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NAMUR

Namur : avec un bon état des lieux souterrain, la catastrophe aurait pu être évitée

Pour l’échevin namurois des Voiries, le peu de soutien financier aux Communes en termes d’égouttage entraîne un manque de connaissance du réseau de canalisations. Celui-ci a montré ses limites samedi.

Dans la rue de la Sitrée, à Vedrin, les riverains confrontés aux inondations étaient remontés contre les pouvoirs publics, ce week-end.

À l’image de Stéphane Dieudonné, cet habitant du village qui déplorait des aménagements d’égouttage réalisés il y a 3 ans et qui seraient la cause des écoulements abondants. Le problème est connu des élus locaux. Il a d’ailleurs fait l’objet d’un échange lors du dernier conseil communal.

«Il s’agit d’un souci de contre-courant. Le clapet anti-retour fonctionne à l’envers et l’eau ne s’écoule plus, expose l’échevin Luc Gennart (MR), en charge des voiries communales. Mais on ne peut pas agir en quelques jours. C’est un vrai problème hydraulique et en la matière, on ne peut pas se tromper. On attend toujours une étude de l’Inasep pour recalculer le débit.»

Des solutions devraient donc être trouvées. Mais les points noirs dans le réseau sous-terrain sont nombreux, confesse l’échevin. « Il y a les ruisseaux du Vigneroul, d’Erpent et de Dave qui posent aussi problème à leur arrivée dans la Meuse.»

Le hic, c’est que les autorités ne disposent pas d’un état des lieux pointu de ces affluents du fleuve enfouis dans les entrailles de la capitale wallonne. «On n’en a réalisé qu’une toute petite partie, à Flawinne et Belgrade. Et cela a visiblement porté ses fruits puisqu’on n’a pas eu de plainte.»

Pour l’échevin libéral, une cartographie précise permettrait et de poser un diagnostic et d’agir de la manière plus judicieuse. «On ne peut pas savoir où il y a des dégâts si on ne va pas voir, si on n’ausculte pas les canalisations», dit Luc Gennart.

Un travail dantesque qui demande des moyens. L’élu namurois espère qu’après les intempéries et leurs conséquences, la Région sera au rendez-vous des subsides, en la matière. «Aujourd’hui, ce sont essentiellement les aménagements liés à la mobilité douce qui sont soutenus, déclare-t-il, une pointe d’amertume dans la voix.

Pour l’égouttage, je dispose d’un million€. Pour répondre à la demande, il en faudrait 50 millions.»

Un ratio qui permet d’expliquer la vétusté du réseau en certains endroits et a fortiori, les débordements de ces derniers jours. «On évoque le changement climatique mais il y a aussi l’état de la tuyauterie», insiste Luc Gennart. Et le même de regretter que l’on n’ait pas toujours tenu compte de l’égouttage dans certains grands travaux structurels. «Prenez les bassins d’orage sur les autoroutes, par exemple. On n’a pas revu leur capacité lorsque celles-ci ont été élargies à trois bandes,»

Pour Luc Gennart, sans cette politique de sous-investissement, on aurait pu parer à la catastrophe. «Au final, il y en aura peut-être pour un milliard de dégâts en Wallonie. Il aurait été plus judicieux d’anticiper en élaborant un plan d’investissement sur 20 ans pour l’égouttage. Mais c’est une matière qui rapporte moins de visibilité que l’inauguration d’un hall sportif.»


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