JEUX PARALYMPIQUES

Jeux paralympiques : les 24 heures de folie des athlètes belges

Malgré une préparation compliquée, Maxime Hordies a décroché la médaille de bronze lors du contre-la-montre.BELGA

Entre lundi soir et mardi soir, les représentants de la Paralympic Team Belgium ont décroché une médaille d’or, deux d’argent et quatre de bronze.

Habitué à donner un coup de fil aux médaillés paralympiques, le Roi Philippe a dû faire installer en urgence une ligne directe entre son palais et Tokyo de lundi soir à mardi soir. En effet, en l’espace de 24 heures, la délégation belge a récolté la bagatelle de sept médailles. Une razzia exceptionnelle réalisée par nos athlètes qui ont répondu aux attentes placées en haut. Certains favoris dans leur discipline ont répondu présent et d’autres ont créé la surprise. Retour sur un enchaînement de folie.

Manon Claeys

Bronze (dressage, freestyle)

«Je ne m’attendais pas à cela»

Parfois la pièce tombe du mauvais côté, parfois elle tombe du bon. Et pour Manon Claeys c’est la deuxième option qui s’est produite lors du freestyle en dressage (grade 4). Alors qu’elle avait terminé son concours et qu’elle était persuadée de terminer quatrième car il restait un bon concurrent derrière, la cavalière de 35 ans a été surprise de se voir classée troisième à la fin de l’épreuve: «J’étais convaincue que je serais quatrième. Je ne m’attendais absolument pas à ça. Je suis sans voix et cela n’arrive pas souvent. Je suis généralement bavarde. Il se peut aussi qu’il y ait eu des erreurs dans l’exercice du dernier concurrent. Mon cheval était aussi un peu fatigué, mais cela peut arriver à d’autres aussi. C’est fou que j’obtienne deux médailles à mes premiers Jeux paralympiques. Je vais continuer à travailler dur pour Paris. D’ici là, j’aurai un problème de luxe car j’aurai alors trois chevaux. On ne sait jamais, ce sont des animaux. Ils peuvent aussi se blesser et ainsi j’ai un joker dans ma manche.»

Michèle George

Or (dressage, freestyle)

«Je suis fière pour la Belgique»

Déjà médaillée d’or dans le concours individuel, Michèle George laisse parler une fois de plus tout son talent et prouve que l’osmose avec sa jument, Best of 8, est parfaite. Déjà revue de Londres et Rio avec de l’or autour du cou, elle montait alors Rainman, la citoyenne de Waregem affiliée à la Ligue francophone, décroche un magnifique triplé qui ne la laisse pas de marbre: «Je suis très fière pour la Belgique où l’on fait beaucoup pour moi. J’ai une équipe fantastique. Remporter ces deux médailles, c’est la seule chose que je pouvais rendre à la Belgique. J’espère encore être une figure de proue du sport paralympique pour les années à venir. Les Jeux paralympiques deviennent de plus en plus professionnels. Nous avons besoin de visibilité et je suis contente de voir de plus en plus de journalistes. J’espère encore voir le sport paralympique continuer à grandir.»

Ewoud Vromant

Argent (cyclisme)

«Deux ans de travail»

Disqualifié la semaine dernière lors de la poursuite individuelle sur 3 km dans les épreuves de cyclisme sur piste, l’ours de Herzele a remporté l’argent lors du contre-la-montre sur route. Couché dans l’herbe qui jouxtait le Fuji international speedway en attendant le passage du dernier concurrent, Ewoud a pu laisser exprimer toute sa joie et sa rage quand le tableau d’affichage a confirmé sa médaille d’argent. «Cela a été une semaine très émotionnelle et frustrante, avec un sentiment d’impuissance mais je me suis rapidement reconcentré sur ce contre-la-montre. Je savais que cela allait être compliqué car c’est un parcours difficile et vallonné. Je pèse 82 kgs pour 1m92 et il y avait plusieurs anciens champions du monde au départ. Je n’ai jamais eu autant d’ardeur au départ d’un contre-la-montre.» Une épreuve où sa chaîne a sauté à deux reprises: «Je suis resté calme. J’aurais préféré l’or dans la poursuite mais cette médaille d’argent est fantastique. J’ai tout donné ces deux dernières années dans ce but.»

Peter Genyn

Argent (Athlétisme)

«Je suis déçu»

Alors que Maxime Hordies s’élançait sur le circuit de Fuji, tous les Belges présents à deux heures de route de Tokyo avaient un oeil sur leur téléphone ou sur un écran du site pour suivre l’athlétisme et le 200 mètres (T51) où s’alignaient Roger Habsch et Peter Genyn. Tous les deux battus par le Finlandaise Toni Piispanen recordman du monde de la discipline. Ce qui ne faisait pas sourire l’Anversois: «Je suis déçu parce que j’étais venu pour l’or. Je savais que ce serait très serré entre Toni, Roger et moi, et que la victoire reviendrait à celui qui connaîtrait le meilleur jour. J’aurais dû être plus rapide, j’ai fait une erreur et ma vitesse de pointe n’était pas assez grande. Je dois digérer cela, recharger mes batteries et essayer de prendre ma revanche vendredi sur 100 mètres.»

Roger Habsch

Bronze (Athlétisme)

«Cette médaille est importante»

Après un bon départ, le Liégeois qui participe à ses premiers Jeux paralympiques, a dû se battre à de trop nombreuses reprises avec sa direction pour espérer mieux que sa médaille de bronze. Une belle récompense pour l’investissement réalisé depuis plusieurs mois. «Je suis satisfait», expliquait l’athlète de 42 ans venu à Tokyo pour décrocher l’or sur 100 ou 200 mètres. «La préparation n’a pas été superbe, car nous n’avons pas pu nous entraîner sur la piste avant la compétition. Ce qui me permet d’habitude d’effectuer mes réglages. Mais je ne me suis pas mal débrouillé. Cela aurait certainement pu être mieux, mais j’ai obtenu une médaille de bronze. C’est la chose la plus importante à mes yeux pour l’instant.» Avant de penser au 100 mètres de vendredi: «Je vais rester calme maintenant et me concentrer sur cette course. Je ne veux pas trop en dire à l’avance sur mes chances dans cette discipline, mais j’ai une idée en tête.»

Maxime Hordies

Bronze (cyclisme)

«Je suis fier de moi»

Après la perte de son vélo une semaine avant son départ pour Tokyo dans un accident de la circulation et une nuit agitée où il a été malade avant sa course, Maxime Hordies a décroché le bronze lors du contre-la-montre (H1). Une fois la ligne franchie et la pression évacuée, le handbiker laissa couler une larme ou deux au moment d’évoquer sa performance: «Je suis content, j’ai tout donné. Je n’avais pas les bras que je voulais. Mais il ne faut pas regretter, il faut profiter. Je suis fier de moi. C’est une récompense par rapport à mes sacrifices. J’ai hâte d’en profiter avec ma famille et je remercie toutes les personnes qui m’aident qui me soutiennent. J’ai une grosse pensée, je sais qu’ils se sont levés tôt pour me supporter. Le must cela aurait été qu’ils soient tous ici. Je le dis souvent, on ne gagne pas seul.»

Tim Celen

Bronze (cyclisme)

«C’est incroyable»

Torse nu, installé juste à côté de la piste, Tim Celen (tricycle) avec un membre du staff belge regarde sur l’application des Jeux les temps des derniers concurrents du contre-la-montre et le classement qui s’actualise au fur et à mesure. Une fois sa médaille de bronze validée, le citoyen de Ham a sauté dans les bras de son voisin. Sixième après le premier tour, il a réussi l’exploit de remonter de trois places lors de la deuxième boucle. «C’est incroyable. Normalement, je comptais principalement sur la course sur route de jeudi pour viser une médaille, mais le fait que j’ai ici tous les coureurs de la classe T2 (NDLR: Tim a participé à un événement factorisé où les résultats de T1 sont corrigés d’un facteur, les deux premiers étaient des coureurs T1) derrière moi et gagner le bronze, c’est super!»

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