monnaie locale devra toutefois encore attendre un peu à Mons. Discuté mardi soir lors du conseil communal, le dossier a en effet été reporté à la demande Georges-Louis Bouchez. Et pour cause, le chef de file de Mons en Mieux s’étonne que la convention entre la Ville et l’ASBL Ropi n’ait pas fait l’objet d’un appel d’offres. Nicolas Martin a expliqué qu’après analyse, il est apparu que l’ASBL Ropi était le seul opérateur qui proposait une monnaie locale sur Mons. Il a ajouté qu’une clause dans la loi sur les marchés publics permettait de traiter directement avec un tel partenaire, sans passer par un appel d’offres. Le bourgmestre a enfin rappelé que l’ASBL n’avait pas vocation à faire des bénéfices et que la subvention serait injectée dans l’économie locale à travers les ropis.

Pas de quoi convaincre Georges-Louis Bouchez pour autant. S’il n’y a que l’ASBL Ropi qui propose une monnaie locale sur Mons, il estime qu’un appel d’offres aurait peut-être poussé d’autres opérateurs à se lancer. «Imaginons que demain je lance ma propre monnaie, le Mons en Mieux. J’espère que vous aurez un subside d’au moins 100 000 euros pour soutenir mon ASBL», ironise le conseiller d’opposition. Autre point de friction pour le libéral: les ropis ne pourront pas être utilisés dans le McDonald de la Grand-Place. « C’est donc l’ASBL que vous avez choisie qui va désigner les commerces qui peuvent être soutenus avec cette monnaie locale. Ça me pose problème, car j’estime que ce n’est pas au pouvoir public de dire aux gens comment ils doivent consommer.»

Le débat tournant en rond et les monnaies locales ne courant pas les rues, le bourgmestre a proposé à Georges-Louis Bouchez de trouver d’autres ASBL pour porter ce projet. Balle saisie au bond par le libéral qui a demandé à reporter le dossier au prochain conseil, s’engageant à venir avec d’autres propositions d’ici là. Pourra-t-on bientôt acheter des cheeseburgers au McDonald de la Grand-Place avec des billets Mons en Mieux? Pour le savoir, rendez-vous au prochain conseil communal…

«Ce que l’on va faire pour le prochain conseil communal, c’est regarder s’il y a d’autres opérateurs. Mais aussi, définir le périmètre des commerces qui peuvent bénéficier de la monnaie locale. Actuellement, c’est l’ASBL qui décide. Ça doit pouvoir être débattu démocratiquement», nous précise Georges-Louis Bouchez.

G.La


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