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DINANT

VIDÉO | Dinant: les voies seront rouvertes avant le passage à niveau

VIDÉO | Dinant: les voies seront rouvertes avant le passage à niveau

Gros chantier pour rétablir la circulation des trains à la mi-août. Par contre, la réparation du passage à niveau devra attendre. EdA - Florent Marot

Le passage à niveau ravagé par un torrent d’eau et de boue sera refait… dès que possible. Priorité aux voies.

Gilles Gruselin, ingénieur chez Infrabel, annonce que les voies seront rouvertes à la circulation des trains d’ici le 16 août, là où elles ont été très fortement endommagées par le torrent qui a frappé le samedi 24 juillet à Dinant. Les flots et la boue ont dévalé de la rue de Philippeville vers la rue Sodar et la rue de la Station. Sur leur chemin, se trouvait un passage à niveau complètement détruit.

On se souvient que des voitures emportées s’y étaient échouées. Mais les évacuer n’aura pas été le plus gros boulot. Les rails ont été inondés sur 700 mètres. Il a fallu évacuer près de 1800 tonnes de ballast souillé. Elles seront «criblées», c’est-à-dire nettoyées. Mais dans l’urgence, on a amené de la matière minérale prête à l’emploi. Dans la même proportion, énorme. Car un ballast inondé devient dangereusement instable.

Pour restaurer les voies, il faut aussi remplacer les traverses (les «billes»). Les équipes d’Infrabel s’y appliquent, avec l’aide de l’une des sociétés sous-traitantes du gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, Gérouville (Libramont). Cette dernière a amené sur place d’immenses engins de chantier.

L’enjeu est aussi économique

Les voies seront opérationnelles pour le 16 août. De quoi rétablir la circulation vers Anseremme, Beauraing etc. Non sans avoir parallèlement réparé les rails eux aussi touchés dans la vallée de la Lesse (entre Dinant et Gendron). Les trains de passagers circuleront à nouveau d’ici peu, mais il était aussi important de permettre le transport de fret sur ce maillon de l’axe Athus-Meuse, explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. De nombreux trains de marchandises passent par ici, venant de la mer du Nord avec comme destination finale la Méditerranée. Deux autres itinéraires sont possibles, mais eux aussi ont récemment connu des déboires, continue Frédéric Sacré. L’enjeu est de la plus haute importance économique.

L’ironie d’une situation

Et le passage à niveau? Il sera réparé. Mais pour lui, ce sera plus compliqué et plus long, expose l’ingénieur Gilles Gruselin. «Il s’agit d’une technologie assez ancienne, on n’en fait plus des comme ça. Ce n’est pas facile à réparer». Pour cet aspect, on parle d’électronique et d’informatique, il faut passer des commandes de matériel quasiment «sur mesure». Cela prendra des semaines pour le recevoir et l’installer. En attendant, le passage à niveau entre la rue Sodar et la rue de Philippeville sera condamné. Priorité à la circulation et dit-on chez Infrabel, remettre les voies en état dans le délai qui sera respecté, «c’est un record».

L’ironie de la situation, c’est que l’on va réparer un passage à niveau qu’Infrabel veut supprimer. Sauf que la société en charge de l’infrastructure a été retoquée, à la suite d’un problème de permis. Commentaire de Frédéric Sacré, le porte-parole: «On veut toujours le supprimer, en couplant ce chantier avec l’aménagement d’une passerelle à la gare, une demande a été réintroduite». En attendant, il faudra bien refaire dans les règles un passage à niveau et y consacrer les sommes nécessaires. À peine rétabli, il se retrouvera en sursis. C’est la vie! Mais le porte-parole de tout de même tirer une leçon des récents événements: «On est sur un point faible, qui mérite des investissements».

Pas le temps cependant de s’appesantir. Infrabel doit pour l’instant résoudre 25 problèmes sur son réseau, à cause des inondations. On pense notamment aux 350 mètres de talus à stabiliser entre Gembloux et Ottignies. On est très loin du train-train habituel.

 

Ce samedi-là, on ne voyait plus les rails

Le fameux samedi de l’orage et du torrent, les voies de chemin de fer baignaient dans un véritable lac, depuis le tunnel qui passe sous la route de Philippeville jusqu’au passage à niveau de Bouvignes, en passant par la gare. Voilà qui explique l’envergure du chantier.

 


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