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MUSIQUE

Jungle joy

Le duo britannique Jungle sort ce vendredi un troisième album à la bonne humeur tout à fait irrésistible.

C’est le genre de musique qui réveille le côté ensoleillé de l’imagination. Et surtout: qui fait bouger les corps. Une disco soul énergique et exubérante.

Josh Lloyd et Tom McFarland, des amis d’enfance ont créé Jungle il y a dix ans en jouant de la musique dans leur chambre. Ils ont fait le tour du monde depuis leur titre Busy Earin’sorti en 2014. Et leur musique a été reprise dans un nombre incroyable de pubs.

Voici leur troisième album, Loving in Stereo. On en a parlé avec Josh. Et c’est lui qui a commencé à poser les questions: «Vous habitez où en Belgique? C’est près des Ardennes, la grande forêt? J’ai passé pas mal de temps en Belgique, ma petite amie est d’Anvers…»

Il reviendra, c’est sûr, le 29 janvier 2022 pour un concert à Forest national…

L’année 2020 a été assez productive pour Jungle, on dirait?

Josh Lloyd: En vrai, Loving in Stereo était terminé avant la pandémie. Mais elle a changé la destinée de l’album. On ne voulait pas le sortir l’an dernier en mars parce qu’on n’aurait pas pu jouer en live. On s’est donné un délai de six mois. Et pendant ce temps là, on a pu retravailler les chansons, en ajouter d’autres. Donc finalement, ça nous a permis de prendre le temps pour mieux faire les choses.

Votre musique est annoncée comme du «disco for post social-distancing age». Il

Jungle joy
©Filmawi
fallait donc attendre…

Oui, c’est sûr!

Vous devez être impatients que l’album sorte enfin…

Il y a toujours ce temps d’attente, c’est comme ça. Certaines chansons ont été faites début 2019. Avec ces chansons, il faut faire un album qui est une sorte de collage parce que vous écrivez des trucs à différents moments, différents endroits, différents états d’esprit et il faut que tout ça tienne ensemble.

Quand vous faites les choses avec une arrière-pensée commerciale, vous perdez un peu de magie.

Vous avez créé votre propre label. Ça peut paraître un détail pour le public, mais pour vous, ça représente quoi?

On croit en une certaine idée de la liberté d’expression. Quand vous êtes indépendant, que vous ne travaillez pas avec des gens qui vous disent quoi faire, pour des raisons financières. Vous avez beaucoup plus de liberté: personne ne vous dit, il faut un single ou il faut faire ça pour l’album. C’est direct, il n’y a pas de filtre. On s’est plus concentrés sur ce qu’on aime, on a fait confiance à notre intuition. Quand vous faites les choses avec une arrière-pensée commerciale, vous perdez un peu de magie. On a juste eu envie de faire la musique qui nous rend heureux.

Alors vous allez dire que c’est votre meilleur album…

Oui, c’est notre préféré. C’est le meilleur album de Jungle qu’on ait jamais fait. C’est une sorte de voyage, le fait d’en arriver là: en tant que songwriters et producteurs, vous vous améliorez tout le temps, c’est l’expression la plus sincère de Jungle qu’on ait jamais eue.

C’est le genre d’album que vous n’auriez pas pu le faire plus tôt?

Je ne sais pas c’est difficile comme question. Tout ce que vous vivez dans votre vie, toute la musique que vous écoutez, les gens que vous rencontrez, vous amènent quelque part. Tout ça fait que vous créez quelque chose en particulier à un moment donné. Tout ce que vous vivez vous influence de manière inconsciente.

Les artistes disent souvent qu’ils font un album en réaction au précédent, c’est le cas?

Oui! À 100%. On voulait amener plus d’énergie, être plus directs. Certains trucs du denier albums ne l’étaient pas.

«Loving in Stereo» n’est pas le titre d’une chanson. Comment c’est devenu le titre de l’album?

C’est le titre de la toute première chanson qu’on a écrite. On pensait que ça serait une bonne façon de boucler la boucle. Et il sonne bien! (rire)

Une sorte de Grease

Sans être anonymes à la Daft Punk (qu’ils ont manifestement beaucoup écoutés), les deux musiciens de Jungle ne se montrent jamais dans leurs clips. Des vidéos qui restent dans la même esthétique depuis le début: un plan séquence avec un groupe de danseurs et une chorégraphie hyper léchée. Ils sont encore allés plus loin cette fois en créant une vidéo pour chacun des 14 titres de l’album. «On a tourné trois vidéos par jour pendant une semaine, on ne pensait pas que ce serait possible. Ce sont les mêmes danseurs, ils sont super doués. Les personnages sont les mêmes dans tous les clips, on les suit tout le long comme une série, une sorte de West Side Story ou Grease avec ces deux gangs qui se rencontrent et qui dansent.»

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