BRUXELLES

Les sans-papiers de l’église du Béguinage menacés d’expulsion: «Cela nous ferait perdre notre rapport de force vis-à-vis de l’État»

Les sans-papiers de l’église du Béguinage menacés d’expulsion: «Cela nous ferait perdre notre rapport de force vis-à-vis de l’État»

Les sans-papiers veulent rester à l’église du Béguinage jusqu’au traitement des dossiers. AFP

Les personnes sans-papiers qui occupent l’église du Béguinage à Bruxelles appellent ce mardi la Fabrique d’église concernée à prolonger leur occupation jusqu’à la finalisation de leurs démarches administratives.

Un porte-parole du groupe remarque que l’échéance du 15 août vient de leur être communiquée. Il espère que cette première date avancée pourra être repoussée jusqu’au traitement des demandes de régularisation des anciens grévistes de la faim.

«Quitter l’église nous ferait perdre notre rapport de force vis-à-vis de l’État», argumente le porte-parole. «Le traitement des dossiers pourrait être renvoyé plus encore à l’arbitraire. Cela causerait aussi la dispersion des grévistes de la faim. Certains habitent loin, dans d’autres villes... Comment va-t-on pouvoir continuer à organiser la constitution des dossiers? Cela va mettre en péril tout ce qu’on a construit ensemble. On voudrait rester jusqu’à l’introduction des dossiers, et même jusqu’à l’obtention des réponses».

Le comité de soutien des personnes sans-papiers explique dans son communiqué que le travail de constitution des dossiers est laborieux. Deux coordinatrices viennent d’être désignées afin d’organiser l’affectation des ressources juridiques dans les trois sites d’occupation, à savoir à l’église du Béguinage et dans les réfectoires de l’ULB (Université Libre de Bruxelles) et de la VUB (Vrije Universiteit Brussel). Avec l’aide de bénévoles, de juristes et d’avocats, les 400 à 500 sans-papiers liés à la grève de la faim initiée le 23 mai dernier comptent déposer leurs nouvelles demandes de régularisation en même temps auprès de l’Office des Étrangers et en en avisant le Cabinet du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V).

Dans l’éventualité où la demande de quitter l’église pour le 15 août se maintiendrait, le comité de soutien des anciens grévistes de la faim appelle en réponse les personnes désireuses de se montrer solidaires avec les sans-papiers visés par l’expulsion à venir camper sur la place du Béguinage le 14 août à partir de 17h00.

«Maintenant que nous sommes arrivés à un point où cette action porte ses fruits, nous aimerions reprendre les activités normales de l’église dans un avenir proche», expliquent dans un communiqué le Conseil de la Fabrique d’Église et les porteurs du projet «Maison de la Compassion». «Il ne s’agit certainement pas d’une exigence et nous ne procéderons pas à une expulsion». Karen Naessens, coordinatrice du projet, assure qu’il n’y a aucune intention d’initier une procédure d’expulsion au niveau juridique. D’autres locaux sont proposés aux sans-papiers pour poursuivre leur travail administratif. La date du 15 août a été avancée en vue de préparer l’église pour une reprise des activités normales début septembre. Le Conseil de la Fabrique d’Église et les représentants de la «Maison de la Compassion» lancent d’ailleurs un appel à des volontaires pour aider à nettoyer l’église.

La «Maison de la Compassion» est un projet d’inspiration chrétienne à travers lequel sont organisés des expositions, des soirées de débats et des repas solidaires sur les thèmes de l’immigration, de l’environnement, des discriminations et de la pauvreté.


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