BRUXELLES

En nageant dans le houblon, Fugu Brewing veut taquiner les gros poissons bruxellois de la bière

En nageant dans le houblon, Fugu Brewing veut taquiner les gros poissons bruxellois de la bière

Nicolas Lacroix et Samuel Lange avouent une passion totale pour l’IPA, le style anglo-saxon ultra-houblonné aux arômes de fruits et de pins. La Fugushima, première bière de leur projet Fugu Brewing, est une NEIPA, bière de la côte est des USA. ÉdA – Julien RENSONNET

Nico et Sam se sentent comme des poissons dans l’eau dans le panier de crabes de la microbrasserie. Liégeois expatriés à Bruxelles, ils y nagent depuis peu avec leur première bière: la très houblonnée Fugushima. Voilà 5 choses à savoir sur Fugu Brewing, leur hameçon à «beer geeks».

Le fugu, c’est ce poisson japonais que les gastronomes ne peuvent pas cuisiner eux-mêmes: certaines parties sont empoisonnées. En cas d’ingestion, la mort vous cueille dans les 4 à 6 heures. Pas de panique: le seul danger avec la Fugushima, première bière de la microbrasserie sans murs Fugu Brewing, c’est l’addiction. Car cette jolie canette déverse un jus de houblon ultra-fruité, aux arômes d’agrumes, de passion et de mangue, d’ananas, voire de citronnelle.

En nageant dans le houblon, Fugu Brewing veut taquiner les gros poissons bruxellois de la bière
Le projet de ces deux Liégeois d’origine est localisé à Anderlecht. Eda J. Rensonnet
Avec cette Fugushima radioactive, Nicolas Lacroix (27 ans) et Samuel Lange (30 ans) ont réussi une petite bombe atomique à haute teneur en houblons. D’où une entrée tonitruante dans le petit monde de la bière bruxellois. «Lors de notre lancement à la Dynamo à Saint-Gilles, on a écoulé 400 cannettes en 4h». Les Bruxellois ne semblent pas rassasiés: les stocks du premier brassin s’amenuisent à vitesse vertigineuse.

Originaires de la région hutoise (Jehay pour Nico, Verlaine pour Sam), les compères se connaissent depuis qu’ils ont 18 ans. Ils habitent Bruxelles depuis 6 et 4 ans. S’ils se sentent toujours lîdjeux, ils projettent de s’établir à Anderlecht. Avant ça, voilà 5 choses à savoir sur Fugu Brewing.

 

 

 

1Un deal sur un sous-bock

 

En nageant dans le houblon, Fugu Brewing veut taquiner les gros poissons bruxellois de la bière
Nico et Sam ont signé un deal sur un carton de bière lors d’une soirée à la Dynamo, un bar à bière de Saint-Gilles où ils ont aussi organisé leur soirée de lancement. ÉdA – Julien RENSONNET

«C’est la passion de Nico pour la bière qui nous rapproche quand on débarque à Bruxelles», raconte Sam. «On allait partout pour explorer le monde de la “craft beer”.» Un soir de découvertes arrosées, les deux compères scellent un pacte. «On est à la Dynamo. On est un peu saouls. On s’engage à brasser tous les dimanches dans la cave». Le deal est signé… sur un sous-bock de la brasserie La Source. «En double exemplaire», précise Nico. «J’ai toujours le mien, encadré chez moi».

 

2Une NEIPA comme première bière

 

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La NEIPA de Fugu Brewing est trouble, comme le veut ce style. ÉdA – Julien RENSONNET

Leur première bière, Nico et Sam en ont une idée précise. «On est fans d’IPA. Alors, on voulait une NEIPA». La New England IPA, c’est ce style ultra-tendance de la côte est des USA. Il embarque beaucoup de houblon au litre et des flocons de céréales comme l’avoine. D’où cette apparence trouble et laiteuse, proche des jus de fruits exotiques. Dont les arômes ravissent les «beer geeks». Et ce sont encore les Laekenois de La Source qui mettent le duo sur la voie: «leur NEIPA, La Meute, a changé notre perception de la bière», assure Sam. Les découvertes s’enchaînent auprès des experts anglo-saxons de Northern Monk et North Brewing. «Leur approche est quasi gastronomique: ils associent des saveurs méconnues qui s’allient pour se transcender». Dans un futur immédiat, Fugu Brewing devrait tenter d’autres approches d’IPA. «C’est ça qu’on connaît: on va pas se lancer dans un stout».

 

326 recettes et des litres de mauvaises bières

 

Le matériel s’enrichit dans le sous-sol de Nico. Le duo lit beaucoup, se gave de tutos sur Facebook et suit la formation en microbrassage de l’EFP. Peut-être un peu trop old-school. «Je leur disais qu’on utilise 12gr de houblon par litre. Ils n’en revenaient pas», rigole Nico. C’est que le houblon est cher et comporte de gros risques d’oxydation des brassins amateurs. Et puis, il faut le doser. «T’as beau mettre tout le houblon que tu veux, il faut l’équilibrer avec la rondeur et la saveur», pose Sam. Nico renchérit: «Des mauvaises NEIPA, y en a plein. On le sait: on en a fait des litres!» Après 26 tentatives et le blanc-seing des potes, le duo confie sa recette définitive à la brasserie Anders, qui la met en canettes. «Je n’en dormais plus», avoue Nico. «Mais on est très contents».

 

4Un poisson japonais comme emblème

 

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Le fugu, poisson toxique. ÉdA – Julien RENSONNET
Quand la première palette de bière est livrée, Nico et Sam tiennent leur nom depuis longtemps. Le premier raconte: «Notre énorme crainte lors du premier brassin, c’est l’infection. Après 3 semaines d’attente en cuve, on est dans le canapé et on décapsule notre premier essai». La télé est allumée sur… Arte. «C’est un docu sur le fugu. Au Japon, il faut un diplôme spécial pour le découper car certaines parties sont toxiques». Homer Simpson en fait l’expérience dans un fameux épisode de la série. «On a fait le lien avec l’infection dans notre bière. On s’est dit: “est-ce qu’on va crever?”» Rien n’arrive et Fugu Brewing confie son image à l’illustrateur Renaud Lavency, hameçonné sur Instagram. «On ne voulait pas d’une étiquette bien belge mais un truc explosif». Où le fugu nage dans une mer de houblon vert.

 

5Une cannette et pas une bouteille

 

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La canette, moins énergivore et plus hermétique que la bouteille. ÉdA – Julien RENSONNET
«La canette n’est pas recyclée à 100% mais au niveau de l’énergie demandée, c’est beaucoup moins gourmand que la bouteille en verre». Et l’environnement, Sam connaît puisqu’il y est actif professionnellement. Mais ce n’est pas la seule raison qui justifie ce contenant chez Fugu. «C’est mieux pour le produit», relaye Nico. «Tu remplis au maximum donc il y a moins de risque d’oxydation d’autant qu’elle est plus hermétique. Elle refroidit plus vite, tu l’emmènes partout et niveau logistique, c’est plus léger et ça prend moins de place». Il ne vous reste plus qu’à tester dans votre frigo.


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