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En 1972, ils prévoyaient l’effondrement de notre civilisation pour 2040 et auraient vu juste jusqu’à maintenant

En 1972, ils prévoyaient l’effondrement de notre civilisation pour 2040 et auraient vu juste jusqu’à maintenant

Image d’illustration Roman Milert - stock.adobe.com

En 1972 sortait «The limits to growth», un ouvrage qui anticipait déjà à l’époque l’évolution de l’humanité si celle-ci ne changeait rien à son mode de vie. Les prévisions se sont avérées (presque) toutes justes jusqu’à présent. De quoi nous inquiéter, car les modèles décrits dans le livre prévoient l’effondrement de notre civilisation pour 2040!

Lors de sa sortie, en 1972, «The Limits to growth» («Les limites de la croissance» , en français) était perçu comme un livre catastrophe. Près de 50 ans plus tard, les modèles qui y sont répertoriés résonnent incroyablement justes, notent nos confrères de la RTBF.

À l’initiative de l’ouvrage, quatre scientifiques. À l’aide de modèles mathématiques, ceux-ci affirmaient que l’humanité irait droit dans le mur si elle continuait à poursuivre sa croissance économique sans tenir compte des coûts environnementaux.

Concrètement, d’après les auteurs du livre, la population humaine diminuera drastiquement avant même la moitié du 21e siècle si rien n’est fait pour changer notre mode de consommation. En cause: la baisse de nourriture disponible, l’épuisement des ressources naturelles et la pollution.

Face à cela, les scénarios des quatre scientifiques prévoyaient un arrêt des niveaux de bien-être mondial vers 2020 et un effondrement de notre civilisation vers 2040.

Des modèles à prendre au sérieux

Simples scénarios catastrophes? Il semblerait bien que non! Pour affirmer de tels propos, les auteurs de «The Limits to growth» se sont basés sur des modèles scientifiques très sérieux.

Pour arriver à leurs conclusions, les quatre scientifiques ont utilisé un modèle de simulation appelé «World3». À partir de statistiques recueillies au début du 20e siècle sur cinq données (population, ressources, production industrielle, pollution et nourriture), ils ont pu générer différents scénarios d’évolution.

Parmi les scénarios les plus sombres figuraient ceux indiquant une forte baisse de la population vers la moitié du 21e siècle. Constat alarmant: il semble que ces modèles soient ceux qui sont actuellement le plus en phase avec l’évolution que l’on connaît depuis ces 50 dernières années.

Si «The Limits to growth» fait reparler de lui de nos jours, c’est parce qu’une relecture moderne du modèle World3 a été réalisée.

Gaya Branderhorst Herrington, un consultant pour un cabinet d’audit et de conseil, a refait les calculs en y incluant les données statistiques des 50 dernières années.

Sa conclusion est sans appel. Les modèles qui se rapprochent le plus de la réalité sont bien ceux qui prédisaient une diminution de la population ainsi qu’un ralentissement de la production industrielle et agricole.

Tout n’est pas perdu

Ces modèles sont-ils inévitables? La réponse est non! Mais il faudrait faire énormément d’efforts pour s’en éloigner, vu le peu de temps qui nous sépare de 2040.

La meilleure solution serait un changement radical de notre mode de consommation. Un modèle où l’humanité stabilise volontairement sa croissance économique et réussit à créer une société durable.

Concrètement, la survie de l’espèce humaine sur Terre dépendra de sa capacité ou non à s’imposer des limites pour protéger son environnement.

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