ASSISE DU HAINAUT

L’accusation requiert la culpabilité de Camille Tonnoir pour assassinat

L’accusation requiert la culpabilité de Camille Tonnoir pour assassinat

Camille Tonnoir n’a pas souhaité prendre la parole. BELGA

Alexandre Iwaszko, substitut du procureur du roi de Tournai représentant l’accusation, a requis mercredi la culpabilité de Camille Tonnoir pour l’assassinat de Daniel Frantzen, commis à Mouscron le 11 décembre 2018. Pour l’accusation, la circonstance aggravante de préméditation ne fait aucun doute

La culpabilité de l’accusé n’est pas contestée par la défense. Il est bien l’auteur de cet homicide. Ses aveux sont corroborés par plusieurs éléments de l’enquête, l’ADN, les traces de ses semelles, ou encore le sang perdu par l’accusé suite à sa blessure à la tête occasionnée lors de son entrée dans la maison de la victime, et les déclarations de voisins.

Même si l’accusé a fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique pour dépression, il n’était pas atteint d’un trouble mental quand il a commis les faits, les experts sont formels. De plus, le médecin légiste l’a décrit comme coopérant, calme, lucide, bien orienté dans le temps et l’espace, juste après les faits. Le juge d’instruction a déclaré que Camille Tonnoir était précis dans ses explications, ce qu’il n’avait jamais vu en vingt ans de carrière à l’instruction. Il était donc en pleine possession de ses moyens.

Pour l’accusation, Camille Tonnoir est bien l’auteur d’un assassinat, qualification des faits retenue depuis l’ouverture de l’instruction et jamais contestée lors de l’enquête.

L’intention de donner la mort ne fait aucun doute, en raison de l’arme utilisée (un couteau de boucher muni d’une lame d’une vingtaine de centimètres), la zone visée (le thorax), le nombre de coups (sept), la force déployée par l’auteur (deux côtes ont été brisées et plusieurs organes vitaux ont été transpercés) et le mode opératoire (une entrée par effraction dans la maison) pour traquer sa proie, «avec laquelle il n’a pas échangé un seul mot».

Lors de sa première audition à la police, Camille Tonnoir a déclaré qu’il était seul chez lui et qu’il avait pris la décision «d’aller planter» Daniel Frantzen. Il avait donc la volonté de tuer Daniel Frantzen et il avait prémédité son crime «dans une situation mentale colérique mais stable et non déstructurante».

Pour l’accusation, plusieurs éléments prouvent la préméditation: les SMS envoyés à la fille de la victime, plusieurs semaines avant de passer à l’acte, ou encore le temps suffisamment long écoulé entre sa sortie du cabinet de son avocat et le crime. « Quand il est chez lui, il pense à prendre un marteau, car il a déjà réfléchi à la façon qu’il allait employer pour entrer dans la maison», note le magistrat.

Enfin, il a réfléchi au moyen le plus vicieux pour faire souffrir son ex-compagne. Il visait ses parents car, comme l’a déclaré l’accusé, elle les considérait comme ses dieux. Il voulait lui faire mal.

Camille Tonnoir refusait de payer une dette dont il s’était porté caution pour le commerce exploité par son ancienne compagne, la fille de la victime, dont il était séparé depuis 2014. Selon les parties civiles, il avait une certaine rancœur, et même de la haine, envers la famille de son ex-compagne depuis la rupture.

La défense, assurée par Me Jean-Philippe Rivière, a salué la dignité des proches de la victime, salué les jurés «qui, je l’espère, auront dès aujourd’hui une analyse différente du travail de rendre justice», et n’a rien contesté sur les faits. L’accusé n’a pas souhaité prendre la parole.

Le jury est parti débattre sur la culpabilité, car il n’y a eu aucune réplique. Un verdict est attendu dans la journée.


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