VERVIERS - ENSIVAL

VIDÉO | Pont de la Raye renforcé, riverains soulagés?

Après trois semaines coupés du monde, les riverains de la Raye à Ensival ont pu repasser avec leur voiture sur le pont renforcé. Les camions de la Ville ne peuvent pas y circuler… L’évacuation des déchets doit encore attendre.

La Raye, entre Ensival et Pepinster, est tristement devenu le lieu verviétois du tourisme de catastrophe. « Hier, on avait encore des Japonais qui prenaient nos maisons en photo. Cela n’arrête pas», sourit Mario Farina. Le sourire, il essaie de le garder malgré sa situation très particulière, au même titre que celle d’une vingtaine d’autres riverains de ce quartier situé en bord de Vesdre et uniquement accessible par un pont, détruit par les flots. Sur place se dégage une étrange impression, un peu comme si les inondations dataient d’hier et non d’il y a trois semaines. Toute la vie des habitants jonche encore les berges alors que dans les autres quartiers, le déblaiement touche à sa fin. La raison? Le pont est toujours inaccessible aux véhicules de la Ville alors qu’il vient d’être consolidé une première fois ce mercredi.

«Je ne comprends pas pourquoi ils ne passent pas avec des petits camions», se questionne le riverain. La réponse est simple regrette Maxime Degey, l’échevin des Travaux, «on a, à la Ville, des camionnettes qui font deux tonnes (poids maximal autorisé à ce jour sur ce pont) alors remplies de crasses, elles feront beaucoup plus. On cherche encore des solutions les plus rapides possibles pour réaliser ce travail en toute sécurité. On ne veut ajouter une catastrophe à une autre». Le scénario qui semble la plus plausible, c’est d’attendre une quinzaine de jours, moment où un second renforcement du pont sera opéré. «On pourra alors intervenir avec tout type de véhicules. On peut trouver une solution intermédiaire avec des remorques mais le temps va nous manquer. On pourra évacuer au maximum 3 mètres cubes par trajet.» Les habitants de La Raye se disent impatients «de pouvoir se sentir avancer. Ça gâche un peu le moral de voir tous ces déchets chaque jour. J’ai même tondu ma pelouse à l’arrière pour avoir au moins un côté de la maison propre. Cela aide psychologiquement». Au-delà de l’esthétique, la question de l’hygiène inquiète. «Des rats, on en voit, on sait qu’il y en a», dit-il, exprimant sa peur que leur présence s’amplifie « si on ne déblaye pas».

Un mieux

On le reconnaît sur place, il y a déjà un «mieux» à la Raye qui n’est au moins plus coupée du monde depuis que les trous ont été rebouchés et des barrières installées de part et d’autre du pont mercredi. Avant cela, les habitants ne pouvaient y circuler qu’à pieds. «C’est un agriculteur qui a tracté nos véhicules à travers champs pour qu’on puisse les faire passer de l’autre côté de l’eau. Il était indispensable pour nous de pouvoir nous déplacer.» La reconnaissance et l’entraide règnent dans le quartier qui n’est pas oublié des bénévoles. «Toujours maintenant, on vient nous apporter des repas matin et soir.»

Un nouveau pont était prévu

Une «chance» par ailleurs que le nouveau pont n’ait pas été construit avant la catastrophe. «L’auteur de projet avait été désigné, ajoute l’échevin des Travaux. On avait inscrit le projet au budget communal». Un chantier qui sera probablement postposé «vu le nombre d’ouvrages publics qu’on aura à rénover». La consolidation de la mi-aôut ne sera pas que temporaire… elle pourrait durer plusieurs années.


Nos dernières videos