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COUR D’ASSISES DU HAINAUT

Le Mouscronnois Camille Tonnoir face au jury de la cour d’assises après avoir tué son ex-beau-père

Camille Tonnoir doit répondre de l’assassinat de Daniel Frantzen, commis en décembre 2018 à Mouscron. Le procès débute ce lundi devant la cour d’assises du Hainaut.

«J’ai tué quelqu’un, je viens me dénoncer, je l’ai planté en plein cœur avec un couteau. Je veux aller en prison, j’ai tué un homme, je n’en pouvais plus. J’assume pleinement ce que j’ai fait et je vais vous dire la vérité…»

Le 11 décembre 2018, Camille Tonnoir s’est présenté au commissariat de police de Mouscron pour s’accuser du meurtre de Daniel Frantzen, son ex-beau-père. Près de trois ans plus tard, le Mouscronnois doit répondre de son acte devant la cour d’assises du Hainaut. Le procès débute ce lundi 13 septembre, à Mons.

En aveu, Camille Tonnoir, 51 ans et natif de Roubaix, a déjà apporté des explications face aux enquêteurs quant au contexte et aux circonstances qui l’ont amené à commettre l’irréparable en pénétrant dans l’habitation de la rue de Manège.

Il semble ainsi que le crime s’inscrit dans un contexte de vengeance à l’encontre de son ex-compagne, la fille de la victime. Malgré la séparation, l’accusé était poursuivi par un créancier de son ex-compagne. Il s’était en effet porté garant du commerce de vêtements tenu par cette dernière qui a été déclaré en faillite. Un prêt de 11 000 euros restait dû. Il assurait pourtant avoir remis de l’argent à son ex-compagne pour commencer à rembourser cet emprunt, mais dénonçait le fait qu’elle l’ait utilisé pour payer sa mère. «J’ai bien compris qu’elle se moquait de moi et qu’elle profitait tant de moi que de mon argent durement gagné», a expliqué Camille Tonnoir à la police. Je l’avais prévenue qu’il fallait arrêter de se moquer de moi, sinon j’allais faire des conneries.»

La veille des faits, l’accusé avait reçu un courrier d’un huissier lui signifiant la saisie de tous ses véhicules (camionnette, voiture, moto, remorque)… Et c’est quelques minutes après son rendez-vous chez son avocat qu’il devient «fou de rage» et qu’il «décide d’aller planter Daniel Frantzen.»

Pour faire mal à son ex-compagne

C’est en effet sur son ex-beau-père que l’homme exprime toute sa colère et sa violence. «Je ne m’en suis pas pris à mon ex-compagne parce qu’elle avait une petite fille… Mais, elle m’a tellement fait mal, en me traitant comme un chien, que je savais comment la toucher encore plus fort: en m’en prenant à ses parents! Elle me disait que ses parents étaient ses dieux. Le fait qu’ils m’aient roulé tous les trois en famille est la cause de tout ce que j’ai fait.»

Poignardé au thorax avec un couteau de 22 cm

Daniel Frantzen est décédé sur le coup. «Sans même discuter, sous le coup de la colère, je l’ai planté directement. Il s’est effondré.» Les constatations du médecin légiste font état de sept plaies pénétrantes au niveau du thorax ayant entraîné des lésions pulmonaires et cardiaques qui ont entraîné une importante hémorragie et un arrêt du cœur. Par la force de l’accusé, l’un des coups a transpercé de part en part la cavité thoracique avec une profondeur estimée à 18 cm. Un couteau ensanglanté de 22 cm de long et de 3 cm de large avait été retrouvé dans le véhicule de l’accusé.

Les experts rapportent que Camille Tonnoir ne présente pas de trouble de la personnalité ni de trouble mental. Ils notent néanmoins que «des colères intenses ou peu appropriées qui peuvent émerger, avec des difficultés à contrôler celles-ci.» L’accusé est décrit par son entourage comme «généreux et serviable», mais aussi comme «impulsif, colérique et virulent en paroles lors de ses colères. Il a également démontré à plusieurs reprises qu’il est capable de violences physiques.»

Le procès sera présidé par Adrien Vander Linden. Le substitut du procureur du roi, Alexandre Iwaszko, représentera l’accusation. L’accusé sera défendu par Me Jean-Philippe Rivière et Me Élise Marginet, alors que les parties civiles seront représentées par Me Bernard Dapsens et Me Guillaume Gossiaux.

Daniel Frantzen, un beau-père, victime collatérale d’un conflit conjugal

Daniel Frantzen est né à Mouscron le 24 mars 1951. Après avoir travaillé comme chauffeur-livreur, il a œuvré durant près de 35 ans dans une entreprise située à Estaimpuis, d’abord

Le Mouscronnois Camille Tonnoir face au jury de la cour d’assises après avoir tué son ex-beau-père
Daniel Frantzen avait 67 ans lorsque son ex-beau-fils lui a ôté la vie. -
comme magasinier et puis comme cariste.

Le défunt est décrit comme «une personne agréable et serviable qui faisait rayonner sa bonne humeur.» Il était connu pour être un homme «bon et respectueux, qui évitait les conflits et les problèmes». «Il était très proche et affectueux envers ses proches, notamment ses deux enfants et sa petite-fille. Il s’était investi comme bénévole dans différentes activités: steward pour le club de football de Mouscron ou au service de la Commune à l’occasion de diverses festivités, signaleur pour des courses cyclistes, dans une troupe de théâtre amateur.»


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