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SOCIÉTÉ

Boudé, le secteur de la construction se rend plus sexy

Boudé, le secteur de la construction se rend plus sexy

Derrière le maçon se cachent bien d’autres métiers qui font notamment appel aux nouvelles technologies et à l’innovation, fait valoir le secteur désireux de dépoussiérer son image. Nick Hannes

En manque de bras, le secteur de la construction s’associe avec celui de la formation en alternance pour se rendre plus attractif.

C’est une alliance pour régler l’urgence qui a été annoncée hier par la Confédération de la Construction Wallonne (CCW) et l’Institut wallon de Formation en Alternance et des indépendants et Petites et Moyennes Entreprises (IFAPME). L’urgence de trouver de la main-d’œuvre qualifiée dans la construction qui en manque cruellement.

Alors que le secteur recrute en moyenne 5 000 personnes chaque année, il reste un trou de 7 000 emplois en pénurie.

«Et ce chiffre pourrait doubler et même tripler si les plans wallons de relance se concrétisent. Oui, il y a vraiment urgence», martèle Francis Carnoy, le directeur général de la CCW.

«Et si on ajoute la reprise économique post-Covid et l’urgence de reconstruction après les inondations de juillet, il y a même une dimension cruciale», ajoute Simon Bullman, le président de l’IFAPME.

Parmi les métiers en pénurie, 30% des fonctions considérées comme critiques sont d’ailleurs dans la construction. Un constat qui date d’avant les inondations.

Six mesures pour attirer des apprenants

S’associer avec l’IFAPME tombait sous le sens pour la CCW, dans la mesure où l’institut de formation peut se targuer d’avoir un fort taux d’insertion professionnel. Ce sont 85% des apprenants (des jeunes apprentis dès 15 ans) et plus de 94% des stagiaires (des adultes) qui trouvent un emploi stable à l’issue de leur formation.

Malgré cela, le secteur manque encore d’attractivité. Et même si 30% des apprenants à l’IFAPME sont inscrits dans des filières de formation liées à la construction (plus de 40), cela reste insuffisant pour répondre à la demande du marché de l’emploi.

IFAPME et CCW propose donc six mesures (voir ci-dessous) pour attirer dans les secteurs plus de candidats. Mais aussi de candidates puisqu’il n’y a seulement que 46 femmes stagiaires et jeunes apprenties sur les 3 274 apprenants inscrits en 2020-2021…

L’IFAPME et la CCW – qui a déjà débuté une campagne de promotion sur les réseaux sociaux – vont aussi s’atteler à dépoussiérer l’image véhiculée par les métiers de la construction et qui rebutent encore les jeunes.

«Pourtant, la construction ce sont des métiers innovants et plein de sens, qui permettent de s’engager dans la reconstruction de la Wallonie, dans la lutte contre le réchauffement climatique et la diminution des émissions de CO2», indique Francis Carnoy.

Avec, ce qui ne gâche rien, des emplois stables et «bien payés». Selon une étude du fonds social paritaire de la construction, le secteur est celui qui paie le mieux après celui de la chimie.

En moyenne, un ouvrier qualifié avec 15 ans d’ancienneté est rémunéré entre 30 000 et 35 000 euros bruts par an.

 

 

Six mesures pour rendre la construction plus attractive

 

Dans les prochaines semaines, l’IFAPME et la CCW vont mettre en place six mesures destinées à attirer plus de candidats dans les filières d’apprentissage des métiers de la construction.

Apprentissage gratuit. Les frais de scolarités des apprentis seront pris en charge par l’IFAPME. Le minerval pour les formations de stagiaires adultes (250 à 300 euros par an) sera remboursé.

Prime. Le secteur de la construction s’engage à augmenter de 100 euros par mois la rétribution mensuelle des apprenants en formation en alternance. Cette rétribution est actuellement de minimum 276 euros pour les apprentis en 1re année et 785 euros pour les stagiaires adultes. «Nous veillerons aussi à ce que cette mesure soit neutre en termes de droit aux allocations familiales », assure Francis Carnoy, le directeur général de la CCW.

Formations modulaires. Actuellement, les apprenants sont diplômés au terme de leur formation de 3 ans. Désormais un diplôme sera octroyé pour certaines compétences au terme de chaque année. Avec une certification globale à la fin.

Coaching renforcé. L’IFAPME va renforcer l’accompagnement des apprenants qui s’engagent dans la dynamique du Plan de reconstruction de la Wallonie par le biais d’un contrat en alternance ou d’une convention de stage. Il s’agit d’identifier au plus tôt les éventuels problèmes qui risqueraient de mener au décrochage.

Sensibilisation. Le 22 septembre, tous les centres IFAPME organiseront une journée destinée à faire découvrir la variété des métiers de la construction.

Speedjobing. Le 14 octobre à partir de 17 heures, dans les centres IFAPME, un speedjobing sera organisé pour permettre à un maximum d’apprenants et de professionnels de la construction de se rencontrer dans la perspective d’une embauche.

Plus d’infos sur www.jeconstruismonavenir.be

 

 

 

Le Forem s’y met aussi

 

Le Forem va organiser 8 Super-Jobdays à destination du secteur de la construction dans ce contexte de pénurie de main-d’œuvre. Au cours des 8 premiers mois de 2021, rien qu’au Forem, ce sont 22 987 opportunités d’emploi qui ont été reçues pour la construction, soit une augmentation de 26,5% par rapport aux mêmes mois de 2020. Avec ce top 5 des plus demandés: ouvrier des travaux publics (1 993 emplois), électricien du bâtiment et des travaux publics (1 492), ouvrier de la maçonnerie (1 248), chef de chantier (1 129), réalisateur d’ouvrages en bois et matériaux associés (852).

les 2 premiers Super-Jobdays auront lieu à Liège et à Verviers ces 12 et 13 octobre.

 

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