MÉDIAS

Rentrée sur fond de grogne statutaire à la RTBF

Rentrée sur fond de grogne statutaire à la RTBF

- Belga

Le personnel de la RTBF sera en grève ce mardi. En cause, un abandon de toute nomination depuis 25 ans et ses conséquences sur les pensions.

Alors qu’elle s’apprête à présenter ses programmes de rentrée ce mardi en fin d’après-midi, la direction de la RTBF doit faire face à un mouvement de grève des organisations syndicales qui demandent une remise au statut de son personnel contractuel.

«Jusqu’à nouvel ordre, la RTBF est encore une entreprise de service public, souligne Bernard Gabus, président CGSP-IRW-RTBF. Or, depuis 1997, malgré ce qu’indique son règlement, la RTBF ne recrute plus son personnel au statut mais bien de façon contractuelle.»

Les pensions, point de tensions

Évidemment, un fonctionnaire public et un employé contractuel ne prétendent pas à la même pension et c’est ce point particulier qui fait grincer les dents. «Financer les pensions publiques, ça coûte cher, poursuit Bernard Gabus. Pour cela, il faut cotiser auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles dont la RTBF dépend. Et moins il y a de personnes nommées à la FWB, plus les cotisations coûtent cher.»

Les organisations syndicales ont déposé en septembre 2018 un scénario de remise au statut finançable en deux phases: tout d’abord, en nommant, en une première année, 280 contractuels les plus anciens, ceux engagés entre 1995 et 2010; ensuite, en reprenant un cycle de nominations annuel au rythme des départs en pension. Un plan jusqu’ici refusé. La ministre des Pensions, Karine Lalieux doit remettre dans les prochains jours, son plan de réforme des pensions, vivement attendu du côté de la RTBF.

Mais, outre le régime de pension différent, ce déni de statut a d’autres conséquences pour les employés de la RTBF. «En cas de maladie, un statutaire bénéficie d’un salaire garanti plutôt que d’un passage sur la mutuelle. Lorsqu’il a un problème avec sa hiérarchie, les conditions de licenciement d’un statutaire sont également très différentes. Et enfin, les conditions de recrutement statutaires sont beaucoup plus transparentes car basées sur concours.»

Ce que craignent avant tout les syndicats, c’est une extinction du statut. «Il suffit de voir la situation catastrophique de la VRT, passée en société anonyme en 1997 et dont les salariés paient aujourd’hui le prix cher.»

Demain, un programme minimum élargi sera assuré à la RTBF, permettant ainsi aux Jeux paralympiques de conserver du temps d’antenne.

Nos dernières videos