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INTERVIEW | Fabrice Collignon: «Il y a 30 ans, nous étions une bande de potes»

INTERVIEW | Fabrice Collignon: «Il y a 30 ans, nous étions une bande de potes»

En 1991, Fabrice Collignon a écouté le lancement de Bel RTL depuis sa voiture. Olivier Pirard

Bel RTL fête ses 30 ans ce jeudi. Fabrice Collignon fait partie des pionniers présents le 2 septembre 1991.

Si vous êtes un auditeur fidèle de Bel RTL, vous n’avez sans doute pas pu passer à côté: la radio fête aujourd’hui ses 30 ans. C’est en effet le 2 septembre 1991 à 5 h du matin que Pierre Joy prenait l’antenne pour la première fois. Parmi les rares pionniers encore présents depuis le début, on retrouve Fabrice Collignon, animateur des petits matins pendant 25 ans, jusqu’à l’année dernière. Depuis, il a trouvé un autre rythme l’après-midi (lire par ailleurs). On revient avec lui sur la genèse de Bel RTL et ses souvenirs.

Fabrice, vous avez fait ce lundi votre 31e rentrée à Bel RTL, qui fête officiellement ce jeudi son 30e anniversaire…

Oui, et normalement, on aurait dû les fêter début août, car à l’époque nous avions signé notre CDi avec six mois d’essai en plein milieu des vacances. Pendant un mois, on a travaillé au transfert du matériel de l’ex-RFM, mis sur pied la nouvelle infrastructure aussi bien au niveau technique qu’au niveau de la rédaction… À ce moment-là, je terminais mon service militaire. Et je n’ai pas tout de suite commencé comme animateur: j’étais l’assistant d’Alain Simons, qui était la star des audiences à l’époque.

Quel souvenir avez-vous de ce 2 septembre 1991?

C’est à la fois le jour d’un accomplissement, mais en même temps celui d’un regret. Comme je voulais assister à la naissance de Bel RTL, je suis venu à 5 h du matin afin de me retrouver derrière Pierre Joy. Et là, je vois tous les responsables de la chaîne arriver, le Premier ministre, M. Spitaels… Et je n’ai pas osé y aller. Je suis resté dans ma voiture et j’ai écouté le lancement sur l’autoradio. Et à 7 h du matin, quand le réalisateur du Tirlipote avec qui j’avais rendez-vous est arrivé, j’ai fait semblant de rien (rires).

À partir de 1995, vous avez commencé animer les petits matins…

Oui. C’était normalement un remplacement de quelques semaines après le départ de Pierre Joy, à la demande d’Eddy De Wilde. Et le remplacement de quinze jours a duré 25 ans! Si je n’avais pas eu ces petits soucis de santé – un peu d’hypertension – j’aurais sans doute encore continué. Mais il ne faut pas faire l’année de trop.

Cela ne vous manque pas trop?

L’ambiance et l’adrénaline du matin me manquent. C’est un moment où l’on est quasi face à face avec les auditeurs, dans leur voiture, leur salle de bains… Et je dis bien auditeur. En journée, on a plutôt affaire à des «entendeurs». La radio est plus un bruit de fonds.

Par contre, c’est plus confortable au niveau des horaires…

C’est clair que c’est complètement différent. Je peux regarder un film le soir, conduire mon fils à l’école…

Vous avez découvert des émissions que vous ne connaissiez pas à la télé…

(rires) J’ai découvert Netflix. Et je me suis déjà surpris à regarder de vieux Columbo après 22 h. Avant, j’allais me coucher à 20 h 30 et ma femme avait la télé pour elle toute seule en bas. Et maintenant, c’est elle qui monte regarder la télé en haut et me laisse celle du bas.

Vous êtes réputé pour être un grand consciencieux. Un reste de votre formation en école hôtelière…

Exactement. J’essaye de tout prévoir, même l’imprévisible. Je veux un minimum de surprise.

Vous vouliez être cuisinier?

Non, j’adorais la salle. Mon envie était de travailler dans de grands restaurants, comme chef de rang. Et puis j’ai découvert la radio en 1983 pendant mes études. Mon père m’a dit que je ne gagnerais jamais ma vie avec ça. Je crois que c’est la seule fois où il s’est trompé (rires). Quand je suis devenu animateur en 1994, ma maman était très fière. Elle l’a dit à toute la rue…

En 30 ans, Bel RTL a beaucoup évolué.

Il y a 30 ans, nous étions une bande de potes. Nous n’étions pas nombreux et on pouvait travailler sur trois émissions en même temps. Cela s’est professionnalisé, les moyens techniques ont changé…

Un moment à ressortir?

Il y en a tellement! Il y en a eu des difficiles, comme le lendemain de la découverte des corps de Julie et Mélissa. Je ne savais pas comment poser ma voix… Sinon, je cite aussi souvent le 12 septembre 2001, au lendemain des attentats du World Trade Center. C’était évidemment une grande tragédie, mais en tant que réalisateur, c’est l’un de mes meilleurs moments professionnels au niveau de l’adrénaline.

Vous avez cru dès le début à cette nouvelle radio et au fait que vous alliez devenir n°1 quelques mois plus tard?

On ne nous a pas mis de pression à l’époque. Et puis le gros avantage à l’époque, c’est qu’il n’y avait pas en face la force de frappe de VivaCité. On est arrivés avec des gens de talent et la sauce a tout de suite pris.

Vous avez un souhait à faire pour les 30 ans de Bel RTL?

La pension à 62 ans (rires). Non, plus sérieusement, je souhaite vraiment de continuer à avancer. Je trouve que l’on a retrouvé un dynamisme et une équipe chaleureuse, avec des gens qui croient au projet RTL. On retrouve des jeunes pour qui c’est un honneur et une fierté de travailler pour Bel RTL.

 

Il anime une nouvelle émission: Bel RTL Chez Vous

Après avoir animé pendant un an Café Gourmand sur Bel RTL, Fabrice Collignon est de retour cette rentrée avec Bel RTL Chez Vous, de 14 h à 15 h 30.

«Café Gourmand, c’était plutôt une saison de transition. Le but de cette nouvelle émission est de visiter tous les jours une commune de Bruxelles ou de Wallonie pour faire rayonner le patrimoine, le folklore, le tourisme, la gastronomie… Et on fait le pari de rencontrer chaque fois le ou la bourgmestre. Il y a aussi Léon le Bouchon qui est avec moi sur le terrain, au contact des citoyens. Lundi, à Dison, il a rencontré un collectionneur de coqs. Il en avait 17 000! Je ne voudrais pas faire les poussières chez lui! (rires). Enfin, à 15 h, il y a un journal avec 4 minutes d’infos régionales.»

Fabrice Collignon ne s’en cache pas, il aime le folklore local. «La semaine prochaine, je vais visiter la commune de Chapelle-lez-Herlaimont, où j’ai passé la moitié de mon existence et où je connais tout le monde. Je suis d’ailleurs dans le grand conseil de l’ordre des Tchats, qui évolue en parallèle du carnaval du Lætare. Et au Rœulx, où j’habite, mon fils est dans une société de gilles, Les paysans, à laquelle je participe aussi.»

 

 

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