VERVIERS

Le roi et la reine en visite à Verviers, deux mois après les violentes inondations

Le roi et la reine en visite à Verviers, deux mois après les violentes inondations

Le roi Philippe et la reine Mathilde sont allés à la rencontre de la population à Ensival. ÉdA LABEYE Philippe

Ce mercredi 15 septembre, le roi Philippe et la reine Mathilde étaient de passage à Verviers. Une visite ô combien symbolique, deux mois pile après les violentes inondations qui ont défiguré les bords de Vesdre.

Deux mois pile après les inondations qui ont meurtri Verviers dans sa chair, le couple royal est venu marquer son soutien aux personnes sinistrées.

Il était 9 h 30 ce mercredi matin lorsque le convoi encadrant le roi Philippe et la reine Mathilde est arrivé sur la place du Marché. Muriel Targnion, la bourgmestre, mais également la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden, le ministre-président wallon Élio Di Rupo et le gouverneur de la province de Liège Hervé Jamar étaient au premier rang pour accueillir comme il se doit le roi et la reine.

Le roi et la reine en visite à Verviers, deux mois après les violentes inondations
ÉdA LABEYE Philippe

Dehors, sous les averses, quelques dizaines de badauds et des élèves avaient fait le déplacement avec l’espoir d’apercevoir les souverains. Après de courtes salutations de leur part, c’est une réunion de travail qui a démarré entre le roi et la reine et les autorités politiques des différents niveaux de pouvoir. L’occasion pour le roi de glisser quelques mots: « Nous sommes venus, la reine et moi, pour soutenir la population et les autorités dans cet effort de reconstruction qui est gigantesque. Je voudrais aussi dire que je suis très impressionné par le courage de la population, sa résilience et par la solidarité qui s’est mise en place.»

Le roi et la reine en visite à Verviers, deux mois après les violentes inondations
ÉdA LABEYE Philippe

«Une seule préoccupation, la population»

Pour la bourgmestre de Verviers, cette visite était en tout cas pleine de sens. «C’est vraiment très important pour nous que le roi et la reine soient présents, mais aussi Annelies Verlinden et Élio Di Rupo, confie Muriel Targnion. Nous avons eu une réunion de travail à l’hôtel de ville et cela prouve que le Fédéral et la Région wallonne s’intéressent à cette crise qui est loin d’être passée et qui est sans précédent pour les communes sinistrées. Nous avons tous une seule préoccupation, c’est la population. Et c’était aussi au centre des questions du roi et de la reine. Où les reloger? Comment? Comment assainir les bâtiments? La population peut avoir l’impression que ça traîne mais des choses se mettent en place. Il faudra du temps car trouver des solutions concrètes, c’est difficile. Chacun fait de son mieux. Et pour aller de l’avant, il faut aussi que la solidarité continue. On n’est jamais en nombre suffisant quand on est confronté à une telle crise. Le retour du roi et de la reine à Verviers, qui est la plus grande ville sinistrée, c’est aussi une manière pour eux de montrer leur soutien à toutes les communes sinistrées. Leur venue, c’est aussi une manière de dire qu’on n’oublie pas cette catastrophe. Que personne n’oublie.»

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ÉdA LABEYE Philippe

Le roi et la reine à l’écoute des sinistrés d’Ensival

Après leur réunion à l’hôtel de ville, les souverains ont fait escale à Ensival. Associations, bénévoles, commerçants, population… Le roi et la reine ont pris le temps de parler avec tous.

Après leur réunion du côté de l’hôtel de ville verviétois, le roi et la reine ont pris la direction d’Ensival. Toujours sous une pluie intermittente, on retrouvait sur place des écoliers, des riverains, mais aussi des militaires, des commerçants, des bénévoles et des représentants d’associations.

Le roi et la reine en visite à Verviers, deux mois après les violentes inondations
ÉdA LABEYE Philippe

Dans un premier temps, le couple royal a salué le monde associatif rassemblé sous la tente de la Croix-Rouge qui accueille chaque jour des dizaines de sinistrés pour un café, un repas ou une papote réconfortante. Quelques militaires et des représentants des associations ont aussi pu échanger avec les souverains sur la magnifique solidarité qui s’est mise en place et qui perdure deux mois après la catastrophe.

Cette escale était aussi un moment très attendu par les commerçants sinistrés. Ils sont plusieurs à avoir eu l’occasion d’échanger quelques mots avec le couple royal, très à l’écoute de la détresse partagée par ceux qui ont tout perdu. On a également pu ressentir cette sensibilité lorsque les souverains ont pris la direction du pont Francval pour se rendre compte des flagrants dégâts.

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ÉdA LABEYE Philippe

Un tête-à-tête avec la reine Mathilde

Parmi les Ensivalois qui ont pu discuter avec les souverains, il y a Christine et Jean-Pol Franco. Christine est coiffeuse sur la place du village, chez Espace Coiffure. Depuis la mi-août, elle a repris le travail dans un salon de fortune aménagé dans un conteneur. Une solution provisoire qui a titillé la curiosité de la reine Mathilde.

Un tête-à-tête entre la famille Franco et la reine s’est donc déroulé, en toute discrétion. Un moment fort. «On n’en revient pas du tout, sourit Christine Franco. Peut-être a-t-on été choisi parce qu’on a une bonne tête (rires). Quand la reine a proposé de venir voir nos installations, on a été très surpris. Elle nous a demandé l’ampleur des dégâts au salon de coiffure, la hauteur jusqu’à laquelle l’eau est montée. Elle était très sympathique et vraiment accessible. C’est important pour nous que le roi et la reine nous montrent leur soutien. Et ça doit être encore plus marquant pour les personnes qui ont tout perdu. Nous, c’est un commerce, c’est du matériel. Et puis si cette visite peut faire bouger les choses, tant mieux.»

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«Sincèrement, je me sens abandonné par ma ville»

Hodaifa Al Cabir, Ensivalois sinistré, est furax contre la Ville. Il l’a fait savoir à la bourgmestre.

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ÉdA LABEYE Philippe

Cette visite royale a permis à la population de partager son mal-être depuis les inondations qui ont bouleversé son quotidien. Dans la foule présente sur la place d’Ensival, il y avait Hodaifa Al Cabir. Ce jeune père de cinq enfants, propriétaire rue Francomont, a tout perdu. Après avoir été relogé à Boncelles, il a retrouvé un logement à Hodimont mais il ne mâche pas ses mots à l’égard des autorités communales qui, selon lui, sont inexistantes.

«Je suis vraiment révolté. Venant de la commune de Verviers, depuis deux mois, c’est le silence total. Rien n’est fait. Je ne parle pas des ASBL qui nous aident mais bien du politique. Pour la visite royale, j’ai vu les ouvriers communaux s’activer, nettoyer, enlever des mauvaises herbes mais ça fait deux mois que je ne les avais pas vus ici. Je suis choqué. J’ai plein de problèmes avec ma maison et aux alentours, j’envoie des photos aux échevins mais on ne m’apporte aucune réponse. Sincèrement, je me sens abandonné par ma ville. Et ce sentiment s’ajoute en plus à tout le reste, c’est difficile. Quand je parle avec d’autres personnes, à Dolhain ou Pepinster, ils sont satisfaits du travail de leur bourgmestre. Ici, à Verviers, je ne vois rien. Quels sont les moyens d’action? C’est incompréhensible ce qui se passe.»

Assez remonté contre le pouvoir politique, une fois le roi et la reine repartis pour la suite de leur tournée d’endroits sinistrés, Hodaifa Al Cabir a interpellé la bourgmestre Muriel Targnion. Il a pu exposer son point de vue et avoir une réponse concrète sur ce qui avait déjà été réalisé, notamment dans d’autres quartiers de Verviers.

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ÉdA LABEYE Philippe

Ils ont croisé les souverains: ce qu’ils ont dit

– Chantal Larondelle, de la boulangerie du même nom, sur la Grand Place d’Ensival:«La boulangerie, c’est fini pour nous. On a travaillé pendant 30 ans, on y a donné notre temps et toute notre énergie. Notre commerce, c’est le carnage. Quand j’ai su que le roi et la reine venaient, je voulais être là et aller à leur rencontre. Ils ont fait l’effort du déplacement, c’était normal de venir les voir. J’ai pu parler avec le roi, je lui ai expliqué notre situation, la fin du commerce. Je lui ai aussi dit qu’on allait avoir la chance de rebondir grâce au traiteur Les Cours qui nous embauche mon mari et moi. Le roi était à l’écoute. Le roi et la reine ont vraiment montré leur intérêt envers les personnes sinistrées.»

– Stéphany Rompen, directrice de l’école Notre-Dame de la Sagesse d’Ensival: «Nous sommes venus avec toute l’école pour saluer les souverains. Cela fait partie des choses de la vie scolaire. Voir le roi et la reine en vrai, c’est quand même mieux que sur un poster en classe. Je trouve aussi important qu’ils soient revenus ici. Ça fait chaud au cœur à tout le monde. La population voit qu’on s’occupe d’elle.»

– Daniel Rensonnet, habitant d’Ensival: «C’est la seconde fois que je vois le roi et la reine depuis les inondations. La première, c’était par la fenêtre mais le roi m’avait fait signe. Cette fois, j’ai pu échanger quelques mots. Il m’a demandé si j’habitais Ensival. Je lui ai parlé de mes bâtiments inondés, sinistrés. C’est très positif que le roi et la reine viennent nous voir, ça va peut-être faire bouger les politiques. C’est aussi la preuve qu’ils n’oublient pas ce qui s’est passé.»

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