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PROFONDEVILLE

PHOTOS & VIDÉO| 250 musiciens reprennent Springsteen, en espérant que le «Boss» voie le clip…

Une prestation champêtre organisée par trois écoles de musique de la province de Namur. Au milieu des champs, à Lustin.Vincent Rocher

«Waitin’on a sunny day»: un titre de Bruce Springsteen interprété par 250 chanteurs et musiciens… dans une prairie. En espérant que le «Boss» voie le «clip» sur le web, et débarque à Lustin. Sacrée ambiance!

Quelques gouttes à certains moments, mais finalement suffisamment de temps sec ce samedi après-midi, dans une prairie de Lustin. En demi-cercle, des chanteurs, violonistes, guitaristes, batteurs ou encore saxophonistes, venus interpréter un titre du rocker américain Bruce Springsteen, surnommé «The Boss» (le patron). Un titre doublement de circonstance. Au sens météorologique, mais aussi surtout symbolique. Waitin’on a sunny day, ça veut dire «En attendant un jour ensoleillé». Une sorte de «Temps des cerises» en mode rock’n’roll. Parmi le seul public (ce n’était pas le but d’en attirer), des vaches dans les champs voisins.

L’initiative revient à trois écoles de musique de la province de Namur, qui se rassemblaient pour la première fois dans un même projet: la Rock’s Cool, Music Factory et l’ASBL 1234.

Une idée originale née il y a des mois dans un monde particulièrement traumatisé par les confinements. Alors, vous imaginez, se rassembler dans une pâture à autant, se lâcher dans un «bœuf» aussi champêtre qu’endiablé… le bonheur était dans le pré, samedi. Le but, outre le salutaire relâchement, était aussi de mettre en boîte la prestation, et de la manière la plus professionnelle possible, malgré les conditions très éloignées de celles d’un studio. Trois caméras, du matériel de prise de son… le montage final de ce happening très original sera visible d’ici deux semaines sur Youtube. En espérant que Bruce Springsteen tombe sur ces images et décide… de débarquer à Lustin, dans le même champ.

Les candidats chanteurs et musiciens devaient s’enregistrer et balancer leur prestation en vidéo aux organisateurs, pour évaluer si leur niveau est suffisant. Mais, rigole l’un de ces organisateurs, c’était trop compliqué: «On a pris tout le monde». Ouf, le résultat est plus que satisfaisant.

Musique, bière et frites

Samuel, de l’ASBL 1234, Matthieu, de la Rock’s Cool et le duo Thomas-Guillaume, de la Music Factory, nous expliquent que tout cela s’est passé dans un joyeux bordel. Ils exagèrent: samedi, avec une équipe de pros, ils ont multiplié les prises d’images et de son. Avant un montage final qui s’annonce très sympa. Entre les prises, où en attendant qu’il ne pleuve plus, les participants avaient accès à un fritkot et au bar mobile d’un Dinantais, Cédric Nicolay. Il travaille dans le secteur de la vente de vin à l’horeca, qui fut fortement impacté. Dès lors, il a eu une idée pour une activité complémentaire: transformer un van pour chevaux en bistrot ambulant («Le rince cochon»). Voilà comment il a abreuvé les musiciens ce week-end. Mais son idée, à terme, c’est de s’installer régulièrement dans des villages qui n’ont plus de bistrot, histoire de recréer de la convivialité. Elle n’est pas belle, la vie? C’était le thème de ce samedi. Initialement, c’était prévu pour fêter la fin de la pandémie. Mais bon, désormais, il s’agit d’attendre avec espoir des jours ensoleillés. De quoi hurler «Waitin’on a sunny day», gratter sa guitare en sautant et s’acharner sur sa batterie. Ce fut déjà un sacré rayon de soleil.

Encouragés et dirigés par des «chauffeurs de prairie»

Parmi les musiciens, Marc Lambert, de Namur, derrière sa batterie. Depuis un peu plus 4 ans, il apprend cet instrument à l’ASBL 1234. «Les profs ont fait appel à ceux qui étaient capables, moi j’ai envoyé une vidéo en juin, ils m’ont dit c’est bon, tu peux jouer». Et Marc a battu le rythme, non sans rapidement placer une bâche sur sa batterie, quand il tombait des gouttes. Lui, comme tous les participants, ont suivi les «chefs d’orchestre», dont Renaud Vander Roost: «Mon rôle, c’est de faire en sorte que tout le monde joue en même temps. Il y a beaucoup de latence. Les batteurs, tout derrière, entendent le son en retard». De prise en prise, la joyeuse bande de rockeurs est encouragée par une équipe de «chauffeurs de prairie» (pas de salle): «C’est filmé, souriez bien, n’hésitez pas à craquer votre slip». On prend le son, on tourne des images, notamment à l’aide d’un drone. Les vaches, premières à en profiter, ont l’air d’apprécier.

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