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Djokovic: «La transition est inévitable»

Djokovic: «La transition est inévitable»

- AFP

Le Serbe, qui est tombé sur un Medvedev injouable, a perdu la chance de sa vie de signer un Chelem calendaire, mais il a gagné l’amour du public américain.

Peur, frustration, colère, joie, soulagement, un torrent d’émotions a tout emporté sur le court Arthur Ashe. Même Novak Djokovic.

Le Serbe a été submergé par l’enjeu au point de proposer une pâle copie de son jeu en finale. Trahi par son service, peu inspiré sur les retours de service, impuissant sur sa ligne de fond, Nole n’avait aucune clef pour faire déjouer Daniil Medvedev.

Le Russe a profité d’un off day du Serbe pour le battre sur un triple 6-4 en 2h17. Un match à sens unique.

Depuis des mois, le Djoker entend toujours la même chanson au point qu’il a demandé que les gens arrêtent de lui parler de l’histoire qu’il était en train d’écrire. L’histoire retiendra que Djokovic n’a pas été assez fort pour signer un Chelem calendaire en 2021. Elle ne devra pas oublier qu’il a remporté l’Australian Open, Roland-Garros, Wimbledon et qu’il s’est hissé en finale de l’US Open! Excusez du peu!

Mais, le sport est cruel. Dans l’immédiat, seul la 28 e ligne blanche sur son bilan en Major de la saison brille. Même Novak Djokovic a cédé sous la pression de cet exploit qui lui tendait les bras. Djoko a usé de tous ses trucs et astuces pour rester dans le moment présent. Dimanche, il a échoué.

Il lui a manqué de la fraîcheur physique. «J’ai passé plus de temps sur le court que Daniil, c’est certain», pointait le Serbe qui avait joué plus de 5h30 de plus que le Russe.

Il n’a jamais pu compter sur ses ressources physiques hors normes. En plus, il était cramé dans la tête. La surcharge émotionnelle a grillé ses neurones. Dans le deuxième set, il n’était pas loin de taper une balle de rage alors que le ramasseur de balle sprintait pour la ramasser. Il fracassait ensuite sa raquette. Sa rage restait intacte. «La période a été très exigeante émotionnellement», confirme-t-il en évoquant son tournoi de Belgrade, les Jeux et l’US Open. «Ici tout s’est accumulé pour moi en termes d’émotions.»

Le mal aimé du public a paradoxalement vécu l’un des plus beaux moments lors de sa plus grande désillusion sportive. Quand le Chelem calendaire s’envolait, il a reçu l’amour de 25 000 spectateurs. À nouveau, un tourbillon.

«Après le match, j’ai ressenti du soulagement. J’étais content que ce soit fini. En même temps, j’ai eu de la tristesse, de la déception, mais, aussi, de la gratitude pour le public et le moment spécial que les gens ont créé pour moi sur le court.»

Le public lui a offert une forme d’éternité en l’ovationnant comme un président au point qu’il a craqué sur sa chaise en attendant le dernier jeu. Ce soutien, il en rêve depuis plus de 10 ans!

«Les gens m’ont surpris dans le bon sens. Je ne savais pas. Je ne m’attendais à rien. Mais tout le soutien, l’énergie et l’amour que j’ai reçus du public, c’est quelque chose dont je me souviendrai toujours. C’est pour ça que j’ai fondu en larmes lors du dernier changement de côté. L’émotion et l’énergie étaient si fortes. C’est aussi fort que de gagner 21 titres en Grand Chelem. C’est ce que j’ai ressenti honnêtement. Ils m’ont touché au cœur. Ce sont des liens que vous créez avec les gens qui dureront très longtemps. C’était juste merveilleux.»

«Medvedev le mérite»

Il avait essayé de monter sur le court Arthur Ashe dimanche en imaginant qu’il disputait le dernier match de sa vie. Le Serbe de 34 ans reviendra à Melbourne pour cueillir cette 21 e couronne en Grand Chelem. Aux Jeux et à l’US Open, l’ex Next Gen a pris le pouvoir, mais le Big Four n’a pas encore rangé ses raquettes.

«La transition est inévitable», souffle encore Novak Djokovic. «Nous, les vieux, nous nous accrochons. Je veux continuer, essayer de gagner davantage de titres en Grand Chelem, de jouer pour mon pays. Ce sont les choses qui me motivent le plus à ce stade de ma carrière.»

Que ce soit les cris du public, les larmes de Djokovic ou la célébration de la victoire de Medvedev, la soirée a été riche en symboles. Seul le niveau de la rencontre a déçu. Quand un Medvedev gonflé à bloc affronte un Djokovic à 70 %, le suspense disparaît dès le premier jeu.

«Il a servi parfaitement, là où il fallait, reconnaissait Djoko. Il est arrivé très déterminé sur le court. On pouvait sentir qu’il était au maximum de ses capacités, sur tous les coups. Il avait une clarté totale sur ce qu’il devait exécuter tactiquement. De mon côté, j’étais vraiment en dessous de mes standards. Mes jambes n’étaient pas là. J’ai essayé, j’ai fait de mon mieux, mais j’ai fait trop de fautes directes. Je n’avais pas mon service non plus. Il a super bien joué. Le crédit lui revient. C’était lui le meilleur et il mérite sa victoire. C’est une défaite difficile, très difficile, mais c’est le sport. Je suis content pour lui, c’est un bon gars. Il le mérite.»

Le Serbe se retirait de Flushing Meadows sur une ultime note positive malgré sa détresse. «Quand on prend tout en compte, j’ai aussi de quoi être très satisfait de mon année. Trois majeurs, une finale… Je dis depuis quelques années que mon objectif, c’est de jouer mon meilleur tennis pendant les tournois du Grand Chelem. J’y arrive… En tennis on apprend très vite à passer au prochain match. J’ai d’autres challenges qui arrivent très vite. J’ai appris à surpasser cette douleur. Je vais essayer de tirer des leçons, apprendre, devenir plus fort.»

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