BRUXELLES

À Bruxelles, un vaccin pour assaisonner les croustillons: «On vaccinera des troupes scoutes ou des joueurs de cartes»

À Bruxelles, un vaccin pour assaisonner les croustillons: «On vaccinera des troupes scoutes ou des joueurs de cartes»

La vaccination se décentralise à Bruxelles: la Cocom déploie ainsi 5 bus où la piqûre se fait dans les quartiers, au plus proche des citoyens. Mais aussi dans les lieux très fréquentés par un public qui boude le vaccin, comme la rue Neuve ou la Foire du Midi. ÉdA – Julien RENSONNET

Bruxelles affine toujours plus sa stratégie de vaccination décentralisée. 5 bus sont ainsi en circulation dans les rues de la capitale. Des Marolles à la rue Neuve en passant par la Foire du Midi, ils visent les publics précaires ou, surtout, les jeunes qui se désintéressent du vaccin.

La Région bruxelloise compte ce 27 juillet 5 bus de vaccination disséminés sur son territoire. Ils administrent du Johnson & Johnson et, désormais, du Pfizer. Ce déploiement fait partie de la stratégie «à maillage fin» que la Cocom développe désormais dans la capitale.

Depuis le lancement de ce dispositif mobile, entré en action la première semaine de juillet à Jette, l’ambition est d’aller à la rencontre des Bruxellois et Bruxelloises qui «résistent» encore aux appels à la vaccination. Les résultats restent modestes: de 40 à 100 injections par halte. Selon Inge Neven, responsable du Service de l’Inspection d’Hygiène de l’institution bicommunautaire, ceux-ci répondent à trois profils.

Ces jeunes sont en vacances, veulent reprendre une vie normale. Parfois, ils n’ont pas le temps de penser au vaccin parce qu’ils travaillent.

À Bruxelles, un vaccin pour assaisonner les croustillons: «On vaccinera des troupes scoutes ou des joueurs de cartes»
Un bus de vaccination a stationné place du Jeu de Balle, dans les Marolles. Cocom
«Il y a d’abord un public plus précarisé, dans les quartiers plus populaires que nous avons sélectionnés avec les communes concernées», explique l’experte. «Ce sont des zones où le taux de vaccination reste faible. Pour ces populations, il est parfois difficile de se rendre au centre de vaccination. Parce qu’elles n’arrivent pas à se déplacer. D’autres hésitent encore. C’est pourquoi le médecin présent sur place peut les aider à répondre à leurs questions». On a ainsi vu un bus de vaccination stationner dans les Marolles, place du Jeu de Balle.

Un croustillon et un vaccin

Second public visé: «des Bruxellois plus jeunes, en bonne santé, qui ne voient pas d’intérêt à se faire vacciner», développe Inge Neven. Entre 20 et 29 ans, ils comptent largement la plus forte proportion de cas positifs à Bruxelles, soit près de 1.500 du 12 au 27 juillet d’après Sciensano. Auxquels on peut ajouter près de 700 cas entre 30 et 39 ans. «Ils sont en vacances, veulent reprendre une vie normale. Parfois, ils n’ont pas le temps parce qu’ils travaillent».

Le bilan vaccinal explique en partie ces taux. Sur les 314.000 Bruxellois et Bruxelloises de 18 à 34 ans, seuls 44% ont reçu une 1re dose et 26% la 2e. La Cocom estime qu’ils sont encore 180.000 à ne pas avoir répondu à l’invitation pour la piqûre. À ceux-là, la responsable de la Cocom montrera les chiffres belges: 35,7% des personnes hospitalisées chez nous ont entre 20 et 39 ans. Soit exactement autant que les 60-79 ans. «97% de ces patients ne sont pas vaccinés», appuie Neven. Aux jeunes qui douteraient encore, les bus stationnés à la Foire du Midi ou à la rue Neuve peuvent faire revoir leurs intentions. «Un saut dans le bus et ils sont vaccinés».

Le 3e et dernier groupe cible de ces bus itinérant reste le même: celui des sans-papiers qui craignent de fréquenter les centres.

On vaccinera à la demande des groupes de scouts, des joueurs de cartes, des entreprises qui peuvent demander des vaccinations in situ.

Selon Inge Neven, le shift des espaces centralisés au maillage fin s’affinera encore dans les prochaines semaines. Pharmaciens et généralistes concourent à populariser cette stratégie. Et cette vaccination décentralisée se fait même à la carte. «Des groupes de scouts, des joueurs de cartes, des entreprises peuvent demander des vaccinations in situ», assure la responsable hygiène. «On communique aussi vers elles pour leur suggérer cette solution». Contacts sont pris avec des organismes publics comme Bruxelles Propreté ou Bruxelles Environnement. Selon les demandes, on recourra aux bus ou aux équipes mobiles.

Généralistes: bilan mitigé

Les généralistes quant à eux sont entrés dans la danse vaccinale bruxelloise depuis le 20 juillet. Les résultats sont mitigés après une semaine: une trentaine de médecins pour quelque 130 vaccins commandés. «C’est pas beaucoup mais c’est le début», se rassure Inge Neven. «On attend encore pour mesurer l’impact réel de cette action car aujourd’hui, beaucoup de Bruxellois sont en congé et la vie est au ralenti».

N’empêche: «On pousse toutes nos actions tant qu’on peut afin d’être prêts dans un mois, à la rentrée». But avoué pour Inge Neven: 70% d’adultes vaccinés en septembre. Soit 2 mois de retard sur les espoirs déçus du 21 juillet. «Avec ce chiffre, je serais super contente».



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