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HANNUT

Il veut construire des conteneurs-maisons pour les sinistrés

Il veut construire des conteneurs-maisons pour les sinistrés

Doc

L’entreprise de construction Buntinx, de Hannut, a imaginé proposer aux personnes touchées par les inondations des maisons dans des conteneurs maritimes. Son patron a déjà quelques investisseurs intéressés.

Son entreprise de construction tourne depuis quatre ans. Le Hannutois Jérémie Buntinx – de Buntinx Construct – et ses cinq ouvriers construisent et rénovent des maisons unifamiliales. Le logement de qualité, c’est leur leitmotiv. Lors des inondations de la fin juin, le Hannutois a prêté des pompes et des groupes électrogènes à ceux dont les caves étaient inondées. Au point d’ailleurs de se retrouver sans matériel lorsqu’il a lui-même eu les pieds dans l’eau. Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la région liégeoise la semaine dernière l’ont poussé à, une fois de plus, prêter son matériel, amener de l’essence, donner des vivres ou encore des vêtements.

Mais là, Jérémie Buntinx veut aller plus loin. Lui qui côtoie au sein du Club d’affaire de Hannut l’inventeur d’une piscine dans un conteneur, a imaginé aménager des logements provisoires dans les mêmes conteneurs maritimes. Ces conteneurs pourraient loger les familles qui ont vu leur maison noyée sous les flots. «C’est un concept qui a été lancé aux Pays-Bas», explique le Hannutois. Et qui pourrait, à moindre coût, permettre aux personnes sinistrées d’avoir un toit. Si pas sur le long terme, en tout cas le temps de se retourner. «La première étape après les inondations, ça a été de secourir les gens, de les évacuer. Puis on a évacué les déchets et on a nettoyé.» Maintenant, l’heure est aux études des maisons encore debout alors que ceux qui ont tout perdu ont été relogés. «Beaucoup de logements vont être déclarés insalubres car les experts en stabilité ne voudront pas prendre de risque, affirme-t-il. Ça prendra des mois avant d’avoir les rapports de stabilité.» Le secteur du logement actuel n’est pas facile, il y a plus de demandes que d’offres. Le moindre logement mis en location est pris d’assaut par les candidats. Donc, oui, des sinistrés n’auront pas de toit.

Le conteneur tel qu’il l’a imaginé pourrait être une réponse. Il pourrait être installé sur les terrains des personnes sinistrées le temps de la reconstruction de leur maison, ou encore sur des terrains communaux. «On parle de 2000 logements à trouver.»

«Tout s’accélère»

Le Hannutois a imaginé un conteneur avec une chambre, un autre modèle avec deux chambres. Le coût? «Avec le Covid, il y a eu une forte inflation des prix. mais en coût fournisseur, un conteneur une chambre tout confort et meublé pourrait être à 28 000€. Pour un conteneur deux chambres, on tourne autour des 40 000€. Mais tout pourrait être négocié en fonction du nombre de conteneurs demandé.» Le Hannutois répondra-t-il aux demandes particulières ou bien à celles des communes sinistrées? «Je vise les deux marchés, on fera au coup par coup, on répondra aux appels des sinistrés. Mais l’objectif est aussi d’atteindre les Communes et la Région wallonne.»

Aujourd’hui, alors que l’idée lui est venue dimanche soir, «tout s’accélère. Via mon avocat, j’ai trouvé des investisseurs intéressés et prêts à soutenir le projet. J’ai aussi contacté plusieurs bourgmestres de communes sinistrées.» L’objectif serait de mettre les conteneurs-maison en location, mais à terme de les vendre. Pourquoi pas aux communes en mal de logements sociaux… Le temps nécessaire à la construction d’un tel conteneur? «Deux à trois semaines. Là, je suis déjà à la recherche de personnel mais aussi d’entreprises pour créer un partenariat.»

 

La Région wallonne est-elle intéressée?

Le Hannutois Jérémie Buntinx veut aider. S’il cible les particuliers, c’est surtout les Communes, la Région wallonne qui pourraient être intéressées par ces conteneurs. Car si l’entrepreneur pense les louer dans un premier temps, il espère bien qu’on lui achètera ensuite ses conteneurs. Sinon, qu’en ferait-il? Alors, il a pris contact avec son bourgmestre Manu Douette qui, avec sa casquette de député, va aller frapper aux portes de plusieurs ministres. «La Région wallonne lui a dit que le Fonds du logement serait d’accord pour 2000 conteneurs. Je m’étonne de cette initiative isolée.» Manu Douette va donc s’assurer du chiffre de logements donné mais aussi de l’intérêt réel du Fonds du logement. «Je veux voir si c’est coordonné, qu’il faut bien 2000 logements. Et puis, qu’en est-il de l’assainissement, des raccordements?» Autant de questions pour lesquelles le député hannutois espère des réponses. Et puis? «Les Communes pourraient être intéressées pour après, pour en faire du logement d’urgence. Si chacune avait un ou deux conteneurs…» Il faudrait que l’entrepreneur hannutois puisse ensuite écouler ses 2000 conteneurs, une fois la crise des inondations passée. La solution? «Que la Région wallonne fasse de l’acquisitif».

L’idée de conteneur-maison, Manu Douette la trouve sympa. Et il salue «des gens qui sont ainsi volontaires et entreprenants». Mais issu lui-même du métier de la construction, il sait qu’avoir actuellement des matériaux est difficile. «Il y a rupture de stocks partout, c’est un peu compliqué.»

 


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