SÉEIE D’ÉTÉ| VILLAGES À (RE)DÉCOUVRIR

Nodebais, terre d’incontournables artistes contemporains

Ce week-end, nous partons à la découverte des joyaux de Nodebais, village de nombreux artistes parmi lesquels Claude Rahir, André Kersten et bien entendu, Max van der Linden à qui l’on doit les Fêtes de la Saint-Martin.

Situé entre la chaussée de Namur et la base aérienne militaire de Beauvechain, le village de Nodebais est doté d’un riche patrimoine rural avec ses grandes fermes carrées typiquement brabançonnes.

Nodebais tient d’ailleurs son nom du préfixe «Node» qui fait référence au terme de vieux français «Noues» signifiant pâturages ou prairies. Il est traversé par le Néthen d’où son suffixe «bais», dérivé du néerlandais «beek», ruisseau. Le village est très apprécié pour son étang qui fut creusé au début du XIXe siècle pour alimenter en eau le moulin Doyen. L’entité comptait aussi une brasserie, qui donnera son nom à l’imposante ferme située au no 13 de la rue de l’Étang. Si vous aimez vous balader, vous trouverez à Nodebais une grande inquiétude tout en découvrant l’âme artistique qui plane sur l’entité.

Une devise gravée sur le toit d’une maison

Et quelle meilleure manière de (re)découvrir un village que d’y flâner quelques heures à la rencontre des habitants qui y écrivent l’histoire depuis des décennies.

Daniel Collin, 72 ans, est l’un d’entre eux. Posté devant sa maison pour profiter d’un rayon de soleil, il scrute avec le sourire ce qu’il se passe dans sa rue en ce mardi d’été. Alors que nous le questionnons sur l’histoire du village, il pose la main sur le front à la recherche de ses plus lointains souvenirs, il nous raconte comment l’école de Nodebais – devenue aujourd’hui l’école maternelle Saint-Charles – comptait trente élèves dans les années 50. Six classes pour un seul maître: Léon Léonard. «Et il ne s’agissait pas de faire un pas de travers, sourit-il. Avec lui, personne n’osait bouge! Et l’école des filles était située là-bas, plus haut, près de la ferme d’Agbiermont.»

Voisin de l’un des artistes les plus connus du village, André Kersten, graphiste et graveur, Daniel nous montre le toit de sa maison, au numéro 12, sur lequel on peut déchiffrer un écrit: «Rian todi tint qu’il est co timps» (NDLR: Rions toujours tant qu’il est encore temps), la devise de la République royale libre d’Oultre Nodebay, petit groupe d’habitants gardien du folklore du village pendant 17 ans (Lire ci-contre). Daniel Collin était aussi un proche de Claude Rahir, autre peintre et sculpteur de talent, incontournable bien au-delà de la commune.

Max van der Linden, le mentor d’une génération

Des artistes sans aucun doute inspirés par l’œuvre du personnage le plus emblématique de l’entité: le céramiste de réputation internationale Max van der Linden, décédé en 1999 et mieux connu sous le nom de Miqui, à l’origine des fêtes de la Saint-Martin, premier parcours d’artistes belge. «Max avait l’âge de mon papa, poursuit notre interlocuteur. Ils auraient fêté leurs 100 ans l’année prochaine. Il était connu de tous dans Nodebais.» L’artiste, que Julos Beaucarne décrivait comme «L’homme qui faisait des étoiles avec de la boue», était aussi très apprécié du roi Baudouin qui est venu plusieurs fois dans son atelier, à Nodebais. «J’avais énormément de contact avec lui, explique Anne Vanderlinden, sa nièce, habitante de Nodebais. Il m’emmenait dans son atelier où je l’aidais pour envoyer les invitations pour les Fêtes de la Saint-Martin. Il faisait des spectacles là aussi. Il a ouvert toute une génération à la culture. Il accordait beaucoup d’importance à ce côté intergénérationnel et interculturel qui existait dans le village», poursuit la fille du frère de Max Vanderlinden.

Avant de nous quitter, Daniel Collin nous invite à poursuivre le chemin des Sœurs, le long de la prairie, poumon du village, pour aller rencontrer Raymond Evrard, autre piller de Nodebais.

 

«Tout était bone pour faire la fête»

 

Nodebais, terre d’incontournables artistes contemporains
Raymond Evrard, l’une des grandes familles résidentes e à Nodebais Cristel JOIRIS
Raymond Evrard, vous êtes l’un des instigateurs de l’utopique République royale libre d’Oultre Nodebay, pouvez-vous nous expliquer en quoi ce groupement consistait?

Nous étions plusieurs à avoir envie de donner une âme au village. Nous organisions des fêtes dès que l’occasion se présentait que soit pour la Saint-Nicolas où nous transportions des enfants en tracteur de la ferme à l’école; pour la Pentecôte quand nous faisions un immense feu de joie avec les branchages des habitants; pour Pâques, les anniversaires et j’en passe… toutes les occasions étaient bonnes pour faire la fête! Il arrivait qu’on soit 700 dans ma grange. Nous élisions un roi lors de L’Épiphanie et un gardien des Archives qui conservait les photos de nos festivités. Je l’ai été plusieurs années.

Et il y avait aussi ces fameuses facéties du 1er avril?

Oh oui, nous en avons fait croire des choses aux habitants! Qu’un lotissement allait être construit dans la prairie en face, que du verglas avait envahi les rues: nous nous étions servis de pancartes et renversés de vielles voitures dans le fossé; nous nous sommes promenés une nuit avec une soucoupe volante, construite par André Kersten, fixée sur un pick-up…

Que reste-t-il de cette délégation aujourd’hui?

Des souvenirs...

 

Promenade à Nodèbây: une boucle de 4,8 ou de 5,9 km

Le point de départ de cette balade – au cours de laquelle vous pourrez appréhender, au gré du bâti jalonnant le parcours, les œuvres céramiques des deux artistes contemporains Claude Rahir et Max van der Linden – se situe à la place de Nodebais, à côté de l’étang. Un lieu reposant surplombé de platanes où certains aiment se retrouver pour une partie de pétanque.

Nodebais, terre d’incontournables artistes contemporains
La ferme d’Agbiermont -
Le début de la promenade vous emmène le long de ce plan d’eau d’une superficie de près de 40 ares et qui contient de nombreuses variétés de poissons. En montant le chemin Jacotia, vous aurez alors l’occasion de croiser les ateliers de plusieurs artistes dont celui du sculpteur Claude Rahir, au no 15. Vous découvrirez plus loin le domaine d’Agbiermont dont la ferme (Photo ci-contre) est une ancienne dépendance de l’abbaye de Waulsort (XVIIIe ). C’est là qu’a vécu Max van der Linden. Plusieurs de ses œuvres peuvent d’ailleurs être admirées dans la bergerie voisine de son atelier d’artiste. À ce moment, Deux possibilités s’offrent à vous: un itinéraire de 4,8 km ou une boucle de 5,9 km. La variante plus longue vous emmènera à la chapelle Gosin.

Nodebais, terre d’incontournables artistes contemporains
Chère à Max Vanderlinden qui l’a décorée d’un ensemble de céramiques polychromes, la chappelle Gosin (ou Notre-Dame de Bon Secours) est un édifice néo-classique construit en 1836 et situé à la croisée de chemins, au cœur de la campagne de Nodebais. -
Après avoir regagné le cœur du village par le chemin des Sœurs, vous croiserez la ferme de la Brasserie – un petit détour par le chemin à droite mène à l’église et la cure du village, une bâtisse en brique blanche et pierre de Gobertange –. Vous verrez également l’église Sainte-Waudru. La fin du parcours vous emmène dans la réserve naturelle domaniale du Grand Brou, grande zone marécageuse d’une superficie d’environ 8 ha.
Nodebais, terre d’incontournables artistes contemporains
Construite en 1837, l’église Sainte-Waudru a été restaurée en 1862 et en 1928. Elle possède une tour carrée surmontée d’un campanile en forme de dôme qui rappelle celle de Hamme-Mille. Ce lieu de culte abrite de remarquables tableaux. -
Nodebais, terre d’incontournables artistes contemporains
La gare de Nodebais a d’abord été désservie, dès 1892, par le tramway vicinal Louvain - Jodoigne, puis vingt ans plus tard en 1902, par la ligne Tervuren - Jodoigne / Tirlemont. Son activité cesse en 1959. -

Source: Commune de Beauvechain


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