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FLOREFFE

PHOTOS| Avec 8.600 festivaliers, Esperanzah! a fait le plein de sourires comme s’il en pleuvait

Au-delà d’un bol d’air, ce Petit Esperanzah! fut une course en avant vers un monde un peu plus insouciant mais pas comme avant puisqu’espérant avoir appris de ses erreurs.ÉdA

Sans masque, jamais loin de la capuche, 8600 festivaliers ont ouvert le bal des festivals d’un été encore particulier, au Petit Esperanzah!

«Je suis déjà trempé.» Avant même l’ouverture du site, certains avaient déjà goûté la pluie, invitée durable de cet été détrempé. Imperméable, la grande bulle des possibles floreffoise ne l’est pas, forcément, mais les festivaliers, déjà réchauffés par les rayons du soleil réapparu aussi vite qu’il était parti, ne lui en veulent pas.

PHOTOS| Avec 8.600 festivaliers, Esperanzah! a fait le plein de sourires comme s’il en pleuvait
Telle mère, tel fils. Les festivaliers ayant amené leurs bottes dans l’aventure n’étaient pas rares. Ce qui n’empêche pas de taper du pied face aux concerts endiablés. ÉdA

Présents en nombre au vu de la jauge réduite: 4400, samedi, et 4200, dimanche. Tous vaccinés complètement ou ayant effectué un test, acté négatif, au cours des dernières heures. Ainsi ont-ils apprécié à nouveau des bonheurs divers, interdits et inenvisageables il y a quelques mois. De quoi donner aux prémisses de ce festival, multigénérationnel et multicolore par excellence, une aura particulière.

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ÉdA – Frédéric de Laminne

«Boa tarde»

Seul en scène, c’est le Brésilien folk, Lucas Santtana qui a lancé la grande réunion de famille. Face à ses premières chansons, toutes douces et rudement engagées (comment ne pas l’être quand on vient du pays du maudit Bolsonaro), les festivaliers ont laissé exploser leurs premiers cris de joie et applaudissements primaux. Après deux chansons, même si la musique n’était pas (encore) raccord, ça dansait et les farandoles commençaient.

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Lucas Santtana ÉdA – Frédéric de Laminne

«Personne ne lâche la main de personne.», essayait Lucas en français, alors que dans l’euphorie des retrouvailles, le rire se mêlait aux larmes, et les frissons vous gagnaient. Ça faisait longtemps que certains ne s’étaient pas vus, serrés, embrassés.

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King Louie a fait péter l’élastique. Sa tribu est dans la place. ÉdA – Frédéric de Laminne

La Dame Blanche, «popolop»; Yseult, flop

Premier coup de dynamite, dans cette programmation paritaire, sur la grande scène: La Dame Blanche. La flûtiste cubaine, entre hip-hop et reggae, envolées quasi lyriques et morceau presque metal, a mis fin aux dernières timidités, invitant des dizaines de personnes à envahir la scène. Les «popolopopopopo» retentissaient.

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La Dame Blanche ÉdA – Frédéric de Laminne

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Stage Invasion lors du concert de La Dame Blanche ÉdA – Frédéric de Laminne

Les découvertes ont marqué les esprits tandis que la seule tête d’affiche, Yseult, décevait. En piano-voix et à force de vocalises pompeuses, la diva (dans le plus mauvais sens du terme) a endormi ses spectateurs plus tôt que prévu. Les Congolais de Fulu Miziki – dans leurs habits de Daft Punk de la récup’, leurs instruments n’existant qu’à partir de déchets – avaient pourtant irrésistiblement mis le feu.

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Fulu Miziki ÉdA – Frédéric de Laminne

Étoiles dans la pluie

Sarouel ou salopette, bottes (!) ou sandalettes, tatoués ou torse nu, tous les mêmes sous l’imper et dans la communion, les esperanziens ont commencé leur dimanche dans les flaques. Mais ça n’a pas refroidi les ardeurs de certains. «Un concert sous la drache, waiii! », clamait l’un avant de prendre place dans la navette des cosmonautes cinaciens de Super Ska (interview à découvrir, mardi), avec des cuivres comme réacteurs et quelques chanteurs à 200% comme satellites bienveillants. Entrée en matière costaude pour une autre journée «comme avant».

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Kim Sattler

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ÉdA
Le solaire et showman Ziza Youssouf a conquis le public de sa musique enveloppante mais jamais tendre quand il s’agit de dire au monde ses quatre vérités.

Sur la grande scène, l’explosive Martiniquaise Meryl a prouvé qu’elle avait tout d’un «bonhomme» dans l’univers rap. Dans ce festival résolument sans nuage, n’en déplaise aux apparences météorologiques, une autre étoile était née.

 

Petit mais vrai

«Quand on nous a demandé de nous réinventer, en tant que secteur culturel, nous l’avons tous mal vécu. » À la conclusion de ce 1er festival d’une nouvelle ère, qu’ils espèrent longue et sans plus d’interruption, les organisateurs du Petit Esperanzah! étaient ravis, scrutés par le monde politique (gouverneur, l’une des deux commissaire Corona mais aussi la ministre de la Culture en Fédération Wallonie-Bruxelles sont venus sur place) mais également les autres organisateurs d’événements (festivals comme fêtes de village).

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Winter Woods ÉdA – Frédéric de Laminne

Si le Covid Safe a demandé beaucoup d’énergie (nous y reviendrons, mardi), le signal répercuté par Jean-Yves Laffineur, directeur et programmateur, est très positif. «Petit Esperanzah!, mais vrai Esperanzah! quand même, grand dans l’émotion, l’énergie dépensée. Une splendeur exceptionnelle après les ascenseurs émotionnels. Il y avait une âme, une énergie, un esprit, de l’espoir pour les acteurs de la Culture, auxquels on n’a jamais donné la place qui leur revenait tout au long de la pandémie. »

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Ozferti ÉdA – Frédéric de Laminne

Côté interventions de secours, qui n’ont jamais été aussi proches de l’épicentre du festival – la «plaine festivalière» étant limitée au plateau supérieur de l’abbaye, ambulances et camion de pompiers ont pu se poster en haut de l’allée pavée, sans que les secouristes aient besoin de se frayer un passage parmi les festivaliers, comme les autres années –, «ce fut les vacances», explique Arnaud de Brye, régisseur général. Tout juste quelques chutes à signaler.

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ÉdA – Frédéric de Laminne

 


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