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FESTIVAL

Les arts de la rue en fête au Bois de la Cambre

Le Festival Théâtres Nomades mixera les publics du 19 au 22 août à Bruxelles.

C’est l‘effervescence depuis quelques jours au Bois de la Cambre à Bruxelles. Les équipes du Festival Théâtres Nomades travaillent d’arrache-pied pour installer les tentes, yourtes, chapiteaux et scènes qui accueilleront le public dès ce jeudi, jusqu’à dimanche.

Cette édition a des allures spéciales. D’abord, parce qu’elle succède à une année sans festival pour cause de Covid. Ensuite parce que c’est la première fois que Théâtres Nomades aura lieu au Bois de la Cambre. Depuis treize ans, le festival prenait en effet ses quartiers dans le Parc de Bruxelles. Il faut donc tout revoir, en tenant compte des changements sanitaires intempestifs.

Jamal Youssfi, le directeur artistique de la Compagnie des Nouveaux Disparus qui organise le festival le reconnaît, «c’est le rush». Mais il est confiant, ils offriront au public des spectacles dignes de ce nom.

Cette année, il y en aura trente, aussi différents que du cirque, du théâtre de rue et classique, des contes, des marionnettes, de la danse, des déambulations ou de la musique. Cette programmation éclectique poursuit un même but: proposer une expérience conviviale et familiale en pleine ville, au milieu de la nature.

«Nous voulons faire sortir les gens de leur appartement, de leur routine, créer un lieu de rencontre. La rue c’est l’endroit de la démocratie. Ça appartient autant aux adultes qu’aux enfants, aux animaux», avance Jamal Youssfi.

Une porte d’accès à la culture

L’esprit du Festival Théâtres Nomades, c’est de divertir, tout en faisant réfléchir à la manière dont nous vivons et à nos actes dans la société d’aujourd’hui. Les représentations ont été sélectionnées pour leurs qualités artistiques, bien sûr, mais aussi pour leur côté engagé. Cette édition sera dès lors l’occasion de se pencher sur les questions des guerres dites «propres», du handicap, du droit au logement, des violences sexuelles et de la diversité culturelle. Certaines représentations seront suivies par une rencontre avec les artistes pour poursuivre la réflexion.

Évidemment, tout le monde est convié. «Nous poursuivons un but en trois axes: l’accessibilité culturelle, la démocratisation de la culture et la diversité», explique Jamal. Tous les spectacles sont donc gratuits, même s’il faut en réserver certains.

«On veut garder un côté spontané, que les gens puissent se balader, tomber par hasard sur une déambulation, laisser leurs enfants dans une tente pour écouter des contes ou s’installer devant une pièce.»

Les organisateurs et différentes compagnies du Festival Théâtres Nomades espèrent donc amener un public qui n’a pas l’habitude de se rendre au théâtre, par exemple, parce qu’il pense que la culture n’est pas faite pour lui. Pour garantir l’accessibilité à tous et toutes, le festival n’exigera d’ailleurs pas de covid safe ticket.

Pour Jamal Youssfi, il est important que ce genre d’événement reste au cœur de la cité, qu’il fasse partie des politiques en matière de gestion des parcs. «Il y a un besoin de se rencontrer. On a tendance aujourd’hui à exporter hors des villes. En faisant ça, on tue les places publiques qui assurent la cohésion entre les gens. Et il ne faut pas oublier d’y mettre les artistes. »

Une place réservée au tissu associatif

La Compagnie des Nouveaux Disparus a pour tradition de réserver une place aux associations au sein du Festival Théâtres Nomades. Disséminées partout sur le site, les tentes du «souk associatif» proposent au public diverses expériences, activités et discussions.

Ainsi, le collectif Stop Alibaba&co parlera de son opposition à l’extension de Liège Airport tandis que les animateurs de la plateforme Blockbuster éveilleront à la problématique des politiques extrêmes.

Le souk associatif pense aussi aux estomacs affamés. Divers espaces pour déguster des bons plats et se désaltérer sont prévus. Tous les partenaires sélectionnés veillent à proposer des produits bio, éthiques locaux et végétariens.

Durant les quatre jours du festival, des stands de grimage et autres ateliers créatifs seront également installés pour offrir aux petits et aux grands des moments de détente. En tant que festival engagé, Théâtres Nomades a aussi prévu un animateur socioculturel pour mixer les publics.

Du 19 au 22 août au Bois de la Cambre à Bruxelles. Entrée gratuite. Paiement au chapeau. www.theatresnomades.be


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