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DEUZIO

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau

Laurent Despontin est coiffeur et photographe prénatal aquatique. Pour créer un moment magique où la future maman est en osmose complète avec son enfant.

Tout ce qui tourne autour de la naissance le passionne. Ce n’est pas pour rien qu’il a six enfants. Quand il ne s’occupe pas de sa tribu, Laurent Despontin est coiffeur indépendant à Malonne (Namur). Depuis 25 ans. « Mais comme j’ai toujours un tas de projets, il n’y a pas une semaine où un client ne me demande pas si je vais finir ma carrière dans mon salon. Franchement je ne sais pas. Je pense quand même avoir fait le tour, non?»

C’est vrai qu’il en a des passions. Il soigne les coraux. Il dresse des chiens de traîneau. Il vole en parapente. Il photographie les étoiles. Il est plongeur. Et lorsque nous l’avons rencontré, il revenait de Paris d’une formation en prise de vue en milieu aquatique.

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
© Jacques Duchateau

La photo aquatique, c’est son nouveau dada. Des bébés, des mariés et désormais des femmes enceintes puisqu’il a obtenu une certification de photographe aquatique périnatal.

« Mon épouse est une doula, elle accompagne la future maman tout au long de sa grossesse.Elle propose aussi aux mamans des séances de watsu, des massages et de la relaxation dans l’eau (NDLR: lire Deuzio de la semaine dernière). À la maison, on baigne dans l’enfance et la naissance 7 jours sur 7.»

Le fil conducteur

D’où l’idée de donner un sens à tout cela. « Je fais de la photo depuis une trentaine d’années. Mariages, portraits, étoiles, accouchements, etc. J’aime la plongée et j’ai toujours été attiré par l’eau. Comme par l’espace d’ailleurs. Je trouve aussi que la grossesse est un moment merveilleux. Faire de la photo aquatique de femmes enceintes est donc quelque chose de tout à fait naturel pour moi. Un fil qui réunit toutes mes passions, histoire de sublimer ce moment. »

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
© Jacques Duchateau

Ils sont évidemment très peu en Belgique à s’être lancés dans cette activité. Deux ou trois, pas plus. Car il faut être non seulement bon photographe, mais aussi bon plongeur. «Pas question d’utiliser des bonbonnes d’oxygène, pour éviter que les bulles ne viennent perturber la prise de vue. Je suis breveté en plongée et je fais partie d’un club d’apnée. C’est physiquement très éprouvant. Car une séance dure en moyenne deux heures. »

Chaque séance est pour lui un moment d’émotion. «La future maman baigne dans l’eau comme son bébé baigne dans le liquide amniotique. Ils sont réunis, en apesanteur; ils se comprennent et vivent peut-être les mêmes sensations. C’est magique.»

www.instanta-ne.be

Reportage dans notre vidéo en tête de cet article.

Photographier la vraie vie

Photographe périnatal aquatique, un métier artistique ou technique? «L’un ne va pas sans l’autre. Pour être créatif, il faut être très à l’aise techniquement.»

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
© Jacques Duchateau

Il y a le défi de travailler en apesanteur, en apnée, avec une ceinture de plomb de 8 kg autour de la taille. « C’est évidemment bien plus complexe de réaliser des poses sous l’eau que dans un studio. Surtout quand on utilise des voiles ou d’autres ustensiles pour créer un effet. Il faut aussi donner confiance aux modèles, leur apprendre à respirer pour trouver des positions très naturelles dans un milieu qui ne l’est pas. Les séances sont longues et se déroulent en apnée. Quand on est enceinte de 7 ou 8 mois, ce n’est physiquement pas évident pour elles. Pour moi non plus d’ailleurs.»

Côté matos, Laurent travaille avec son Nikon hybride et utilise les mêmes focales qu’en plein air. « J’ai dû acheter un caisson sous pression où je retrouve toutes les commandes de l’appareil. J’ai débuté avec une poche de chez Amazon soi-disant étanche à 75€. Mais quand elle a pris l’eau, j’ai perdu… 5 000€.»

S’il ne retouche jamais le corps en postproduction, (« Car une femme enceinte, c’est trop beau »),il faut compter en moyenne entre une et trois heures de retouches pour chaque photo.

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
Laurent Despontin

«En piscine, l’image est bleue ou verte. On perd la couleur. Or, je ne veux pas de flashy. Je veux retrouver la couleur de la peau, du maillot, des cheveux.»

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
Laurent Despontin

Le Graal de la photo aquatique pour lui? «Une future maman nue, dans un milieu aquatique naturel, où on ne verrait que sa silhouette.»

Comme Laurent déborde toujours d’idées, il propose aussi aux mariés de se faire photographier sous l’eau et réalise des clichés de bébés nageurs. Et pourquoi pas des produits, comme une paire de baskets. « Cela donne un effet bœuf.»

Prochain projet: avoir sa propre piscine à la maison (il loue actuellement des piscines privées), pour ses séances photos et pour les séances plus thérapeutiques de son épouse pour enfants et femmes enceintes.

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
© Jacques Duchateau

En attendant, ce qu’il retient de ses premières expériences, c’est que ses photos sont éternelles. «On ne les jettera jamais. Elles sont non seulement uniques, mais elles vous appartiennent. Elles font partie de votre histoire. La vraie vie.»

«Un moment privilégié avec mon enfant»

«C’est un moment privilégié entre mon enfant et moi, explique Sarah Giovannini. Je me sentais fatiguée après la séance qui dure 2 heures, mais détendue. C’était aussi un défi: oser faire quelque chose à un moment de la grossesse où on ne se sent pas bien dans sa peau, difforme, grosse, moche. Ça remonte le moral. Et puis, quand on voit le résultat, on se trouve super-belle! C’est très poétique, je trouve.» Le confort et la sécurité sont la priorité de Laurent. Il ne travaille que dans des piscines à 32 o C. Il doit s’agir d’une grossesse sans complication, la séance doit être programmée entre le septième et le huitième mois. «Chaque cliente doit aussi remplir un formulaire qui permet d’avoir une discussion non seulement sur ses attentes, mais aussi sur son état physique avant de fixer le rendez-vous.»

« Laurent nous met très à l’aise, il nous comprend», conclut Sarah. Depuis, elle a accouché d’un petit Jacob, 15 jours aujourd’hui. Quand il sera grand, il parcourra son premier album et aura l’image d’une maman belle, sereine et impatiente de le voir venir au monde.

VIDÉO | Une grossesse, c’est trop beau sous l’eau
© Jacques Duchateau


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