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ETHE/VERVIERS

Un Gaumais offre la restauration d’un violon abîmé par les inondations à Verviers

Un Gaumais offre la restauration d’un violon abîmé par les inondations à Verviers

Pas moins de 30 heures de travail seront nécessaires à Jean-Marie Liégeois pour redonner une vie au violon de Sapir. ÉdA

Retrouvé en piteux état, le violon de Sapir Chmelkin est en pleine restauration. Une histoire triste qui devrait connaître une fin heureuse.

Dans un contexte bien difficile, de petits miracles existent. Il y a quelques semaines, lors des inondations à Verviers, le violon de Sapir Chmelkin est gravement abîmé: « Je réside à Bruxelles et j’étais à ce moment-là en vacances en Bulgarie. Mon violon était resté dans la maison de maman à Verviers et se trouvait au rez-de-chaussée dans son étui. J’étais sans nouvelles de ma famille». Lorsqu’elle retrouve ses affaires et cet instrument si cher à son cœur, cette violoniste et professeure de français est particulièrement émue. Il s’agit en effet de son tout premier violon.

Un travail de longue haleine

Au même moment, plusieurs membres de la Maison de Jeunes de Virton se rendent dans la région pour aider la MJ de Hodimont et apporter leur aide aux sinistrés. Sur place, Aurélie Lambert rencontre Sapir, décide de ramener le violon et se met à la rechercher d’un luthier. « Quand j’ai rencontré Aurélie, nous étions toutes les deux sous le coup de l’émotion. Je ne pensais que c’était terminé et qu’il était impossible de sauver mon violon au vu de son état. J’ai essayé de relativiser en me disant que cela ne servait à rien de le réparer. J’ai finalement accepté car je ne voulais pas regretter», précise Sapir.

Aurélie trouve l’aide tant espérée chez Jean-Marie Liégeois. Ce dernier a proposé gratuitement de redonner vie à l’instrument: « C’est un petit geste d’espoir et d’entraide. Je vais tout faire pour le sauver car en tant que musiciens, nous sommes attachés à notre instrument, chacun est unique».

Un travail minutieux pour le luthier. « La restauration devrait me prendre au minimum trente heures, réparties sur plusieurs jours, il ne faut pas aller trop vite. C’est un défi compliqué car le bois a travaillé avec l’eau, il est tordu. La boue, acide, a attaqué le métal et le vernis et s’est infiltrée dans le bois». Le dos du violon a moins souffert que la table de celui-ci. « Je dois chercher un système de pressage à froid pour remettre le bois et les joints en état. Une fois le collage terminé, il y a le nettoyage du vernis. Il faudra probablement tamponner du vernis sans solvant et ensuite ajouter un nouveau chevalet, mettre de nouvelles cordes et régler la sonorité. Sapir retrouvera la sonorité de son violon».

Touchée, Sapir a tenu à faire la connaissance de Jean-Marie il y a quelques jours: « J’avais l’impression de ne pas avoir droit à ce cadeau. J’étais très émue par son geste, je suis heureuse que des personnes comme lui existent. Si un jour j’ai des élèves, j’aimerais leur raconter cette histoire». Une belle rencontre aux yeux du luthier également. « Sapir a essayé plusieurs de mes violons. Elle est tombée sous le charme d’un instrument que j’ai fabriqué récemment et que j’ai nommé El Salvator (le sauveur). Elle est repartie avec pour le tester durant deux semaines». Espérons qu’il s’agit d’un signe de bon augure pour la jeune femme de 24 ans dont l’ambition est d’intégrer le conservatoire et qui attend pleine d’espoir de retrouver son instrument fétiche.


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