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ENSEIGNEMENT

Un étudiant sur 4 est jobiste: ce que coûtent réellement les études supérieures

Un étudiant sur 4 est jobiste: ce que coûtent réellement les études supérieures

Malgré un accès aux études moins onéreux que dans certains pays, la précarité étudiante reste un fléau de notre enseignement. Rido - stock.adobe.com

La Caisse d’allocations familiales de l’UCM (Camille) vient de dévoiler les résultats d’une enquête menée auprès de 2 500 familles. Un parent sur 8 déclare contracter un prêt afin de financer les études de son enfant.

Parmi les différents constats relevés, le coût des études supérieures demeure souvent un enjeu majeur de l’orientation et du choix des études.

Ainsi, sur les 2 500 familles interrogées, 12% déclarent avoir contracté un prêt afin de permettre à son enfant de suivre les études choisies.

Mais contrairement à ce que l’on va par exemple retrouver aux États-Unis, il n’existe pas chez nous une offre bancaire spécifique à cet effet.

Un enseignement qui reste accessible

«Ce type de produit n’est pas du tout généralisé chez nous, confirme Rodolphe de Pierpont (Febelfin). Cela vient du fait que le prix d’accès aux études en Belgique demeure assez accessible. Il y a quelques exceptions chez nous pour des formations très spécifiques. Mais, de façon générale, on peut se réjouir que l’enseignement en Belgique soit largement financé par les pouvoirs publics

Autrement dit, les étudiants qui souhaiteraient obtenir un crédit pour financer leurs études doivent se tourner vers d’autres solutions, comme le « prêt études » de la Fédération Wallonie-Bruxelles: une somme qui peut aller de 400 à 5 000 euros et nécessite diverses conditions d’octroi.

«Chaque banque va néanmoins pouvoir offrir des solutions de crédit standard, et certaines pourront aussi proposer des crédits accessibles peut-être plus facilement aux étudiants, reprend le porte-parole de Febelfin. Pour financer un voyage Erasmus, par exemple, via une carte de crédit. On se situe alors plus proche de la solution de paiement plutôt que de celle de crédit. Cette dernière existe donc, mais elle est soumise aux mêmes règles que n’importe quel crédit standard.»

Bourses et jobs

Et puis, comme l’épingle par ailleurs Rodolphe de Pierpont, de nombreux étudiants peuvent également solliciter une bourse, ce qui leur permet de réduire – voire de supprimer – les frais d’inscription.

Bien souvent, les étudiants s’investissent eux-mêmes dans la recherche de fonds afin de soutenir les frais engendrés par leur année d’étude: 38% des familles interrogées par Camille déclarent ainsi que leur enfant a trouvé un job d’étudiant afin de financer ses études.

Hélas, dans de nombreux cas, la dimension pécuniaire des études demeure un frein, voire un aspect impossible à assumer pour les parents et leurs enfants: 25% déclarent avoir dû choisir une autre école que celle ciblée au départ pour faire leurs études et 8% déclarent avoir été carrément contraints de changer d’orientation en raison des coûts.

Le bien-être, source de soucis

Parmi les autres tendances observées lors de l’enquête réalisée par Camille, trois parents sur 4 déclarent s’inquiéter pour l’avenir professionnel de leur enfant.

«C’est interpellant, mais à la fois rassurant, note Céline Maldague, de Camille. Cela montre que les parents se soucient du bien-être de leurs enfants et cela se traduit notamment par le fait que l’épanouissement de ceux-ci demeure le sujet numéro un des préoccupations

82 % des parents déclarent en effet se soucier de l’épanouissement de leurs enfants, tandis que 9% seulement aspirent à ce qu’ils gagnent beaucoup d’argent.

Ce que coûtent réellement les études supérieures en FWB

À l’université

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les droits d’inscription ordinaires – que l’on appelle communément le minerval annuel – ne peuvent dépasser pour une année universitaire la somme de 835€, ou 374€ pour les revenus modestes. Ce montant varie dans quelques cas précis: dans le cadre d’un allégement (13,92€ par crédit, ou 6,23€ par crédit pour les revenus modestes), pour une formation de type AESS ou CAPAES (montant de base de 279€), ainsi que pour le doctorat et la formation doctorante (32€ à partir de la deuxième année). Enfin, des montants différents peuvent également être appliqués pour certains masters de spécialisation.

À cela, s’ajoutent les frais pour du matériel didactique (manuels scolaires et autres), qui tournent, en moyenne, autour de 400 ou 500€.

En haute école

Les frais d’inscriptions dans les hautes écoles dépendent quant à eux du type d’études et de l’année concernée.

Pour les études de type court, le minerval annuel de base est de 175,01€; ce montant grimpe à 224,24€ pour une année diplômante. Pour les études de type long, le minerval annuel de base est de 350,03€; il est de 454,47€ s’il s’agit d’une année diplômante.

Les droits totaux d’inscription (minerval + frais afférents aux biens et services) ne peuvent toutefois pas dépasser les 836,96€, sauf dans le cadre des écoles supérieures des arts, ainsi que les sections «technique de l’image», «communication appliquée» et «presse et information» dans les hautes écoles.

Frais liés à la vie d’étudiant

Outre ceux-là, d’autres frais doivent encore être pris en compte dans le budget: le logement, les transports, les repas, les frais liés à la vie sociale, culturelle et sportive, etc.

Lorsque tous ces aspects ont été pris en compte, la plupart des estimations font alors état d’un budget avoisinant les 10 000€, tous frais compris, pour une année complète.

La précarité étudiante au cœur des enjeux de cette rentrée académique: à lire dans L’Avenir de ce lundi 13 septembre 2021, sur tablette, smartphone ou PC

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