ANDENNE

Andenne, Ceramic Valley: quand la céramique façonne l’industrie, une autre identité paysagère

Andenne, Ceramic Valley: quand la céramique façonne l’industrie, une autre identité paysagère

Quand la matière malléable se transforme en pièce fabriquée de manière industrielle: une direction prise avec succès par Andenne à l’aube du XX°siècle. ÉdA – 501549745541

Jusqu’au 17 octobre, l’exposition «Ceramic Valley» part à la découverte d’une autre identité paysagère et mémorielle de la céramique.

Depuis le 3e étage du Phare, on peut facilement se projeter dans ce que devait être la Ceramic Valley. Une succession d’industries qui ont profité de ce que leur offraient la terre et le fleuve pour rayonner bien au-delà des limites de la cité des oursons. Car, après les arts décoratifs, c’est vers le créneau industriel que se tournent Andenne et la céramique. Un sujet méconnu qui, précise Thomas Kempeneers, directeur du Phare, constitue «une véritable mutation», multipliant les déclinaisons industrielles.

C’est cette histoire que propose cette exposition conçue conjointement par l’EMA (Espace Museal d’Andenne), l’Université de Liège et le service du Patrimoine culturel de la Province de Namur. Un volet industriel qui constitue un des chapitres les plus importants de cette longue histoire qui unit de manière «fusionnelle» Andenne et la céramique.

Difficile d’imaginer cette matière quitter les tables d’un salon pour se transformer en briques réfractaires, élément d’isolateurs électriques et autres tuyaux. Et pourtant, la matière a intégré de nouvelles connaissances scientifiques permettant à de nombreuses industries de se développer à Andenne.

Des industries qui ne peuvent être dissociées des gens qui leur permettent de tourner par leur savoir-faire. «C’est l’histoire sociale de travailleurs attachés à leur entreprise», commente Thomas Kempeneers. Un attachement toujours perceptible dans les témoignages récoltés par Guillaume Jousten, dans son film: Belref, fleuron, réfractaire. Histoire d’une industrie andennaise.

En attendant sa projection, l’expo livre un bref extrait exemplatif de ce lien entre l’homme et l’usine. Lien qui s’est souvent traduit par un programme paternaliste dans le chef des patrons. À l’image des sociétés minières, on prévoit des maisons ouvrières (comme la cité Tonglet à Sclayn) tandis que les patrons se construisent des châteaux.

Pièces et mémoire

Des usines, on n’en trouve désormais plus de traces. Même si, à un moment, il était question de transformer les bâtiments désertés de Belref en musée de la céramique. À cette opération de sauvetage hors de prix, on a préféré «conserver surtout les pièces et la mémoire». Autant de pièces qui se déclinent au fil de l’expo. Ainsi en va-t-il d’une maquette d’un four-tunnel qui, en taille réelle, faisait 100 mètres de long et s’est éteint en 1994. Soit hier.

Cette plongée industrielle, c’est l’occasion «d’observer et questionner le paysage mental, social, économique, architectural et environnemental d’Andenne durant cette période caractéristique. Une immersion dans une vallée modelée par les technologies de la céramique.» Pour ce faire 6 temps forts ponctuent ce voyage qui, le 10 octobre se prolongera au cœur d’Andenne, par un parcours dans une ville qui n’oublie pas ses marques de fabrique.

 

Sur la piste de la Ceramic Valley

Derrière la préparation d’une telle exposition se cache un travail de longue haleine fait de recherches de documents historiques, de rencontres, de «mises en perspective du patrimoine». Résultat: la publication de La céramique industrielle à Andenne (XIXe et XXe siècles), sous la direction de Geneviève Xhayet et Arnaud Péters, un ouvrage fouillé qui, souligne-t-on, «permet d’approfondir les divers aspects de cette aventure industrielle». Publié aux éditions de la Province de Liège et en vente au Phare au prix de 39€.

Autre rendez-vous, filmographique cette fois: les témoignages et documents d’archives liés à la fermeture de Belref, dans les années 90. Ce film signé Guillaume Jousten a bénéficié de l’appui du Service audiovisuel de la Province de Namur. Une projection et un débat sont programmés le 16 septembre (18 h) au Phare. Pour ce qui est de l’expo, différentes formules sont proposées tant au public scolaire que pour des groupes d’adultes et seniors avec des visites guidées.

Par ailleurs, il est possible de prolonger le voyage en découvrant, dans l’espace permanent dédié à la céramique, des œuvres contemporaines, voire monumentales comme celles signées Craco. Parmi celles-ci: une fontaine art nouveau qui a bénéficié, pour sa réalisation, d’un four industriel de grande taille. Une belle complémentarité entre art et industrie.. Quant aux familles, elles peuvent s’offrir un jeu de pistes, en mode QR code, pour découvrir toutes les richesses d’une céramique, qu’elle soit industrielle ou artistique.

 

L’expo est accessible au Phare, Promenade des Ours, 37 à Andenne, du mardi au dimanche (de 10 à 18 h). Tarif plein: 8€. Infos et réservations 085 84 96 95 ou lephare-andenne.be/ema


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