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Du bisphénol dans des tétines de la marque Dodie

Du bisphénol dans des tétines de la marque Dodie

La norme sanitaire belge, comme celle de l’UE, tolère un taux de 0,01 par litre de Bisphénol A dans ces jouets. lagom - stock.adobe.com

Une concentration élevée de Bisphénol A a été détectée dans des tétines et des appareils de dentition pour enfants.

Un flou juridique met-il en danger les enfants en bas âge? Une étude faite par Test-Achats démontre qu’un taux anormalement élevé de Bisphénol A a été relevé dans les tétines et appareils à dentition de la marque Dodie, pour les 0 à 6 mois. Le Bisphénol A est un perturbateur endocrinien avéré.

Un constat que Julie Frère de Test-Achats juge dangereux: «C’est une substance qui peut dérégler le système hormonal, mener à des problèmes de fertilité, des cancers, etc. Ce n’est vraiment pas une substance souhaitable dans les matériaux qui entrent en contact avec les jeunes enfants.»

La réglementation européenne interdit pourtant cette substance dans les contenants alimentaires (biberon et tétines de biberon).

L’ASBL de défense des consommateurs prône son interdiction complète. «Nous estimons qu’il n’y a pas de distinction entre ces différents objets. Les enfants passent quand même toute leur journée à les mettre en bouche, donc il y a un risque qu’ils ingèrent un perturbateur endocrinien.»

Un danger dans l’impasse

En réaction à cette annonce, le SPF Économie a indiqué que Test-Achats n’avait pas analysé le taux de libération de la substance dans la salive. La norme belge ne l’interdit pas, à l’inverse de la France ou de l’Autriche. Ces deux pays l’ont rendu illégal à tous les niveaux, dépassant de facto la norme européenne.

Le Belgique n’a pas poussé l’analyse des jouets pour enfants qui en contiennent.

«Le Bisphénol A n’est pas interdit dans ces produits. Une norme va simplement réglementer le seuil de libération de cette substance. Donc, elle peut s’y trouver. Mais le taux de migration de ce produit dans la salive est réglementé.» Ce qui est contradictoire d’après elle, car les enfants y sont profondément vulnérables. «Les enfants sont beaucoup plus sensibles que les adultes. Leur corps est plus petit. Donc ils sont plus exposés à une plus petite dose.»

Pousser à l’interdiction

L’intention de Test-Achats est de pousser les autorités belges à aller plus loin «pour aller dans le sens de la France et de l’Autriche.»

Avertie, l’Union Européenne reconnaît l’importance de ce problème, d’après Julie Frère: «La bonne nouvelle est que la Commission européenne en est consciente. Elle est en train de travailler à une harmonisation pour que tous les produits destinés aux jeunes enfants soient réglementés de la même façon, afin qu’ils soient protégés des perturbateurs endocriniens dans tous les produits.»

Dans l’attente d’une réglementation européenne spécifique aux jouets pour enfants, Test-Achats attend du SPF Économie qu’il signale cette anomalie dans le RAPEX, un système d’échange d’informations entre États membres de l’Union Européenne pour les produits dangereux.

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