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Les douanes ont effectué leur plus grande action contre le trafic de cigarettes

Les douanes ont effectué leur plus grande action contre le trafic de cigarettes

- Archives Belga

Les services des douanes ont effectué ce mercredi des descentes dans dix endroits où ils soupçonnaient la production et/ou le stockage de cigarettes illégales.

Il s’agit de la plus grande action jamais entreprise en Belgique dans la lutte contre les cigarettes de contrefaçon. Au moins 30 interpellations ont eu lieu.

Selon les autorités douanières, de plus en plus de bandes venues d’Europe de l’Est choisissent la Belgique pour fabriquer illégalement des cigarettes et leur donner l’apparence de cigarettes de marques connues. À l’origine de ce phénomène, une combinaison de facteurs, notamment l’augmentation des accises sur les produits du tabac au sein de l’Union européenne et le renforcement de la sécurité du commerce des cigarettes de marque originale. La vente de cigarettes de contrefaçon permet d’échapper à de nombreux droits d’accises. Les cigarettes saisies dans notre pays sont traditionnellement destinées en grande partie aux marchés français et britannique.

Les descentes de mercredi sont le résultat de plusieurs mois de recherches préparatoires en coopération avec l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et Europol. Soutenus par les forces de police locales, 150 douaniers ont effectué des descentes à dix adresses à Bree, Aartselaar, Tongres, Eeklo, Drogenbos, Charleroi, Leuze-en-Hainaut et Frasnes-lez-Anvaing. À Aartselaar (province d’Anvers), notamment, un grand site de production installé dans un hangar près de l’A12 servait à transformer le tabac brut en cigarettes. La douane y a procédé à l’interpellation de 17 personnes, qui logeaient sur place. D’autres sites de production ont également été trouvés à Tongres, Eeklo et Frasnes-lez-Anvaing.

«Ici, le tabac est séché dans des machines, écrasé et inséré dans le papier», explique Kristian Vanderwaeren, patron de la douane belge. «Ensuite, le filtre est fixé et le produit final est emballé, après quoi il peut être mis sur le marché. Différentes marques sont imitées, mais il s’agit toujours du même produit avec une étiquette différente.»

Kristian Vanderwaeren souligne que les cigarettes illégales ne posent pas que des problèmes d’accises. «C’est un problème fiscal, mais aussi un problème de santé», explique-t-il. «La qualité du tabac est très mauvaise, il peut contenir des métaux lourds et le filtre n’est pas de bonne qualité. Ces cigarettes sont très bon marché, mais très mauvaises pour la santé. Donc, en tant que consommateur, ne les achetez pas.» Les douanes affirment que les cigarettes illégales sont surtout vendues en ligne, ce qui est interdit en Belgique, et peuvent être identifiées par leur prix, beaucoup plus bas que celui auquel sont proposées des cigarettes de marques.

Les suspects interpellés seront interrogés et éventuellement déférés devant le juge d’instruction. Entre-temps, l’enquête se poursuit, à la fois en Belgique et au niveau international. «Pour l’enquête internationale, nous demandons aux douaniers en Pologne, mais aussi à l’OLAF et à Europol de poursuivre l’enquête dans les pays d’Europe de l’Est d’où sont originaires les gangs», indique Kristian Vanderwaeren.

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