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HUY

Inondations: Sylvie, sinistrée à Hamoir et relogée à Wanze par MCL

Sylvie vivait à Hamoir. A la mi-juillet, la vie de cette maman de quatre enfants a basculé. Les inondations ont ravagé sa maison. La Hamoirienne a retrouvé un logement social à Wanze, grâce à Meuse Condroz Logement.

Elle a du mal à contenir ses larmes. Tant cet été l’a marquée… Sylvie, maman de quatre enfants, a tout perdu dans les inondations de la mi-juillet. «J’habitais au bord de l’Ourthe, au quai du Baty à Hamoir, raconte-t-elle. J’ai tout perdu. Tous les meubles, ma voiture.» Sa maison, envahie par les eaux, n’est plus habitable. Humidité, champignons, mazout déversé… La petite famille ne pouvait plus y vivre. Comme elle travaille à la Ville de Huy, Sylvie s’est tournée vers son employeur. Meuse Condroz Logement, la société de logement de service public installé à Huy, lui a proposé une maison à louer à Wanze. «MCL m’a trouvé une belle petite maison plus proche de mon lieu de travail. Mes enfants ont changé d’école, c’est une nouvelle vie pour nous.» Difficile pour elle de revivre cet été où elle a vu cette maison, dont elle est propriétaire depuis huit ans, saccagée par les flots. «C’est difficile d’y retourner… Depuis le temps que j’y habite, c’est la première fois que je vois l’eau monter si haut.»

Sylvie n’envisage plus de retourner vivre à Hamoir. Elle a tourné la page. «Je suis plus proche de mon travail et mes enfants ont l’air de bien assimiler la chose. Je vais revendre ma maison…» Si elle a trouvé cette habitation de trois chambres à Wanze, c’est donc via Meuse Condroz Logement. MCL avait mis la maison en vente, la société a stoppé la procédure et l’a proposée en location, pour une année, à Sylvie. Plusieurs appartements et maisons de MCL sont désormais occupés par des familles, ou des personnes seules, sinistrées des inondations. Sur Huy, Amay, Villers-le-Bouillet, Engis et Wanze. Les sinistrés viennent d’Esneux, de Trooz, de Tilff, de Chênée, de Hamoir et de Wanze. «On a relogé neuf ménages», explique Michel Delhalle, directeur de MCL. Sur ces neuf ménages, une seule personne occupait déjà un logement social. MCL a pu proposer ses logements à tous les sinistrés, locataires d’un logement social ou pas, aux propriétaires aussi. Ils sont devenus prioritaires. «On a réservé tous nos logements disponibles pour les sinistrés» et ce, pour une année. Si neuf logements accueillent désormais des sinistrés, il en reste encore neuf qui pourraient en héberger d’autres. Des logements moyens, plus chers donc; mais, le loyer demandé ne dépassera pas 20% des ressources du ménage.

Ils ne veulent plus leur ancien quartier

«C’est une situation assez exceptionnelle, c’est la première fois qu’il y a une telle situation de crise chez les communes voisines», reconnaît Michel Delhalle. Comment ces logements ont-ils trouvé preneurs? Via les dossiers ouverts dans les différents CPAS des communes sinistrées. «Leurs travailleurs sociaux ont téléphoné dans les sociétés de logement pour voir les disponibilités», explique Valérie Gilsoul, assistante sociale chez MCL. Meuse Condroz Logement proposait un logement lorsqu’il répondait aux besoins. «Oui, certaines personnes sinistrées ont refusé ce qu’on leur proposait car c’était trop loin.» Certaines ne voulaient pas quitter leur quartier, leur vie construite ailleurs.

N’empêche, quasi tous les ménages relogés par MCL ne veulent aujourd’hui plus retourner à leur ancienne vie. Trop peur d’être à nouveau victimes d’inondations. Si leur contrat de location ne court que sur une année, le directeur de MCL prie pour qu’on ne les déménage pas dans un an. «J’espère qu’il y aura une certaine latitude de la Société wallonne du logement pour ne plus les déménager. C’est en tout cas mon vœu le plus cher.»

40.000 bâtiments ont été impactés par les inondations

Les inondations de la mi-juillet? Une catastrophe d’une ampleur phénoménale. 209 communes wallonnes ont été touchées. Certaines légèrement, d’autres (comme Trooz, Pepinster, Verviers) beaucoup plus. Elles sont neuf à être défigurées aujourd’hui… «Il est très difficile de quantifier les bâtiments touchés», explique le Hutois Christophe Collignon, ministre wallon du Logement et des Pouvoirs locaux. Ils seraient 40.000 à avoir ainsi été impactés par les inondations. Et cela va de ceux qui ont été détruits ou qu’il faudra détruire à ceux qui ont eu de l’eau dans les caves. Dans les 36 communes les plus touchées, 24.000 bâtiments ont pris l’eau. 3600 sont inhabitables. Et les personnes sinistrées? «On ne sait toujours pas le nombre de gens à reloger», poursuit Christophe Collignon. Car certains veulent rester chez eux, vivent dans de mauvaises conditions actuellement et, à l’entame de l’hiver, risquent de demander de l’aide.

Le gouvernement wallon a mobilisé tous les acteurs de terrain, toutes les sociétés de logement en leur demandant de donner priorité aux sinistrés. «Ces personnes deviennent prioritaires pour un logement social, c’est un statut d’un an pour gérer l’urgence.» Actuellement, en Wallonie, 290 ménages ont été relogés (232 occupaient déjà un logement public). «On a utilisé tout ce qui était disponible comme logement», note le ministre wallon. La Wallonie a ainsi dégagé 40 millions et a demandé aux sociétés de logement public de sonder le marché immobilier, d’acheter les appartements disponibles pour reloger les gens. Elle a aussi mobilisé les gîtes et les Airbnb (avec prime de 1000€ pour les propriétaires pour qu’ils louent moins cher). La Régie des bâtiments a mis des logements à disposition (un policier inondé, de Trooz, a ainsi trouvé un logement à l’ancienne gendarmerie de Huy). Enfin, les AIS (les Agences immobilières sociales) ont proposé aux propriétaires de biens de les mettre à la disposition des sinistrés (avec, en contrepartie, un précompte réduit et des subsides pour faire des travaux). «On a essayé d’utiliser tout ce qui était disponible», explique Christophe Collignon. Avec aussi l’instauration d’une allocation loyer, une commande de logements modulaires – des habitats légers ou des conteneurs – (et la Commune d’Esneux est intéressée). Certaines de ces mesures seront conservées (comme le modulaire) pour répondre à la crise du logement. Enfin, la Wallonie a lancé une plateforme solidaire pour centraliser les offres et les demandes spécifiques en termes de logement (www.entraide.logement.wallonie.be).


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