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TOURNAI

L’abri retrouvé au parc Crombez à Tournai

Les Tournaisiens d’un certain âge s’en souviennent sans doute. L’abri enterré du parc Crombez avait disparu dans le réaménagement du site après la tornade. Il réapparaît.

L’installation de la base de chantier d’Eurovia au parc Crombez, en vue des travaux de la rue Royale, a ramené au jour (un peu du moins) l’abri antiaérien construit lors de la seconde guerre.

Cet abri qui pouvait accueillir une cinquantaine de personnes, le temps d’une alerte, a longtemps fait partie du paysage des abords de la gare. Il en a disparu, emporté, non pas par la tornade de 1999, mais par le réagencement du parc qui a suivi.

L’Agence wallonne du Patrimoine a été avisée de cette re-découverte. Il est trop tôt pour dire si la Ville voudra ou non valoriser l’abri. Certes le devoir de mémoire est davantage prégnant aujourd’hui que voici quelques décennies, mais, sans parler des moyens financiers nécessaires, la sécurité est un autre souci à prendre en considération.

Ci-dessus quelques photos «avant», «après», «aujourd’hui».

Sur la première, au fond, on reconnaît la gare dans sa configuration d’avant-guerre. A l’avant, le monument à Bara, érigé en 1903. Juste derrière, sur la gauche, un petit parterre.

Sur la deuxième, une carte postale noir et blanc colorisée, figure la gare reconstruite après guerre, et à la place du petit parterre, on distingue l’entrée de l’abri et le massif végétal qui le couvrait.

Ensuite une photo (non datée) de l’intérieur de l’abri, manifestement dégradé (le vandalisme ne date pas d’hier).

Puis une photo du site de l’abri après que les ouvriers qui avaient ouvert une trappe y donnant accès par une échelle ont resécurisé l’entrée.

Enfin, une photo-souvenir… et une autre photo de l’intérieur

L’abri de la place Crombez, est-il le dernier «intact»?

L’abri retrouvé au parc Crombez à Tournai
L’escalier d’entrée est à deux volées à angle droit. Sage précaution. ÉdA
C’est lors de la séance du 8 mars 1943 du collège échevinal, groupant le bourgmestre Casterman et les échevins Glorieux, De Rick et Platteau qu’est actée la décision «prise pour satisfaire aux prescriptions de l’Autorité Supérieure de construire deux types d’abris, impliquant le remaniement des projets antérieurs».

En maçonnerie ou en béton coulé

1. Est envisagée la construction d’abris en maçonnerie, l’un de «type 1» de 6 mètres de long pour 50 personnes, l’autre de «type II» long de 13 m pour cent personnes. Coûts respectifs: 69 000 et 93 000 francs.

2. Seront construits des abris (également de 6 ou 13 m, et parfois doublés) en béton coulé «établis aux endroits les plus judicieux». À savoir: cour de l’hôtel de ville, square de la Justice, boulevard des Combattants face aux écoles, avenue Delmée, place Astrid, rue des Moulins (école industrielle), place de la Madeleine, jardin de la gare, quartier Morelle, face au monument des Vendéens, place Gabrielle Petit.

Le tout pour une dépense de 984 000 F prélevée du crédit mis à la disposition de la Ville par les Services ministériels.

Tous construits?

Furent-ils tous construits? Des recherches plus approfondies seraient nécessaires pour le savoir.

Par contre la Ville avait anticipé puisqu’en 1941, 850 000 F sont dépensés pour des abris prévus au programme communal. Sans jamais que le site soit cité, on relève dans le rapport de 1943 des «travaux de maçonnerie de tranchée-abri pour 1.063. 725 F et un abri au square de la Reine (9 500 F).

En 2019, lors de travaux au boulevard Lalaing, les engins ont rencontré une structure s’apparentant à un abri de guerre. Très (trop) vite refermé.

Certitude: celui du parc Crombez n’est pas en béton coulé et doit être de 42 ou début 43. Il est «intact» mais quid de l’avenir?

E.B. et G.E.

Voici peu nous avions consacré un article à un autre abri, mais privé celui-là puisque construit pour un officier supérieur de la Wehrmacht.


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