article abonné offert

FLOREFFE

Esperanzah!: le Covid safe ticket n’est pas un cadeau

Esperanzah!: le Covid safe ticket n’est pas un cadeau

Vu que tout le monde était négatif, guéri ou vacciné, le festival n’a pas dû mettre de tracing en place. Julien Peeters / Esperanzah!

Sous les projecteurs, le Petit Esperanzah! fait figure de réussite et d’espoir de relancer tout un secteur. Mais dans l’ombre, ça a beaucoup cogité.

Avec le Bluebird d’Ohey et deux semaines avant le vrai début des festivals, rendus accessibles par le Covid Save Ticket, Esperanzah! a dû essuyer les plâtres en tant qu’édition pilote.

Et ce ne fut pas de tout repos.

Responsable des partenariats, du financement et du volet alimentaire depuis quelques années, Florence Higuet avoue avoir dû délaisser ses tâches habituelles pour se consacrer au protocole Covid. Ou plutôt le non-protocole. «Le discours était: vous intégrez le Covid safe ticket (NDLR. ce passeport actant que vous êtes complètement vacciné, que vous êtes guéri du Covid ou que vous avez subi un test, négatif, dans les dernières heures) dans votre fonctionnement et vous vivez comme avant, sans protocole adhoc. Sans aération, sans gestion de la foule. Derrière la formalité numérique, nous nous sommes interrogés: comment être cohérent? En considérant qu’après le contrôle des tickets, Le Petit Esperanzah! faisait office de bulle safe, nous avons joué le jeu.»

Sacrifice bénévole

La «formalité numérique» n’en était pas une et a tout de même exigé beaucoup de temps et de boulot en amont, sans autre aide financière et logistique que les subsides glanés pour la tenue de l’événement. «Il a fallu analyser et décanter les règles, qui changeaient de semaine en semaine. Puis, nous les avons vulgarisées pour les équipes et notre public. C’était éminemment compliqué en termes de communication. Ça a mobilisé tous les canaux. Et, ces derniers jours précédant le début du festival, nous nous sommes transformés en call-center pour répondre aux 2 000 questions de nos festivaliers.»

«C’est un sacrifice bénévole qu’on fait payer à la Culture, continue Jean-Yves Laffineur, directeur. Mais nous l’avons fait parce que nous aimons ce que nous faisons. Des représentants d’autres événements sont venus voir comment cela se passait. Là où le transfert d’information est compliqué, ils sont venus prendre de l’avance, anticiper les problèmes.Nous nous sommes fédérés, ça nous a donné une force de négociation et une vraie solidarité.»

Le problème des festivaliers mineurs ou étrangers

Dans la semaine, Florence fera parvenir son rapport et remonter les cas problématiques. Et il y en a, À l’entrée du site, le contrôle des tickets a forcément pris plus de temps que d’habitude. Des scouts vérifiaient les identités – «pas de souci pour ces dernières» – et scannaient le QR Code de chaque Covid Safe Ticket. Parfois, le feu vert tant attendu n’arrivait pas. «Dans 90-95% des cas refusés, il s’agissait de gens qui n’avaient pas compris les règles ou pas fait les démarches. Un problème facile à régler, nous les avons pris par la main. Mais, les 5 derniers% étaient beaucoup plus complexes. C’était des cas de mineurs, les – de 16 ans qui n’ont pas de carte d’identité et que les parents n’avaient pas accompagnés. Puis, il y avait les personnes étrangères, résidant ou non en Belgique, mais ayant effectué un test en Belgique. Parce qu’il répondait de leur propre système national, il n’y avait pas moyen, sinon une procédure très particulière que nous avons découverte, de récupérer leur QR code. Ni un autre résultat que celui négatif ou positif. Pas question de s’en contenter, pour écarter tout risque de falsification.»


Nos dernières videos