ANDERLECHT

Pitagone: cette barrière bruxelloise anti-véhicule-bélier est aussi sélectionnée aux JO de Tokyo

La barrière de sécurité Pitagone, développée et fabriquée à Bruxelles, assure la sécurité de nombreux sites et événements dans le monde. Dont actuellement les JO de Tokyo. Pitagone

La PME belge Pitagone fournit ses barrières de sécurité aux JO de Tokyo. Ce dispositif «périmétrique», seul au monde à être breveté, est optimisé contre les véhicules-béliers. Produit 100% noir-jaune-rouge déployé partout dans le monde, il est assemblé à Anderlecht, dans l’atelier de travail adapté Travie.

Elles sont noir-jaune-rouge et défilent aussi à Tokyo: les barrières Pitagone sécurisent en effet certains sites des Jeux Olympiques. Et dans la discipline de la «sécurité périmétrique», ce dispositif belge jouit d’une réputation internationale aussi flatteuse que celle de certains de nos athlètes.

L’entreprise anderlechtoise ne diffusera aucune image du dispositif déployé au Soleil Levant. «Nous sommes tenus au secret», s’excuse professionnellement Simon Bretholz, cofondateur. «Il faudra attendre la fin de l’événement». La PME bruxelloise réalise 95% de son chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros dans «les mesures antiterroristes mobiles», complétant son offre de «conseil».

Alors que plusieurs «médailles» de certification couronnent l’expertise de cette société «100% belge», on tend le micro à ce champion de la sécurité au palmarès long comme celui de certains sportifs.

Pitagone: cette barrière bruxelloise anti-véhicule-bélier est aussi sélectionnée aux JO de Tokyo
Les deux modèles de barrières de Pitagone déployés sur les sites emblématiques de Bruxelles. Pitagone

Simon Bretholz, vous êtes cofondateur de Pitagone. Qui vend donc des barrières…

Nous avons créé la première barrière anti-véhicule-bélier certifiée au monde. C’est un résultat magnifique pour une petite PME belge. Notre autre réalisation, c’est que nous sommes les seuls sur le marché à disposer d’un brevet certifié.

Il s’agit bien d’une barrière, qui se distingue donc des blocs de béton qui sécurisent encore de nombreux sites de rassemblements publics.

Le bloc de béton n’arrête pas un véhicule-bélier. Pas plus qu’une camionnette ou un combi de police (voir vidéo ci-dessous). C’est dû au fait qu’en Belgique, la police a l’obligation d’agir, pas de réussir. Ils sont en quelque sorte «couverts» s’ils font quelque chose. Mais ça ne sert malheureusement à rien pour sauver des vies. C’est davantage de la dissuasion que de l’efficience, proche de zéro.

Quels sont donc les avantages de la barrière Pitagone?

1er avantage: elle détruit le moteur. Le conducteur ne peut donc pas redémarrer. 2e avantage: elle est mobile, ne s’ancre pas dans le sol. On peut l’ouvrir et la fermer en cas de passage d’un véhicule d’urgence. 3e avantage: les crash-tests (ci-dessous, menés en Allemagne et Angleterre) prouvent qu’elle résiste aussi sur des attaques à 45 degrés ou sur une portion de barrière. Enfin, 4e avantage: elle n’est pas anxiogène. Discrète, elle ne fait pas peur à la foule. On peut même la recouvrir d’une bâche de communication. Ou la colorer sur mesure, comme nous l’a demandé l’Élysée, optant pour un vert discret.

Et puis, Pitagone est 100% belge.

Tout est produit en Belgique. C’est une fierté. Notre sous-traitant peinture, l’entreprise sidérurgique qui fournit le métal, les autocollants… La fabrication se fait à Anderlecht chez Travie, atelier de travail adapté au personnel formidable. Ils prennent en charge l’assemblage, le stockage et la logistique vers New York, l’Australie, les USA, toute l’Europe. Ils emploient 4 ou 5 personnes full-time pour nous. Et chez nous, nous avons 5 temps pleins.

Pitagone: cette barrière bruxelloise anti-véhicule-bélier est aussi sélectionnée aux JO de Tokyo
Ce sont les équipes de Travie qui assurent la logistique pour Pitagone, envoyant ces barrières aux quatre coins du monde. Pitagone

Depuis quand développez-vous ces solutions?

Le hasard fait que notre société a justement été créée le 14 juillet 2016, jour de l’attentat de Nice. La date marque le début du développement de ce marché de niche. L’attentat au véhicule-bélier est en effet le seul qui ne comporte aucun «danger» dans la recherche de son matériel puisqu’il suffit d’un camion ou d’une voiture de location, et non d’arme. Depuis Nice, le procédé s’est d’ailleurs multiplié (*).

Qui sont vos clients?

Les autorités, la police, les municipalités. Comme la police de Londres qui a passé une commande de 800 pièces. Mais aussi les zones Seveso, des entreprises comme les compagnies pétrolières ou l’usine Audi à Forest, les bâtiments de l’UE à Bruxelles. Pour eux, il s’agit d’un back-up en cas de dysfonctionnement ou entretien des bollards hydrauliques. Les sociétés d’événements aussi.

Pitagone: cette barrière bruxelloise anti-véhicule-bélier est aussi sélectionnée aux JO de Tokyo
La barrière Pitagone est utilisée dans les stades prestigieux et les événements sportifs les plus fameux comme Roland Garros, Liège-Bastogne-Liège, le stade du Sporting d’Anderlecht ou la dernière coupe du monde de rugby au Japon. Pitagone

Et dans le domaine sportif?

Les stades comme ceux du PSG, Anderlecht, Barcelone, Parme, Roland Garros. Pour l’Euro 2020, nous étions présents à Welmbley et Munich. Et nous avons assuré la dernière coupe du monde de Rugby au Japon.

Ce qui vous permet d’être aux JO?

Aussi grand est le monde, aussi petit l’est celui de la «sécurité périmétrique». Les gens se parlent. Et puis on multiplie les salons. Je reviens de Las Vegas. J’irai mi-septembre à la Nouvelle Orléans pour rencontrer les chefs des polices, ensuite ça sera Paris…

 

(*) Citons entre autres le marché Noël de Berlin en décembre 2016, Westminster (Royaume-Uni) en mars 2017, le piétonnier de Stockholm (Suède) en avril 2017, la Catalogne (Espagne) et Charlottesville (USA) en août 2017, Manhattan (USA) en octobre 2017, Toronto (Canada) en avril 2018 ou Volkmarsen (Allemagne) en février 2020.

 


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