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WALLONIE

Inondations: un duo de commissaires spéciales à la reconstruction de la Wallonie

Inondations: un duo de commissaires spéciales à la reconstruction de la Wallonie

Alexander De Croo, venu apporter son soutien au gouvernement wallon d’Elio Di Rupo, entourés des deux commissaires spéciales, Catherine Delcourt et Sylvie Marique, estime que la création de ce commissariat est une excellente initiative. ( Photo by Bert Van Den Broucke / Photonews) Photo News

Catherine Delcourt et Sylvie Marique coordonneront le plan de reconstruction dans les communes dévastées par les inondations.

Il fallait au gouvernement wallon poser un geste fort. Répondant à l’ampleur des inondations qui ont endeuillé et dévasté en grande partie le territoire et sa population. Le dernier bilan des pluies catastrophiques s’établit à 41 morts, a rappelé Elio Di Rupo. Deux personnes sont toujours portées disparues. On dira que la création d’un «commissariat spécial à la reconstruction» est ce geste attendu, plus fort que symbolique. Et on verra au bout du compte si la mission de coordination confiée à un duo de commissaires portera ses fruits.

Inondations: un duo de commissaires spéciales à la reconstruction de la Wallonie
Catherine Delcourt (Photo by Bert Van Den Broucke / Photonews Photo News

«Une priorité absolue»

Complémentaires, Catherine Delcourt et Sylvie Marique, deux juristes formées à l’université de Liège, ont un an pour mener à bien cette reconstruction. «Prolongeable en fonction de la situation» a précisé le ministre-président, sous l’autorité duquel agiront les commissaires, assistées d’experts.

Outre la coordination des mesures urgentes, leur rôle sera de formuler des propositions en vue d’assurer le plan de reconstruction dans les communes concernées, et de conseiller un gouvernement wallon «qui veut faire une priorité absolue de cette gestion de crise». Chaque semaine, elles établiront un rapport sur l’évolution de la situation.

Inondations: un duo de commissaires spéciales à la reconstruction de la Wallonie
Sylvie Marique ( Photo by Bert Van Den Broucke / Photonews) Photo News

Une «excellente initiative» que ce Commissariat a jugé le Premier ministre, Alexander De Croo, venu hier apporter son soutien à ses collègues wallons. La phase fédérale de la gestion de crise avait pris fin la veille, et «on s’oriente vers une autre phase qui est celle de la restauration et de la reconstruction. Cela ne veut pas dire que le support fédéral s’arrête là». Notamment, explique-t-il, via le soutien de l’armée dont 250 hommes restent actifs sur le terrain, l’extension de la TVA réduite pour les maisons reconstruites ou les dons. Les entreprises sont nombreuses à vouloir apporter un soutien financier, souligne le Premier ministre. Le plafond actuel de 500 000€ de mécenat fiscalement déductible sera supprimé. « Cela n’a pas de sens de garder cette limite».

«Il est clair que cela va être un effort de longue haleine pour reconstruire tout ce qui a été détruit, redonner de la dignité et de l’espace à ces communautés», conclut Alexander De Croo.

Défi gigantesque

Car sur le terrain «la situation est et reste compliquée. En matière de logements, on n’a pas de données mais on sait que le défi est gigantesque», précise le ministre des Pouvoirs locaux, Christophe Collignon. «Les travaux d’urgence se poursuivent. On est toujours en phase de crise», ajoute son collègue Philippe Henry. «La distribution d’électricité n’est pas encore rétablie partout.» Pour l’eau potable, par contre, «il n’y a plus de problème dans nos régions», précise Céline Tellier, ministre de l’Environnement. Qui pointe l’important problème de pollution aux hydrocarbures et l’évacuation de la masse énorme de déchets, qui représente «en deux jours les trois quarts de la quantité des déchets annuels ménagers». 27 sites de stockage temporaire ont été identifiés, pour libérer les trottoirs.

Afin de relever ces défis, rappelle Jean-Luc Crucke, le gouvernement wallon a débloqué deux milliards, dont 800 millions transférés du plan wallon de relance. Mais il prévoit déjà que «cette somme sera insuffisante.» La Wallonie peut encore espérer une aide du Fonds de solidarité européen. La demande a été faite. «Cela m’étonnerait qu’on ne rentre pas dans les critères», estime Alexander De Croo, confiant.

Des aides supplémentaires

Sur les 262 communes de Wallonie, pas moins de 202 seront admises au Fonds des calamités, sur base d’un rapport de l’IRM pour les inondations du 14 au 16 juillet. «Cela vous donne l’ampleur du drame que nous connaissons», souligne Elio Di Rupo. Il s’agit de toutes les communes des provinces de Liège, de Namur et de Luxembourg, ainsi que d’une quinzaine de communes en Hainaut et autant en Brabant wallon.

Les habitants de ces communes touchés par les inondations pourront bénéficier d’une aide financière, si elles rentrent dans les conditions. Le gouvernement va revoir le mécanisme d’indemnisation du Fonds afin de l’adapter à l’ampleur de la catastrophe. Les procédures seront simplifiées.

Sur l’aide de 50 millions d’euros annoncée la semaine dernière pour que les CPAS et les communes puissent reloger des ménages sinistrés, le gouvernement s’est accordé sur les modalités d’octroi d’une première tranche de 27 millions, dont 2 millions par commune à Trooz, Limbourg, Pepinster, Theux, Verviers, Liège, Esneux-Tilff, Chaudfontaine et Rochefort, les «communes dévastées». 18 autres communes «moyennement impactées» recevront 500 000€.

Une première tranche de 15 millions d’euros (sur 25 millions) a aussi été octroyée aux Sociétés de logement public afin d’assurer le relogement des locataires sociaux sinistrés. La Société wallonne du Logement est aussi autorisée à préfinancer les travaux de rénovation via des avances remboursables à taux zéro. 30 millions sont encore ajoutés aux 5 millions déjà annoncés pour les communes et provinces (support logistique et humain), dont 1,5 million par commune «dévastée». Une aide exceptionnelle de 3,5 millions est proposée aux gouverneurs, notamment la dératisation.

Face aux montagnes de déchets charriés par les crues, le gouvernement a provisionné 5 millions afin d’atténuer les surcoûts des intercommunales, ainsi que 2 millions pour aider tout particulier, entreprise ou pouvoir public lésé pour la prise en charge de la pollution aux hydrocarbures, lorsque celle-ci n’est pas couverte par les assurances parce que l’auteur ne peut être identifié. Enfin, un marché public va permettre aux communes sinistrées de disposer de containers loués (le besoin maximal est évalué à 750 conteneurs sur 3 mois) pour rapidement reloger les indépendants et commerçants, ou même des médecins généralistes, dont l’activité a été balayée par les inondations. Un budget de 3,6 millions d’euros a été mobilisé à cette fin.

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