D’une visite chez l’avocat au meurtre: tout s’est joué en moins d’heure…

D’une visite chez l’avocat au meurtre: tout s’est joué en moins d’heure…

Les policiers ont expliqué la scène de crime qu’ils ont découvert dans l’habitation de la rue du Manège. ÉdA – 40844459411

Le juge d’instruction et les policiers sont revenus sur les différents éléments de l’enquête.

Le jour des faits, Camille Tonnoir s’était présenté au commissariat de police de Mouscron, à 14 h 55, pour annoncer qu’il avait planté un homme en plein cœur. Il avait les mains recouvertes de sang et il avait laissé l’arme du crime, un couteau de boucher ensanglanté d’une longueur d’une vingtaine de centimètres, sur le siège passager de sa camionnette stationnée devant l’hôtel de police. Il y avait aussi des clés et un courrier d’avocat.

Quand les policiers se sont rendus sur la scène de crime, dans une habitation sociale située le long de la rue du Manège à Mouscron, la porte d’entrée était verrouillée. L’auteur des faits était passé par une grille située à droite de la maison, donnant accès au jardin. Une fenêtre située à l’arrière de la maison était brisée. Un marteau avait été jeté dans la vitre de la porte vitrée. Blessé par les débris de verre, l’auteur est entré dans la maison, laissant des traces de sang derrière lui. Il est passé par le salon et la salle à manger, se rendant dans le hall d’entrée, où il a tué la victime qui venait de descendre de l’étage. Du sang et des débris de verre ont été retrouvés sous les semelles des bottines portées par l’auteur présumé des faits, ainsi que sur son pantalon.

Aucune trace de défense

Le corps de Daniel Frantzen gisait au bas de l’escalier, couché sur le sol, la tête appuyée contre le mur d’escalier. Ses vêtements avaient absorbé le sang qui s’écoulait des six plaies visibles sur le torse. Aucune trace de défense n’a été relevée sur le corps de la victime, frappée à sept reprises avec un couteau de boucher muni d’une lame d’une vingtaine de centimètres. Les coups ont touché les poumons et le cœur; certains ont brisé deux côtes, démontrant leur violence. La victime a d’abord perdu connaissance avant de décéder d’un choc hémorragique, combiné à un choc cardiogénique.

Interrogé par les policiers, après avoir refusé l’aide d’un avocat, le suspect a raconté aux policiers ses déboires financiers à la suite de sa rencontre avec la fille de la victime.

Auditionné par le juge d’instruction dans la foulée, Camille Tonnoir a donné des détails qui corroborent les constatations médico-légales, ce qui a surpris le juge d’instruction. «Il n’était pas dans un état second, c’était assez interpellant», a déclaré le juge d’instruction Véronique Laloux devant la cour.

Un crime prémédité

Pour le juge d’instruction, le meurtre était prémédité, ce qui n’est contesté par personne. Camille Tonnoir avait rendez-vous à 14 h chez son avocat. Il y est resté moins de cinq minutes. Il s’est ensuite rendu chez lui, mettant treize minutes pour rejoindre son domicile. Il a mis aussi, entre treize et quinze minutes pour se rendre chez la victime, puis cinq minutes pour rejoindre le commissariat. À 14 h 52, il a envoyé un SMS à sa compagne, pour lui annoncer qu’il allait en prison. Trois minutes plus tard, il était privé de liberté… et aujourd’hui, il encourt une peine de prison à perpétuité.


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