CORONAVIRUS

Si le Covid Safe Ticket est activé à Bruxelles, c’est promis, «ça sera temporaire»

Si le Covid Safe Ticket est activé à Bruxelles, c’est promis, «ça sera temporaire»

Le Covid Safe Ticket, les ministres bruxellois ne veulent en entendre parler que «si et seulement si» la situation épidémiologique ne s’améliore pas avec les dernières mesures mises en place. Photo News

Le Covid Safe Ticket à la bruxelloise est vu comme «un outil de gestion des risques». Sa mise en œuvre pour l’horeca, le fitness, la nuit ou les salons est possible, mais pas certaine. Tout dépendra de l’épidémie. Décryptage.

Un code-barres pour boire une Zinnebir? Ou pour suer sur tapis roulant? C’est une possibilité. Ce n’est pas encore une certitude. Ce qui est décidé ce 8 septembre, c’est que les Régions, et donc Bruxelles, pourront en principe dès le 1er octobre enclencher le Covid Safe Ticket si elles en ressentent le besoin. Ce qu’on comprend, c’est qu’à Bruxelles, ce sont les lits d’hôpitaux qui en décideront.

Faire barrage

«Le Covid Safe Ticket est un outil de gestion des risques», insiste-t-on tant au cabinet du ministre bruxellois de la Santé Alain Maron (Écolo) qu’à celui de la secrétaire d’État à la Transition économique Barbara Trachte (Écolo). Il s’agira donc d’ouvrir ou fermer les robinets dans les lieux d’affluence en fonction des courbes épidémiques et des taux vaccinaux. Un peu comme un barrage régule les eaux pour éviter les inondations. «On ne mettra le CST en place que si la situation sanitaire se détériore et si ce pass peut éviter les fermetures des secteurs concernés», précise le porte-parole d’Alain Maron. «On est bien conscient que la situation n’est pas bonne. Mais avant d’activer le pass, on attendra fin septembre pour voir si toutes les actions mises en place actuellement portent leurs fruits». Voilà pour la théorie.

 

 

Concrètement par contre, rien n’est encore décidé. Ni quant aux modalités d’instauration, ni quant au contrôle du respect des règles. Une seule chose est certaine: toutes les personnes fréquentant l’horeca, les salles de fitness, les boîtes, les salons et foires, y seront soumis dès 16 ans. L’accord de coopération conclu ce 7 septembre n’indique cependant aucune mesure concernant le personnel des filières concernées.

Un système à l’italienne est-il envisageable, comme le demande l’horeca ? «On ne ferme aucune porte», répond le porte-parole d’Alain Maron. «En tout cas, ça ne sera pas un pass sanitaire comme en France». Entendez que la limite d’âge à 16 ans, soit l’âge du choix vaccinal, distingue la solution bruxelloise du modèle hexagonal. Tout comme sa flexibilité en fonction des courbes de contamination.

Certains acteurs économiques se plaignent déjà d’un éventuel surcoût lié à la mise en place du CST. Il faudra du personnel, un équipement électronique. Une nouvelle prime de soutien est-elle dans les tuyaux? «Il n’y a pas encore de réponse. Mais tout se fera en concertation avec les secteurs concernés», promet-on chez Barbara Trachte.

 

 

Fuite des porte-monnaie?

C’est la crainte des bars et restos: la fuite potentielle des clients au-delà des frontières régionales. Les autorités reconnaissent le risque. Mais son effet pourrait être compensé par la fin des jauges covid. «Le CST, ce n’est pas la panacée», acquiesce le porte-parole de Barbara Trachte. «Mais aujourd’hui à Bruxelles, la fréquentation des bars et restaurants est limitée. Si on enclenche le pass, ces jauges disparaîtront. Les exploitants pourront servir autant de tables qu’ils le souhaitent. Ce n’est pas négligeable. ça pourrait résorber cette potentielle distorsion de concurrence».

 

On en discutera au Parlement bruxellois

Politiquement, il semble que la régionalisation du CST était une demande de la majorité bruxelloise dans son ensemble. «Personne n’a remis son intérêt en question», glisse-t-on. Le ministre-président Rudi Vervoort (PS) insiste: «Les chiffres ne sont pas bons. Nous devons donc avoir ce moyen à disposition».

Reste désormais au CST à parcourir son chemin législatif. Il ne s’agit plus d’un arrêté ministériel pris dans l’urgence. Après validation ce 8 septembre par un Codeco électronique et détour au Conseil d’État, le texte sera donc traduit en ordonnances et «démocratiquement» discuté au Parlement bruxellois. On promet d’essayer de faire vite.

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La date de l’application au 1er octobre n’est cependant pas gravée dans le marbre. Quant à sa fin, l’accord entre fédéral et régions court jusqu’au 31 octobre. Mais là non plus, rien n’est certain. Ce qui est sûr, c’est que la mesure est «temporaire». Les secteurs concernés ne l’espèrent pas aussi long que les confinements.

 



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