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ENVIRONNEMENT

Le radar sonore s’annonce en Belgique pour lutter contre les motos trop bruyantes

Le radar sonore s’annonce en Belgique pour lutter contre les motos trop bruyantes

Après les radars de vitesse, le radar «méduse» permet de contrôler le bruit dans les rues, et au besoin de verbaliser les véhicules. © Bruit Parif

Des radars pour verbaliser les véhicules trop bruyants. L’expérience se développe en France, avant d’arriver en Belgique.

Des radars anti-bruit. Certains bourgmestres de la vallée de la Molignée, ou de villages traversés par ces routes sinueuses fréquentées par des hordes de motards le week-end, doivent en rêver. En France, huit villes (dont Paris, Nice, Toulouse,..) vont expérimenter des radars «méduse» qui fonctionnent avec une caméra 360o entourée de 4 micros, et permettent de mesurer le taux de décibels des moteurs et échappements (ou des fêtards du quartier!), tout en relevant les plaques d’immatriculation des véhicules trop bruyants.

En 2019, un prototype avait été installé à Saint-Forget, dans les Yvelines. Le projet prend à présent de l’ampleur même si, dans l’Hexagone, il est question de prévention dans un premier temps. Les premiers PV ne seront pas dressés avant avril 2022.

«Pas si simple»

Il y a deux ans, Benoît Godart, de l’Institut Vias, avait plaidé pour l’installation de tels radars en Belgique. «C’est un sujet tabou auprès de certains motards qui estiment que le bruit les protège des automobilistes, dit-il aujourd’hui. Mais si tout le monde fait trop de bruit, ça devient insupportable. Je suis souvent interpellé sur le sujet.»

Il souligne toutefois qu’utiliser des radars pour verbaliser n’est pas si simple. «Les motards roulent souvent en groupe. Comment savoir avec un radar laquelle des motos du groupe fait trop de bruit?» Il faudrait aussi modifier la loi qui, actuellement, ne permet de constater de manière automatique qu’une série limitée d’infractions (vitesse, encombrement d’un carrefour, sens interdit, dépassement,…) Des discussions sont en cours en Commission du Parlement fédéral pour étendre la liste à toutes infractions, notamment l’usage du gsm au volant. Ce débat reprendra à la rentrée.

Grâce au contrôle technique

Ceci dit, l’excès de volume sonore n’est pas un problème de sécurité routière, mais relève de l’environnement. L’infraction ne figure pas au code de la route. Et si la police peut verbaliser, c’est parce que l’échappement contrevient au règlement technique du véhicule (101 db maximum pour les grosses motos).

«Pour les motos, le contrôle technique va devenir obligatoire en janvier prochain après un accident ou l’achat d’une occasion, souligne Benoît Godart. Le protocole existe enfin pour ce qui est du bruit, et il pourra être utilisé par les policiers le long des routes. C’est un pas dans la bonne direction.»

Une expérience de contrôle du bruit des automobiles est actuellement menée en Flandre, à Genk, avec une technologie de Nokia. En Wallonie, tant la ministre Tellier (Environnement) que De Bue (Sécurité routière et Tourisme) ont pris des informations sur le radar méduse de Bruitparif, utilisé en région parisienne.

«Pour autant qu’il soit homologué, ce radar serait un outil intéressant pour lutter contre le problème de bruit produit par certains motards», estime Jean-Philippe Lombardi, au cabinet De Bue. «C’est pour ça que nous suivons le dossier français de près. On verra dans quelles conditions on pourrait l’utiliser mais la lutte contre le bruit doit se faire sur un plan global. Dans les lieux touristiques, le niveau sonore des véhicules est source de vives tensions. Si on n’agit pas, certains bourgmestres pourraient prendre des mesures plus radicales.»

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