JUDICIAIRE

Suite à deux mauvais diagnostics, la jeune Imane meurt d’une péritonite aigue: institutions de soin et médecins acquittés

Suite à deux mauvais diagnostics, la jeune Imane meurt d’une péritonite aigue: institutions de soin et médecins acquittés

(illustration) metamorworks – stock.adobe.com

En 2011, une ado bruxelloise est décédée d’une péritonite aigue. Or, deux médecins n’avaient pas décelé la crise. Les cliniques Saint-Luc, le Centre médical Maritime et ces deux soignants, poursuivis pour homicide involontaire, sont aujourd’hui acquittés.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a acquitté mi-juin les cliniques universitaires Saint-Luc, le Centre médical Maritime ainsi que deux médecins poursuivis pour homicide involontaire par défaut de prévoyance ou de précaution en raison de mauvais diagnostics en cause dans le décès d’une jeune fille de 14 ans le 15 juin 2011, selon une information publiée mardi par le quotidien La Dernière Heure. Contactées en réaction, les cliniques universitaires Saint-Luc se refusent à tout commentaire sur cette affaire. Imane est décédée des suites d’une péritonite aiguë. Les parents envisagent d’interjeter appel, toujours d’après la DH.

La jeune fille avait été prise de fortes douleurs au ventre et de vomissements durant la nuit. Un premier médecin l’avait vue chez elle. Soupçonnant une appendicite, il avait recommandé à ses parents de se rendre aux urgences.

Motilium et Dafalgan

Aux cliniques universitaires Saint-Luc, Imane avait été examinée par un médecin assistant de première année, qui avait décidé de la renvoyer chez elle et avait recommandé aux parents de la soigner avec du Fortimel, du Motilium et des Dafalgan. Comme l’état d’Imane s’aggravait, sa famille a fait venir à nouveau un médecin à domicile, alors assistant en deuxième année de médecine générale. Ce dernier s’est contenté de lui délivrer un certificat médical de trois jours. La jeune fille a finalement été transportée dans un autre hôpital, mais elle est décédée des suites d’une péritonite aiguë diagnostiquée tardivement.

Selon les informations de la DH, le tribunal a estimé que les erreurs de diagnostic sont de celles que tout jeune médecin aurait pu commettre. Quant aux incriminations relatives au manque d’encadrement des médecins assistants au sein des deux institutions de soins impliquées, à savoir les cliniques universitaires Saint-Luc et le Centre médical Maritime, il a conclu que «le reproche ne ressort pas à suffisance des débats et du dossier».

La procédure dans cette affaire a duré plusieurs années en raison notamment d’un rapport d’expertise qui s’est fait attendre. Les cliniques Saint-Luc ont ensuite contesté ce rapport mettant en cause les temps d’errance causés par les erreurs de diagnostic. Ces dernières relevaient qu’il avait été réalisé de façon non contradictoire et violait dès lors les droits de la défense. L’argument a finalement été rejeté car les inculpés ont eu le droit de faire valoir leurs observations et demander des devoirs complémentaires.


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