CORONAVIRUS

Plus les revenus sont hauts, plus on se vaccine: les taux de vaccination des 19 communes bruxelloises le prouvent

Plus les revenus sont hauts, plus on se vaccine: les taux de vaccination des 19 communes bruxelloises le prouvent

Les taux de vaccination sont proportionnels au revenu médian par famille dans les communes bruxelloises: plus les habitants y sont riches, plus les pourcentages de vaccinés y sont hauts. Adobe Stock – Lubo Ivanko

CARTE | Les communes bruxelloises aux taux de vaccination les plus étendus sont celles aux revenus les plus élevés. L’inverse est vrai aussi: les communes aux familles les plus pauvres occupent le bas du tableau des couvertures vaccinales.

Les communes de Bruxelles ne sont pas toutes égales face à la vaccination. On le sait depuis le printemps 2021. À ce moment, le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir se plaignait d’un accès « inégal » aux sérums entre population aisée et précarisée. S’en est suivie l’ouverture d’une antenne locale dans une salle de sport de la commune de 1re couronne. Cette expérience faisait suite à un test sur le marché de Molenbeek.

Plus tard, en juin, le bourgmestre de Saint-Gilles Charles Picqué a confirmé les impressions. ««Les chiffres de la couverture vaccinale recoupent ceux de la précarité socio-économique dans certains quartiers», analysait le socialiste à l’ouverture de l’antenne locale de la place Bethléem, dans un des quartiers les plus densément peuplés de Belgique.

Depuis cet été, les chiffres diffusés par la Cocom recoupent ces présomptions. Il semble clair au regard du tableau ci-dessous que les communes du sud de Bruxelles obtiennent une couverture vaccinale plus haute que celles du nord et de ce qu’on appelle traditionnellement «le croissant pauvre».

Plus les revenus sont hauts, plus on se vaccine: les taux de vaccination des 19 communes bruxelloises le prouvent
Les communes en vert sont aussi celles aux revenus médians les plus hauts. Cocom

Les 5 communes les plus riches au top du taux de vaccination

Au rang des «bons élèves», on note un podium occupé par Woluwe-Saint-Pierre (76%), Auderghem (74%) et Woluwe-Saint-Lambert (72%) à égalité avec Watermael-Boitsfort (72%). Le top 5 est complété par et Uccle (71%).

Là où ce tableau prend davantage de sens, c’est quand on le compare à celui des revenus par ménages. Selon les chiffres collectés par l’IBSA se rapportant à l’année 2018, ce top 5 correspond à l’identique, à celui des revenus médians. Où Woluwe-Saint-Pierre (26.231€) occupe ainsi la tête et Auderghem (25.222€) le 2e rang. Suivent Watermael-Boitsfort (23.793€) et Woluwe-Saint-Lambert (23.598€) quasi ex-aequo, puis Uccle (22.764€). Éclairant.

Les 6 plus pauvres sont aussi les 6 moins bien vaccinées

Si on s’intéresse au côté rouge du tableau des taux de vaccination, les conclusions peuvent-elles être les mêmes? Molenbeek et Saint-Josse sont en queue de peloton avec 49% chacune. Suivent Koekelberg (53%), Anderlecht (54%) et Schaerbeek (55%). Suivent Bruxelles-Ville (56%) et Saint-Gilles (58%).

Comparons maintenant avec le revenu médian 2018. Là encore, le duo de fond de tableau est identique: Saint-Josse compte les revenus plancher (12.602€), précédé par Molenbeek (13.537€). Avant eux se classent Bruxelles-Ville (14.883), Schaerbeek (14.893€), Anderlecht (15.019€), Koekelberg (15.536€) et Saint-Gilles (15.602€). Là encore, les similitudes entre taux vaccinal et revenus sont flagrantes.

«On a encore de la marge» pour doper les taux de vaccination

Ces déséquilibres énormes face à la seringue s’observent depuis plusieurs semaines, voire des mois, entre sud de Bruxelles et Croissant Pauvre. Ils s’expliquent sans doute par un meilleur accès à l’information, mais aussi aux technologies qui permettent de s’enregistrer pour recevoir la piqûre.

«Si les gens n’y arrivent pas, ce n’est pas qu’une question idéologique mais d’accès au site d’inscription», nous assurait le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, en mai 2021. Et d’étayer, sur base d’enquêtes réalisées par ses équipes de sensibilisation sur le terrain: «Deux tiers des gens qui viennent nous voir n’ont pas d’e-mail actif et un tiers n’a pas de GSM ou pas de N° activé». Quand tout ou presque se règle via écran, «comment voulez-vous?»

Les bus dans les quartiers

Pour autant, ces différences n’exemptent aucun code postal des efforts stratégiques entrepris par la Cocom pour doper les couvertures vaccinales.

«Même au sud de Bruxelles, là où les taux sont tous au-dessus de 70%, on a encore de la marge pour améliorer les chiffres», appuie Inge Neven, responsable du Service inspection hygiène de la Cocom, lors de la communication de ces statistiques. «Les actions que nous menons se répartissent donc dans toutes les communes de la Région».

Pour rappel, la tactique de la Cocom décentralise de plus en plus les options de vaccination. L’idée est «de ne laisser personne de côté». Si les antennes locales voulues par certaines communes les moins riches (Saint-Josse, Molenbeek et Saint-Gilles donc, mais aussi Anderlecht et Etterbeek) ont fermé progressivement (excepté Molenbeek), les bus bruxellois font fréquemment arrêt dans les quartiers ou les zones de passage des populations plus jeunes.

Cette semaine (planning ci-dessous), ces bus qui injectent quelque 1000 doses hebdomadaire stopperont notamment place Van Meenen (Saint-Gilles), Foire du Midi, place Saint-Antoine (Forest), place Saint-Denis (Forest), place Anneessens (Pentagone) ou place Bockstael (Laeken).

Plus les revenus sont hauts, plus on se vaccine: les taux de vaccination des 19 communes bruxelloises le prouvent
Le planning des Vacci-Bus pour la semaine du 2 au 7 août à Bruxelles. Cocom



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