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PHOTOS & VIDÉOS| Les dresseurs d’Akarien à Cannes, le 1er court d’animation de Thomas Latour bien en vue

Pour la 1re fois, dans son nouveau court-métrage, Thomas Latour a touché à l’animation. Son histoire d’amitié entre acariens, qui ne tient à rien mais invite à ne pas baisser les bras, a été appréciée au festival de Cannes.

Il y a 2 ans, le Sombreffois Thomas Latour et les joyeux drilles de sa boîte de production, Taak (comme une onomatopée), livraient le road-movie déglingué de l’été belge: La grande mésaventure. Avec un tout petit budget de 4 000€ (le cachet de Thomas pour son rôle dans Ibiza aux côtés de Christian Clavier et Mathilde Seigner), l’équipe mettait à l’épreuve sa débrouillardise et sa furieuse envie de tourner.

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TAAK

Qui n’a pas cessé. Il y a quelques jours, sous le soleil de son 1er Cannes, lors du Short Film Corner (sélectionné parmi des milliers de propositions), Thomas montrait aux professionnels de l’industrie cinématographiques et en «avant-première mondiale» son nouveau projet.

Akarien propose une immersion animée, poétique et sur un fil: dix minutes au pays des petites bêtes qui chatouillent sans être dépourvues d’émotions. « J’ai toujours fait du dessin, sans plus, explique le réalisateur autodidacte. Je savais que le jour où je réaliserais un film d’animation, arrivé plus rapidement que prévu à cause du confinement, je le ferais en mélangeant peinture et animation numérique de personnages.»

 

Façon puzzle et cartoon

Stan et Boris, les deux héros infinitésimaux, traînent ainsi leur misère dans ce monde de solitude (une tête pleine de cheveux? un tapis? un lit douillet? Surprise…) dans une soixantaine de toiles gigantesques peintes par Thomas et Zoé Istace, connue dans le monde de la customisation de chaussures. «En fait, des tableaux de quelques centimètres auraient aussi fait l’affaire! »

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TAAK

Mais avec ses amis, le photographe de formation s’était lancé un défi de taille. «Il a d’abord fallu trouver un style pour rendre sympathiques ces bestioles a priori assez moches. Avec Aurélien Moulinasse, nous avons choisi la technique Pixar pour rendre plus cartoonesques et humains les personnages. »

Une fois le rendu final arrêté, il a fallu trancher. «Mains, sourcils, yeux, jambes…: tout ce qui se compose de muscle a été isolé sur des calques pour procéder à l’animation sur ordinateur. Un personnage, c’est cinquante calques à assembler… pour une seule scène!» Ne laissant rien au hasard, Thomas en veut pour preuve ce gros cahier noir d’une cinquantaine de pages. «Le story-board.» Comme une BD: chaque plan a été dessiné méticuleusement pour guider la création.

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TAAK

«Il nous a aussi permis de réaliser le doublage selon la méthode américaine.» Ainsi, avant même que le film ne naisse réellement, les acteurs ont posé leurs voix sur le story-board mis en mouvement.

«Au moment de la réalisation finale, nous avons pu moduler les bouches des héros sur les paroles, raccord.Le casting était éclectique puisque nous avons pu compter sur le fidèle Dan Sluijzer (le «méchant» de La grande mésaventure) qui pour la 1re fois a prêté sa voix à un autre personnage; Nicolas Vanderstraeten, professeur de théâtre qui n’avait jamais fait de cinéma, et le spécialiste Stefan Sattler. Tout s’est fait pas à pas, au-delà de l’expression vocale, la gestuelle oriente l’intonation. »

 

Images réelles

Au-delà du doublage, le bruitage a aussi accentué les ressorts comiques de l’ambiance. «Un acarien, on n’est pas censé l’entendre mais, dans le sens du détail, nous avons enregistré toute une série de sons, comme les pattes qui tapent sur le sol. Pour une soirée dédiée à la composition et le mixage, nous avons loué un appartement que nous avons isolé avec tous les coussins et matelas trouvés.» Au-delà de ces sons inventés, le Namurois Loris Bontinck (alias Hybrid Contrast), lui, a composé la musique, tendance synthwave et orchestrale. «Une trentaine de pistes, pensées dès les gribouillis. Thomas a pu y piocher ce qui correspondait à l’atmosphère qu’il voulait faire passer.»

Le dessin animé accueille quelques scènes en prises de vue réelles, au cœur d’une voiture, et même une scène post-générique (comme après les films de super-héros) qui donne un peu plus de (non-)sens à cet ensemble étonnant. Tout en laissant le spectateur se faire sa propre opinion.

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TAAK

La suite?

Après Cannes, ce Graal, Akarien va bondir d’un festival à l’autre. Un autre court-métrage live et plus international est en préparation, top secret. Pour le reste, avec des petits moyens (3 000€ pour Akarien), les Taak se font remarquer et pourraient, dans le futur, réaliser des clips pour quelques vedettes. Ils planchent également sur la sortie sur les plateformes VOD et en Blu-ray de La grande mésaventure.

Suite à ses compositions, Hybrid Contrast a aussi été contacté pour d’autres projets cinéma.

 

Taak show

L’année passée, la bande de Taak a eu la surprise d’être contactée par RTL. «Ils voulaient rajeunir leur offre de podcasts sans savoir ce qu’ils voulaient. Ils nous ont fait une confiance aveugle et nous avons mis en boîte 24 émissions de 30 minutes à une heure. À chaque fois, nous recevons un ou plusieurs invités entre anecdotes, jeux et fun. Aux côtés de personnalités connues (le dessinateur Midam, l’acteur Éric Godon ou le musicien Todiefor), nous avons aussi rencontré des anonymes: un médium mais aussi une gardienne de la prison de Namur. Naturellement, faire de la radio, c’est différent du cinéma, il faut penser à l’éditeur qui n’a pas l’image, lui. Mais notre condition, était d’avoir un best-of vidéo de chaque épisode. »

La 2 saison est en préparation, la 1re est en écoute: bit.ly/3iSubYg

 


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