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PLOEGSTEERT

Ploegsteert : à chacun son son de cloche !

Ploegsteert : à chacun son son de cloche !

Le paisible village s’est trouvé une querelle de clocher… ÉdA

Prise sans réelle concertation, l’extinction des cloches de 21 h à 8 h a donné lieu à des pétitions. La balle est renvoyée au pouvoir communal.

Depuis qu’elles ne sonnent plus entre 21 h et 8 h, les cloches de Ploegsteert n’ont jamais fait autant de bruit! Tout commence début juin par une demande d’une habitante de la rue du Romarin, Sylvie Vancraeynest: «Je suis venue m’installer ici il y a cinq ans, explique celle qui est d’origine mouscronnoise. J’aime beaucoup le village mais les cloches perturbent le sommeil de ma fille de 11 ans. D’ailleurs, je ne vois pas en quoi le bruit des cloches la nuit fait partie d’un patrimoine».

Celle qui est par ailleurs conseillère communale Écolo se met en quête de renseignements pour savoir à qui il faut s’adresser pour la trêve nocturne des cloches. Contacté par un membre de la Fabrique d’église, l’évêché donne son accord.

Un technicien de la société Meridiaan, de Menin, vient modifier l’installation et les cloches se font muettes en soirée et la nuit. Lors du conseil communal du 21 juin, le fait est évoqué lors de la présentation des budgets des fabriques d’église.

Et c’est donc par quelques lignes dans la presse que la plupart des paroissiens apprennent les choses, alors que la décision a été prise sans même qu’une réunion de la fabrique d’église ne soit appelée à l’entériner; la plupart des membres n’étant même pas au courant.

«Il ne faut plus que cela se reproduise»

Impliqué dans la vie locale et paroissiale, Jean-Claude Walle (78 ans) a toujours vécu dans les parages du clocher. Homme de sagesse et de tolérance, il n’apprécie cependant pas la façon de faire. Selon lui, c’est plus la forme que le fond qui pose problème: «Nous sommes en démocratie et nous avons des droits, notamment celui de s’exprimer, de donner son avis. Dans ce cas-ci, on prend une décision basée sur une seule personne et l’on change des coutumes séculaires. Il ne faut plus qu’à l’avenir de telles choses se reproduisent! Les cloches font partie de notre patrimoine, de nos traditions. Ceci dit, il y a des problèmes plus graves et il ne faut pas en faire une affaire d’État.»

Deux pétitions et 220 signatures

Certains Ploegsteertois ont décidé de ne pas se laisser faire. L’un d’entre eux a publié une affiche, avec une pétition, sur laquelle figurent les mots «Non à la «trêve» des cloches. Gardons nos valeurs pastorales.»

Bruno Looten a mis dans les boîtes aux lettres un papier à compléter. En tout, il semble que 220 signatures aient été recueillies pour le retour des cloches nocturnes.

Quant à l’abbé André Cardinael, tout ce bruit autour des cloches l’exaspère: «L’église ne doit-elle pas être à l’écoute des plus faibles?», se justifie-t-il, tout en indiquant que l’Évêché souhaite diminuer les nuisances vis-à-vis des citoyens et encourage donc la trêve nocturne des cloches.

Lundi soir, les opposants à la trêve nocturne se sont à nouveau réunis, avec l’objectif d’apaiser les tensions. Pour eux, il n’est pas question d’envenimer la situation, même s’ils ont bien l’intention que les cloches sonnent à nouveau de jour comme de nuit!


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